Depuis 2010, la cigarette électronique est devenue la première aide des Français qui arrêtent de fumer, loin devant les patchs et les gommes. C’est le constat d’un sondage OpinionWay pour FIVAPE, mené en septembre auprès de 3 729 adultes. Il montre aussi que les vapoteurs privilégient le matériel rechargeable et le circuit spécialisé, et que les dérives se concentrent hors de ce réseau.
Ce qu’il faut retenir
- Après 2010, 28 % des anciens fumeurs ont arrêté principalement grâce à la vape, contre 18 % avec des substituts nicotiniques ;
- Les essais cliniques confirment que la vape fait mieux que les substituts pour arrêter de fumer ;
- 43 % des anciens vapoteurs ont totalement arrêté de fumer, et trois sur quatre ont arrêté ou réduit le tabac ;
- 82 % des vapoteurs utilisent un e-liquide à moins de 10 mg/ml de nicotine, un dosage qui pourrait freiner l’arrêt complet du tabac ;
- 87 % des vapoteurs utilisent d’autres arômes que le tabac ;
- Les néo-puffs et les achats en épicerie se concentrent chez les plus jeunes, hors du circuit spécialisé.
Les substituts nicotiniques détrônés

La vape, une porte de sortie du tabac
Parmi les 554 vapoteurs quotidiens interrogés, 45 % répondent qu’ils ne fument plus de cigarettes : 23 % vapoteraient exclusivement et 22 % associeraient la vape à des substituts nicotiniques. Les autres, les vapofumeurs, poursuivraient donc le tabagisme en parallèle du vapotage. Un chiffre qui semble confirmer que la vape attire les fumeurs avant tout. Rappelons que, selon le Baromètre de Santé publique France 2024, les vapoteurs quotidiens auraient quasiment tous une expérience du tabac : 47,7 % fumeraient encore et 49,5 % seraient d’anciens fumeurs2. Moins de 3 % des vapoteurs quotidiens n’auraient donc jamais fumé, et chez eux le vapotage a d’ailleurs pu représenter un détournement du tabagisme.
À ce sujet, soulignons également que, bien souvent, le vapofumage n’est qu’une étape sur le parcours du sevrage tabagique. Parmi les 333 anciens vapoteurs interrogés dans ce sondage, 43 % auraient totalement arrêté de fumer après être passés par la cigarette électronique, 23 % auraient considérablement réduit leur consommation et 9 % l’auraient réduite en envisageant d’arrêter. Au total, trois sur quatre auraient ainsi arrêté de fumer ou réduit le nombre de cigarettes fumées.
Loin des clichés
Les 1 093 vapoteurs actuels interrogés dessinent aussi un usage loin de l’image du produit souvent montrée dans les médias. 79 % des interrogés indiquent ainsi utiliser un matériel rechargeable, et près d’un vapoteur sur deux s’approvisionnerait principalement dans le circuit spécialisé : 31 % en boutique de vape et 16 % sur un site spécialisé. Deux canaux où est dispensé un accompagnement dans le choix du dosage de nicotine ou encore dans le type de matériel adapté. Les bureaux de tabac représenteraient quant à eux 27 % des achats principaux.
Le piège du sous-dosage en nicotine
Autre information révélée par ce sondage : 82 % des vapoteurs choisiraient habituellement un e-liquide dosé à moins de 10 mg/ml de nicotine, sans-nicotine compris (10 %). Seuls 20 % déclarent utiliser des taux compris entre 10 et 20 mg/ml, le maximum autorisé dans l’Union européenne.
Pour ceux qui ont arrêté de fumer, réduire le dosage est une étape logique vers l’arrêt de la nicotine. En revanche, pour les fumeurs qui cherchent à décrocher, c’est une autre affaire. Toujours selon la revue Cochrane, les cigarettes électroniques sans nicotine n’aideraient probablement que 6 personnes sur 100 à arrêter de fumer, contre 8 à 10 pour celles qui en contiennent1.
Avec quatre vapoteurs sur cinq sous la barre des 10 mg/ml, il est possible qu’une partie des vapofumeurs puisse ainsi manquer de nicotine pour abandonner complètement les cigarettes.
