L’UKVIA lance une campagne baptisée « Trop, c’est trop » pour dénoncer l’accumulation de mesures restrictives envisagées ou déjà décidées par le gouvernement britannique sur la cigarette électronique.
Un raz-de-marée de restrictions

Il faut dire que pour l’industrie britannique du vapotage, le changement est brutal. Pendant des années, le Royaume-Uni a mené une promotion active de la cigarette électronique auprès des fumeurs du pays. Une promotion qui, si elle se poursuit aujourd’hui, pourrait prochainement évoluer dans un cadre beaucoup plus strict. Car depuis l’adoption du Tobacco and Vapes Act le 29 avril 2026, le gouvernement compte bien encadrer le marché bien plus drastiquement qu’auparavant. Et pour l’UKVIA, « l’effet cumulé des politiques gouvernementales risque de fragiliser l’un des outils les plus efficaces du pays pour aider les fumeurs à arrêter de fumer. »
Les mesures actuellement étudiées par le Royaume-Uni sont les suivantes :
- L’introduction d’un emballage neutre ;
- l’interdiction pour les e-cigarettes d’avoir une couleur autre que blanche, grise, ou noire ;
- des restrictions sur la manière dont les arômes sont décrits ;
- et des restrictions sur la façon dont les produits sont présentés dans les commerces.
En parallèle, l’interdiction de la publicité et du sponsoring pour les produits de la vape a déjà été décidée pour le 1er juin 2027, et l’instauration d’une taxe à hauteur de 22 pence par millilitre (environ 0,26 €/ml) est prévue pour le 1er octobre 2026. Le Premier ministre d’Angleterre a également annoncé qu’il permettra prochainement aux conseils municipaux de refuser l’installation de nouveaux vape shops en centre-ville, afin d’éviter qu’ils ne se retrouvent à la place d’autres commerces qui seraient plus utiles aux habitants.
Face à ce raz-de-marée législatif, l’UKVIA réclame donc un « accord équitable pour le vapotage » (Fair Deal for Vaping). Elle demande, par exemple, au gouvernement de lancer une vaste campagne d’information destinée à communiquer sur la moindre nocivité du vapotage par rapport au tabagisme, soulignant qu’au Royaume-Uni, 52 % des fumeurs adultes croient à tort que la vape est aussi nocive, voire plus nocive, que le tabagisme. Elle rappelle également que le pays compterait actuellement 5,5 millions de vapoteurs, dont 3,3 millions qui auraient aujourd’hui complètement arrêté de fumer. Le gouvernement est d’ailleurs encouragé à renforcer et étendre les initiatives comme Swap to Stop, qui fournissent gratuitement, aux fumeurs adultes, des kits pour commencer à vapoter.
L’association réclame aussi l’accélération de la mise en place du système de licence pour les vape shops, et de reconnaître leur utilité pour la communauté en accompagnant les fumeurs adultes à la recherche d’une alternative à la cigarette.
L’UKVIA souhaite également que les professionnels du secteur puissent continuer de communiquer auprès des adultes, à l’aide d’informations « factuelles et adaptées à l’âge » sur des canaux réservés et encadrés. Elle ajoute que si les éléments de marque destinés aux enfants devraient effectivement être supprimés, il ne faut pas pour autant effacer « toute l’identité de marque » en imposant des emballages neutres, comme c’est le cas pour les produits du tabac. L’obligation de cacher les produits en rayon et la potentielle limitation des arômes sont également pointées du doigt.
L’association réclame enfin un réexamen de la taxe prévue sur les e-liquides, et notamment ses effets sur la hausse des prix qu’elle entraînera, son impact sur l’accessibilité financière pour les produits du vapotage, la rechute vers le tabagisme et le marché illicite.
« Trop, c’est trop. Les vapoteurs et les entreprises responsables du secteur comprennent la nécessité d’une réglementation, et nous soutenons pleinement des mesures strictes visant à empêcher les enfants d’accéder aux produits du vapotage et à écarter du marché les commerçants peu scrupuleux qui vendent des produits illégaux. Mais il arrive un moment où la réglementation cesse d’être proportionnée et commence à compromettre l’objectif de santé publique qu’elle est censée soutenir. », a déclaré John Dunne, directeur général de l’UKVIA. Il s’est également dit préoccupé par le fait que les boutiques spécialisées soient de plus en plus traitées de la même manière que certains commerçants peu scrupuleux contre lesquels le secteur réclame depuis des années des mesures plus sévères. « Ce ne sont pas les mêmes acteurs et la politique gouvernementale doit reconnaître cette distinction. » Parmi les demandes de l’association s’en trouve d’ailleurs une qui réclame des sanctions plus sévères contre ces commerçants.
« Notre Fair Deal n’est pas une demande visant à réduire la protection des enfants. C’est une demande pour une réglementation plus intelligente. Une réglementation qui frappe beaucoup plus durement les commerçants illégaux tout en garantissant que les fumeurs adultes continuent d’avoir accès à des produits réglementés, à des informations exactes et à des détaillants spécialisés responsables. », conclut-il.
Dans le reste de l’actualité du vapotage













