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Tabac, vape, tabac chauffé : le business de la nicotine selon BAT

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Quoi de plus naturel, au lendemain de cette journée mondiale sans tabac, que de prendre des nouvelles d’un cigarettier ? Sombre jeudi ou tremplin de communication parfait pour ce géant du tabac, nous allons le découvrir avec les réponses de Eric Sensi-Minautier, Directeur des Affaires Publiques, Juridiques et de la Communication de BAT Europe de l’Ouest, l’un des plus grands fabricants au monde.

Interview

Eric Sensi-Minautier, Directeur des Affaires Publiques, Juridiques et de la Communication de BAT Europe de l’Ouest.

Vaping Post : Eric Sensi-Minautier, merci de répondre aux questions du Vaping Post :

Cette semaine avait lieu la Journée Mondiale Sans Tabac. On aurait tendance à croire que c’est un jour noir pour BAT, si vous pardonnez cette question un peu caricaturale ?

BAT vit une révolution depuis plusieurs années.

Eric Sensi-Minautier : BAT est en effet comme son nom l’indique une des grandes entreprises mondiales de tabac, mais pas que… Nous vivons aussi notre révolution depuis plusieurs années pour répondre au plus près aux évolutions de nos consommateurs adultes. Leurs proposer des gammes alternatives au tabac traditionnel est donc une évidence.

Nous sommes convaincus que nous concentrer et investir massivement dans ces produits à risques réduits permet d’offrir aux fumeurs des alternatives crédibles aux cigarettes, ainsi que servir les intérêts de la santé publique.

VP : Le thème de votre communiqué, pour cette journée, est la défense de la vape. Il y a quelques jours, vous avez vertement critiqué la politique de la France en matière de remboursement des substituts nicotiniques et encore défendu la vape.

La vape offre une sortie plaisir progressive, comme le démontrent des résultats obtenus au Royaume-Uni et aux USA, alors que les politiques ont échoué.

E.S-M : S’agissant du remboursement des substituts nicotiniques tels que les patchs, BAT se pose simplement la question du deux poids deux mesures : pourquoi l’Etat persiste à rembourser des produits qui n’ont semble-t-il pas permis de réduire la prévalence tabagique, et de l’autre côté, ne souhaite pas favoriser la seule alternative crédible au tabac aujourd’hui existante. Et sans coût pour la sécurité sociale !

A l’occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac, et face à l’échec des différentes politiques menées jusqu’alors (hausse des prix, paquet neutre …) qui n’ont pas réduit la prévalence tabagique en France, il convient de rappeler l’importance du vapotage. Celui-ci peut favoriser le passage de la cigarette vers des pratiques potentiellement moins risquées pour les fumeurs qui souhaitent continuer à consommer de la nicotine. En offrant une sortie « plaisir » progressive, et non médicamenteuse, le vapotage s’est révélé particulièrement efficace comme le démontrent les résultats obtenus au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.

Pourquoi ne pas créer une journée de la vape ?Eric Sensi-Minautier

VP : La vape est un moyen très populaire pour arrêter le tabac, qui est votre cœur de métier. Ce n’est pas un peu paradoxal ?

BAT est une entreprise de nicotine, quelle que soit la forme qu’elle prend.

E.S-M : Cela peut paraitre de prime abord paradoxal mais ça ne l’est pas. Nous sommes une entreprise de nicotine que ce soit via le tabac ou la nicotine liquide ou d’autres alternatives. Notre souhait est de répondre à l’évolution de nos consommateurs et prendre en compte les enjeux de santé publique.

Par ailleurs, le secteur n’est pas figé, la cigarette n’a pas 150 ans…

VP : BAT a investi 2,5 milliards dans la recherche sur les produits de nouvelle génération. Quels sont ceux qui se trouvent déjà sur le marché, et que verra-t-on arriver dans les prochains mois ou les prochaines années ?

E.S-M : Nous avons actuellement, en France, une gamme de systèmes ouverts – etank – et fermés – epen – permettant de répondre aux besoins des fumeurs souhaitant passer à la vape ou y étant déjà.

Nous venons de lancer notre gamme pour e-pen des capsules vPro aux sels de nicotine.

Nous avons lancé dans d’autres pays des produits de nouvelle génération qui sont pas encore en France. A Seoul nous avons lancé avec succès notre offre tabac à chauffer Glo, dans les pays nordiques la consommation du snus est très répandu. Nous verrons au fur et à mesure se déployer à travers le monde des nouvelles offres, et certainement en France. A suivre donc !

VP : Pour financer des recherches sur les produits à risque réduits, vous n’avez pas trop le choix, il faut vendre des produits du tabac classique. Comment gérez-vous une équation si complexe ?

