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Composition d’un e-liquide

Pas de vapeur sans e-liquide. Cette solution visqueuse et parfois ambrée renferme en elle bien des secrets gustatifs mais les ingrédients principaux dont elle est composée restent très accessibles. Dans notre guide sur le fonctionnement d’une cigarette électronique nous faisons le tour aujourd’hui du e-liquide, en regardant de près sa composition.

Des ingrédients relativement simples

Les ingrédients de base que l’on trouve généralement dans un e-liquide sont les suivants (par ordre d’importance selon leur quantité) : 

Quel est le point commun entre une machine fumigène pour salles de spectacles, un croissant et du dentifrice ?

Le propylène glycol

Cet ingrédient est la clé du e-liquide tel qu’il est utilisé depuis des années dans les recharges pour cigarettes électroniques mais sa présence dans nos produits de consommation est bien plus commune que vous ne l’imaginez. Le propylène glycol (PG) est en effet largement utilisé, et ce depuis très longtemps, comme humidificateur dans les produits cosmétiques, pharmaceutiques et dans l’alimentaire (E1520). Nous le respirons, l’ingérons et le badigeonnons. Lisez cet article pour tout savoir sur le propylène glycol.

Le saviez-vous ?

  • Dans les e-liquides pour cigarette électronique le propylène glycol a tendance à renforcer les arômes et favorise le hit en gorge. Il est plus fluide que la glycérine végétale et comporte un léger goût sucré.
  • Selon la connaissance scientifique actuelle sa toxicité par voie orale ou par ingestion ne présente pas de risques majeur pour la santé. Son utilisation dans les boîtes de nuit ou les théâtres n’est pas considérée comme toxique.
  • Si le profil toxicologique du propylène glycol semble pouvoir se prêter à l’inhalation (2), la documentation scientifique n’est en revanche pas très fournie pour documenter ses effets à long terme.

La glycérine végétale

Également utilisée dans l’alimentation (E422), la cosmétique ou la pharmacie, la glycérine végétale (VG) ne présente pas de dangers pour l’organisme par voie digestive ou cutanée. Aussi appelé glycérol, cet ingrédient dans les e-liquides est issu de la transformation d’huiles végétales. 

Le saviez-vous ?

  • La glycérine végétale favorise la production de vapeur
  • Elle tend par contre à réduire la perception des arômes en bouche
  • Elle est généralement présente à moins de 50% dans les e-liquides, même si sa présence tend à augmenter (certains e-liquides peuvent même être 100% glycérine végétale, appelés aussi Full VG).
  • L’inhalation de glycérine végétale ne semble pas poser de problèmes majeurs pour la santé (3, 4).

Les arômes

Les arômes utilisés dans les e-liquides pour cigarette électronique sont généralement de qualité alimentaire et peuvent être produits partout dans le monde, notamment en France. La région de Grasse est par exemple connue pour exceller dans ce domaine. Ainsi les entreprises qui fournissent des arômes pour l’industrie alimentaire ou cosmétique, le font également aujourd’hui pour l’industrie de la vape.

La question des arômes dans la vapeur a été maintes fois posée et la science s’y intéresse de plus en plus. Il peut exister en effet, sous l’effet de la chaleur, des réactions physiques et chimiques complexes liées aux arômes. La production d’aldéhydes par exemple, comme le benzaldéhyde dans certaines saveurs à la cerise, avait été mis sur le devant de la scène médiatique en 2016. Même cas de figure pour le diacétyle qui apporte un goût beurré aux recettes de e-liquides. Si une préoccupation scientifique émerge au sujet des arômes contenus dans les e-liquides, rien n’a pour le moment remis en cause l’important pouvoir de réduction des risques que la cigarette électronique offre face au tabac fumé.

Le secteur du e-liquide se professionnalise de plus en plus, et à notre connaissance certaines sociétés, comme Gaïatrend avec sa marque Alfaliquid ou encore le bordelais Vincent dans les vapes, ont établi très tôt des listes d’arômes jugés plus appropriés à la vaporisation que d’autres.

Faire le bon choix
Nous vous conseillons de sélectionner des marques de e-liquides connues et dont les processus de fabrication sont les plus transparents. Privilégiez enfin les fabricants qui disposent de solides compétences en interne.

