Observatoire, infovigilance, chaîne TikTok : le ministère de la Santé renforce sa lutte contre la désinformation en santé. Rien n’indique pourtant que les idées fausses sur la cigarette électronique seront concernées, d’autant que Stéphanie Rist a elle-même signé, début octobre, une lettre qualifiant d’« infondées » les allégations de réduction des risques.
Vers une lutte sélective contre la désinformation ?

Pour lutter contre cette désinformation, le ministère annonce trois volets :
- L’Observatoire de la désinformation en santé, qui assurera une mission de veille, d’analyse et d’alerte ;
- Un dispositif d’infovigilance, présenté comme l’un des moyens d’action de l’Observatoire, qui organisera une veille pour identifier les fausses informations, avant de les analyser puis de riposter à l’aide de « contenus de décryptage fiables et accessibles » ;
- Des outils de sensibilisation : la chaîne « Le Check-Up » sur le réseau social TikTok, et un quiz interactif qui sera déployé sur Santé.fr.
Ces nouveaux outils s’attaqueront-ils aux nombreuses fausses informations circulant sur la cigarette électronique, les risques liés à son utilisation ou son efficacité pour le sevrage tabagique ? Rien n’est moins sûr. Le communiqué indique que le déploiement de ces outils se fait à l’occasion d’Octobre Rose, mois de mobilisation nationale pour le dépistage du cancer du sein, et les exemples de fausses informations citées par le ministère concernent « les vaccins, les traitements ou encore les mammographies de dépistage ». Surtout, le conseil scientifique de l’Observatoire sera adossé au Haut Conseil de la santé publique (HCSP), qui, dans un avis publié en janvier 2022, recommandait aux professionnels de santé de ne pas proposer, sauf exception, la cigarette électronique comme aide au sevrage tabagique.
Selon le dernier sondage commandé à OpinionWay par la FIVAPE, 58 % des Français pensent que vapoter est aussi nocif que fumer. Pourtant, les évaluations scientifiques convergent depuis plusieurs années, jusqu’au rapport de l’Anses publié en 2026 : vapoter entraîne moins de risques que fumer. De la même manière, 80 % des personnes interrogées croient la nicotine cancérigène, alors que le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) ne la classe pas comme telle.
Début octobre 2026, dans un courrier adressé au commissaire européen à la Santé, huit pays dénonçaient les « allégations infondées de réduction des risques » accompagnant la mise sur le marché de nouveaux produits nicotiniques. Stéphanie Rist, qui indique à l’occasion du lancement de ces outils que « la désinformation en santé n’est pas sans conséquence », faisait partie des signataires.
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