BAT veut offrir le choix au consommateur.

E.S-M : L’équation est en fait logique. Nous voulons offrir le choix le plus étendu et varié à nos consommateurs. Certains souhaitent fumer du tabac, d’autres préfèrent la nicotine liquide ou d’autres modes de consommation de nicotine BAT est donc présent sur l’ensemble des possibilités !

VP : Est-ce que l’industrie du tabac peut être crédible sur le marché des produits à risques réduits, comme la vape, sans abandonner totalement le tabac classique ?

BAT a des scientifiques dédiés qui travaillent sur la nicotine.

E.S-M : Je peux vous affirmer que oui ! En plus de notre expertise tabac, nous avons investi en R&D depuis de nombreuses années et nous avons des scientifiques dédiés que travaillent sur la nicotine – issue du tabac – pour apporter une réponse de haute qualité aux vapoteurs.

VP : Quel distinguo faites-vous entre la vape et le tabac chauffé ?

E.S-M : Les deux sont pour nous des produits de nouvelle génération potentiellement à moindre risque. La différence entre les deux est que l’un produit un aérosol depuis un liquide, l’autre un aérosol depuis du tabac… mais ça vous le savez mieux que moi.

Aucun de ces deux produits n’implique de la combustion, ce qui est la source des principales émissions toxiques.

VP : Un des grands procès qu’on a fait à l’industrie du tabac, c’est l’ajout aux cigarettes d’additifs divers, qui avaient pour but d’augmenter la dépendance et donc la fidélité des clients. Ces pratiques sont-elles révolues, ou verra-t-on à terme l’apparition de tels additifs dans la vape et le tabac chauffé ?

Les additifs, une histoire du passé.

E.S-M : C’est une vielle histoire, une histoire d’une autre époque, même d’un autre siècle. Nos produits, qu’ils soient à base de tabac ou de nicotine sont contrôlés pour être parfaitement aux normes européennes.

VP : Quelles sont les parts de tabac « traditionnel » et de « NGP » aujourd’hui dans le chiffre d’affaires mondial de BAT ? Et quelle redistribution espérez-vous dans les 20 prochaines années ?

E.S-M : 2017 : 2% NGP / 2018 : 3-5% / 2030 : 30%

VP : Le marché du tabac est aujourd’hui partagé entre quelques très grandes compagnies. La vape est un marché ouvert, constitué d’une myriade d’indépendants, certes minuscules, mais bien implantés, qui connaissent le produit et leurs clients. Comment allez-vous gérer cette forme de concurrence à laquelle vous n’êtes pas habitués ?

E.S-M : C’est une bonne question, à laquelle nous pouvons répondre simplement : en développant des produits adaptés et de qualité pour les fumeurs souhaitant passer sur le vapotage ou qui y sont déjà. On gagnera face à la concurrence si on a les meilleurs produits.

VP : Pour développer l’activité de BAT sur les NGP, allez-vous continuer à vous appuyer uniquement vers le réseau des buralistes ? Allez-vous tenter de vous implanter dans le réseau spécialisé des vape shops ?

E.S-M : En revanche, ce qui est important, c’est que les différents réseaux soient complémentaires et permettent que chaque type de vapoteur potentiel ou déjà consommateur puisse avoir un maximum d’information et l’accès aux produits. On est aussi dans le commerce en ligne avec notre site Vype. On veut que la catégorie gagne ce qui se fera via un maximum de canaux de distribution.

VP : Que faudrait-il changer dans les politiques et réglementations actuelles pour permettre à la vape d’exprimer tout son potentiel ?

La vape ne doit pas être réglementée comme un produit du tabac.

E.S-M : Nous souhaitons qu’à l’instar du Royaume-Uni la vape puisse ne pas être réglementée comme un produit du tabac, ce qui permettrait d’informer les consommateurs en toute simplicité comme tout produit de consommation.

Aujourd’hui, la visibilité des produits du vapotage est aussi limitée que ne l’était la visibilité de la cigarette juste avant le paquet neutre !

Il est important que l’Etat se saisisse de ce sujet, investisse dans des études et s’ouvre à la réalité du terrain.

VP : Pensez-vous, comme certains, que la cigarette traditionnelle est en train de vivre ses dernières années ?

E.S-M : Je n’irai pas jusque-là. Mais les consommateurs se tournent vers des produits à moindre risque potentiel, c’est leur choix, cependant certains préfèrent, en toute connaissance de cause continuer à consommer du tabac traditionnel.

VP : Dans un futur plus ou moins lointain, à quoi ressemblera BAT ?

E.S-M : A une entreprise innovante, scientifique et à l’écoute de ses consommateurs !

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