Un peu d’histoire

Si un e-liquide neutre, c’est à dire sans arômes, possède une très légère saveur, la popularité de la cigarette électronique auprès des fumeurs repose en grande partie sur le plaisir qu’elle procure au palais. Ainsi dès ses débuts, l’e-cigarette fut commercialisée avec des e-liquides aromatisés. Les plus courants ont développé des saveurs tabac et menthol afin d’imiter les cigarettes de tabac. Mais très vite d’autres saveurs beaucoup plus complexes sont apparues. Parmi les plus connues dans l’histoire de la vape, on pourra citer le fameux RY4 de Ruyan (la société de Hon Lik qui a commercialisé les premières cigarettes électroniques depuis la Chine en 2003).

Il y en aurait beaucoup trop pour tous les citer, mais le Tribeca de Halo (Nicopure) aux USA, le Boba’s Bounty de chez Alien Visions (USA), ou encore le Red Astaire de T-Juice au Royaume-Uni peuvent être facilement identifiés comme des références dans l’histoire du e-liquide.

La nicotine

C’est l’ingrédient qui fait l’objet de toutes les interrogations. Associée à tort aux méfaits du tabac, la nicotine est au centre des mécanismes de l’addiction au tabac fumé. Mais aux doses administrées par le fumeur ou le vapoteur, la nicotine ne présente pas de risques majeurs pour la santé, à contrario des composés fortement toxiques issus de la combustion du tabac. 

Faut-il se méfier de certains e-liquides ?

Comme dans toutes les industries il y a des professionnels moins scrupuleux que d’autres. Mais nous avons la chance en France d’avoir des professionnels qui pratiquent leur métier depuis de nombreuses années et qui ont, par le biais de la FIVAPE, initié les premières normes au monde pour la fabrication de e-liquides (les fameuses normes AFNOR). Nous avons pu interrogé l’une des sociétés particulièrement impliquées dans ces travaux pour lui poser la question suivante : Faut-il se méfier de certains e-liquides ?.

La polémique du diacétyle

Attribué à la maladie des travailleurs du pop-corn, le diacétyle est un composé utilisé dans l’industrie agroalimentaire pour apporter un goût beurré très appréciable aux aliments. Sa forte concentration dans l’air respiré peut en revanche poser à long terme des risques sérieux pour la santé. Dans le monde du e-liquide, cet ingrédient peut être utilisé aux mêmes fins gustatives, mais certains fabricants ont parfois pu abusé de son usage et de fortes doses ont pu être retrouvées dans plusieurs e-liquides. Nous vous racontons toute l’histoire dans notre article sur le diacétyle.

Références

(2) Robertson OH, Loosli CG. Tests for the chronic toxicity of propylene glycol and triethylene glycol on monkeys and rats by vapor inhalation and oral administration. J Pharmacol Exp Ther 1947;91:52–76.

(3) Anderson RC, Harris PN, Chen KK. Toxicological studies on synthetic glycerin. J Am Pharm Assoc 1950;39:583–5.

(4) Renne RA, Wehner AP, Greenspan BJ et al. 2-week and 13-week inhalation studies of aerosolized glycerol in rats. Inhal Toxicol 1992;4:95–111.

Pour aller plus loin

  • Apprenez tout sur le box mod, ce format de cigarettes électroniques carré ou rectangulaire.
  • Comment fonctionne un clearomiseur et un atomiseur ? Nous vous expliquons tout.
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  • L’électricité est bien entendu l’élément central d’un vaporisateur. Tout savoir sur les batteries.
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  • Remz

    Bravo !
    Super petit article de synthèse.
    Juste pour pinailler, j’ajouterais que comme la glycérine est E422, le propylène glycol est E1520, c’est alors parfait pour le jeu des étiquettes sur les produits alimentaires et cosmétiques.
    ?

    • C’est un commentaire gagnant ! 🙂 Nous allons rajouter cela, merci de votre très bonne votre suggestion.

  • vaporama

    Bon petit article, effectivement.
    Cela dit-1, sans dénigrer VDLV, qui a effectivement été très moteur, ni la FIVAPE, il y avait beaucoup d’autres contributeurs pour s’accorder à établir la norme AFNOR, qui – à ce jour – reste expérimentale.
    Cela dit-2 elle devrait accéder au statut de norme européenne, voire mondiale par le biais du CEN et de l’ISO.
    Et cela dit-3, une norme n’est pas une loi, sauf si le législateur en décide ainsi. Il faut donc effectivement privilégier les producteurs qui peuvent afficher leur conformité à cette norme, les autres ayant – pour l’instant – toujours le droit de vendre ce qu’ils veulent.
    Et la norme AFNOR interdit purement et simplement l’utilisation de diacétyle au delà de concentrations attribuables aux impuretés. Donc (bis) privilégier les producteurs sérieux.