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Philip Morris accusé de favoriser le commerce illicite de cigarettes

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Après avoir travaillé plus de 20 ans avec PMI, le chef d’une ex-entreprise partenaire vide son sac sur les agissements du cigarettier.

De beaux discours

À plusieurs reprises, nous avons mentionné les nombreuses initiatives du cigarettier Philip Morris International (PMI), bien souvent dirigées, selon ses dires, vers un seul et même but : réduire le tabagisme dans le monde. Si cet objectif semble pour le moins paradoxal pour une entreprise ayant réalisé 74 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2016, majoritairement grâce aux ventes de tabac, cela ne l’empêche pas pour autant de s’exprimer régulièrement sur le sujet.

En novembre 2018 par exemple, Jeanne Pollès, présidente de Philips Morris France, déclarait lors d’une interview, « porter la vision d’un monde sans fumée », car il existe des solutions « à la problématique de la cigarette ».

Quelques mois après, à l’occasion du forum économique de Davos, c’était au tour de Marian Salzman, vice-présidente des communications mondiales du cigarettier, qui appelait les gouvernements du monde à travailler avec les entreprises, dont la sienne, afin de s’attaquer aux grands problèmes de santé publique.

Mais le fabricant de cigarettes ne se contente pas que de belles paroles, il agit aussi, parfois. En 2019, il mettait en ligne la nouvelle version de son site internet, entièrement repensé, à l’occasion du lancement de sa nouvelle opération “unsmoke your world”. Exit la page d’accueil vantant l’immense popularité de ses produits mortels, bonjour à tout un tas de liens destinés à expliquer que c’est mal de fumer, et qu’il faut arrêter à tout prix.

Un peu plus tard dans l’année, PMI continuait sur cette lancée, cette fois par le biais de son PDG, Andre Calantzopoulos, qui expliquait à la BBC qu’il souhaitait « accélérer le déclin » des ventes de cigarettes dans le monde.

Et la liste pourrait continuer comme ça longtemps. En Corée par exemple, le fabricant de Marlboro lançait l’année dernière, une ville sans fumée, tandis qu’en août dernier, il annonçait la création d’un index destiné à « accélérer la transformation mondiale de l’industrie du tabac ».

Vers un grand déballage des secrets du cigarettier ?

Vous l’aurez compris, pour un lecteur non averti, Philip Morris International donne bien tous les signes d’une entreprise qui souhaite changer. Une entreprise qui désormais, voudrait du bien à ses clients. Malheureusement, en y regardant d’un peu plus près, on se rend vite compte que tout n’est pas aussi clair.

Si l’on revient deux ans en arrière, on remarque par exemple que l’agence de presse Reuters prenait l’entreprise, la main dans le sac, en pleine promotion de son IQOS auprès d’un public jeune, par le biais d’une influenceuse russe.

La même année, une vaste enquête menée par le journal britannique The Guardian, démontrait que PMI et d’autres cigarettiers, s’adonnaient à la vente de cigarettes au plus près des écoles dans de nombreux pays émergents, en plus de régulièrement réaliser des publicités normalisant le tabagisme.

Et si ces quelques bévues n’étaient pas encore suffisantes, que dire alors de la récente prise de paroles de Raoul Setrouk, président de Market Survey Intelligence (MSI), entreprise ayant collaboré avec Philip Morris International pendant plus de 20 ans ?

Selon lui, toutes les actions et la communication du cigarettier ne seraient que « de la poudre aux yeux » afin de dissimuler sa responsabilité dans « l’organisation et l’alimentation des trafics de tabac ».

Il déclare ainsi que le cigarettier aurait mis au point un système d’approvisionnement des réseaux français de contrebande via l’Algérie. Des produits que l’on retrouverait ensuite dans nos rues, proposés par les vendeurs à la sauvette, et qui proviendraient directement du cigarettier lui-même.

« PMI a intentionnellement et activement inondé le marché algérien de cigarettes bon marché, sachant qu’un flux régulier de ces cigarettes serait revendu en France », avance ainsi l’homme, qui a porté plainte contre le fabricant de cigarettes pour une autre affaire.

Car c’est bien dans le cadre d’une plainte déposée à New York, pour vol de propriété intellectuelle, que le résident suisse fait part de tout ce à quoi il a pu assister au cours de ces deux décennies à travailler avec PMI.

Interrogé à ce sujet, le cigarettier parle de poursuites judiciaires lancées « indûment », démentant au passage, toute « participation à un commerce parallèle illégal ».

Du côté français, le député écologiste (LEF), François-Michel ­Lambert, a indiqué que si la justice américaine poursuit bel et bien le cigarettier, il porterait plainte également.

Raoul Setrouk en a profité pour annoncer la mise en ligne future d’un tout nouveau site internet à propos des agissements de l’industrie du tabac.

« Je pourrais expliquer comment fonctionne vraiment le marché du tabac et même à offrir les services de ma société au ministère des ­Finances pour l’aider à se prémunir contre ce trafic, prévient Setrouk. L’État aurait beaucoup à gagner à travailler avec nous ».

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