Les arômes, pilier de la vape
L’importance des arômes a, aussi, de nouveau été démontrée par ce sondage.
87 % des vapoteurs utiliseraient au moins un arôme autre que le tabac, avec les arômes fruités (65 %) à la première place, suivis de la menthe et de ses dérivés (33 %). Seuls 12 % se contenteraient du goût tabac. Restreindre les arômes reviendrait donc à priver neuf vapoteurs sur dix des produits qu’ils utilisent, au risque de renvoyer une partie d’entre eux vers la cigarette. C’est pourtant ce que réclame la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, à la Commission européenne.
Les dérives, hors du réseau spécialisé
Régulièrement, en France comme ailleurs, les médias se délectent des mésaventures survenues à une minorité de vapoteurs : e-liquides ou matériel illégal, achetés au marché noir, en sont bien souvent la cause. Ce sondage OpinionWay/FIVAPE montre que ces pratiques qui posent question se concentrent loin des boutiques spécialisées.
Chez les 18-24 ans, 44 % des vapoteurs utiliseraient des néo-puffs, ces produits qui reprennent le format des puffs jetables interdites en 2025, contre 20 % de l’ensemble des vapoteurs. Et 20 % des jeunes vapoteurs achèteraient principalement en épicerie ou en night shop, contre 9 % en moyenne.
Le lien avec le canal de vente semble net : les utilisateurs de néo-puffs sont deux fois plus nombreux à s’approvisionner principalement dans des commerces non spécialisés (31 %) que ceux qui utilisent un matériel rechargeable avec des flacons de 10 ml (16 %). L’interdiction des puffs n’aurait donc pas fait disparaître le format et l’aurait simplement déplacé vers des circuits alternatifs.
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Ces jeunes adultes ne sont pas non plus la génération tabac que certains annoncent. Selon le Baromètre de Santé publique France, le tabagisme quotidien des 18-29 ans est passé de 29 % en 2021 à 18,4 % en 20243. Une forte diffusion de la vape et un tabagisme en chute libre dans la même tranche d’âge sont autant de données qui pourraient suggérer que le vapotage détourne une partie des jeunes adultes de la cigarette. Des données difficiles à concilier avec la théorie de la passerelle avancée par certaines organisations et institutions, qui voudrait que le vapotage favorise le tabagisme.
Ne pas casser l’outil
Les données récoltées par ce sondage semblent claires : la vape est aujourd’hui l’aide la plus utilisée par les Français qui réussissent à arrêter de fumer, et ses usagers privilégient le matériel rechargeable et les boutiques spécialisées.
Taxer les e-liquides, restreindre les arômes ou encore assimiler la vape au tabac reviendrait donc à fragiliser l’outil avec le risque de pousser les vapoteurs vers des circuits parallèles où se concentre déjà la majorité des dérives du marché. Une réglementation trop restrictive ou effaçant les nombreuses différences qui existent entre tabagisme et vapotage pourrait aussi amoindrir l’efficacité de l’un des outils scientifiquement reconnus comme le plus efficace pour arrêter de fumer.
Sondage OpinionWay pour FIVAPE, réalisé en ligne du 11 au 21 septembre 2026 auprès d’un échantillon de 3 729 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus (méthode des quotas), dont 1 426 vapoteurs actuels ou anciens.
Sources et références
1 Lindson, N., Livingstone-Banks, J., Butler, A. R., McRobbie, H., Bullen, C. R., Hajek, P., Wu, A. D., Begh, R., Theodoulou, A., Ma, C., Notley, C., Rigotti, N. A., Turner, T., Fanshawe, T., & Hartmann-Boyce, J. (2026). Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2026(8), CD010216. https://doi.org/10.1002/14651858.CD010216.pub11
2 Pasquereau, A., Guignard, R., Andler, R., & Nguyen-Thanh, V. (2025). Vapotage : usage et évolutions récentes. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024. Santé publique France.
3 Pasquereau, A., Guignard, R., Andler, R., & Nguyen-Thanh, V. (2025). Tabagisme : usage, envie d’arrêter et tentatives d’arrêt. Baromètre de Santé publique France : résultats de l’édition 2024. Santé publique France.
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