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Volute Modz, du Richelieu au XIV sans compromis

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Volute Modz est un des modeurs français les plus originaux et les plus attachants. Derrière ce nom, Nicolas Mulard et Robin Guillaume, deux créateurs qui ont opté pour une démarche difficile mais payante : ne faire que ce qui leur plaît, sans la moindre concession. Ils nous retracent l’histoire de leur société.

Le XIV, dernier né de Volute Modz

Un Richelieu cardinal

Le dripper Richelieu est sorti au tout début de l’année 2015 « Nous avons créé Volute Modz fin 2014, pour accompagner et officialiser ce lancement. L’idée du Richelieu est né, comme tous nos atos, d’un besoin. En l’occurrence, ici, c’était avoir une vape nomade ».

Nicolas et Guillaume sont en effet de fervents adeptes du dripping « Mais dripper, en nomade, c’est compliqué. Parce que, quand on le range dans sa poche, ça fuit. A moins que le coton ne soit sec, ce qui n’est pas non plus une panacée, se retrouver à tirer des puffs pour éviter de tacher sa chemise ».

Las de ne pas voir un modèle d’atomiseur adresser ces problèmes permanent, ils transforment leur liste de griefs en croquis, puis en cahier des charges. S’en suivra des premiers prototypes en moddant le topcap d’un Orieco Storm, puis un premier design complet du Richelieu.

Tous les produits Volute Modz doivent en effet répondre à un cahier des charges strict « Le Richelieu était conçu pour la vape nomade, ce qui impliquait une étanchéité parfaite et une grande cuve pour éviter d’avoir à le remplir souvent. Tous en conservant ce qui nous plaisait dans la vape sur dripper, saveurs en tête ».

Le Richelieu s’impose rapidement dans le milieu des amateurs de drippers high end en quête de saveurs. « Ce n’était pas gagné, nous étions inconnus, et au niveau du tarif, nous nous trouvions entre les drippers et le génésis. Mais nous avons été suivis, par une communauté de fervents. Aujourd’hui, bientôt quatre ans plus tard, ils utilisent encore leur Richelieu et nous envoient des messages pour dire à quel point ils l’apprécient. Ca, ça compte vraiment pour nous. »

Le Mazarin et le kit BF

Le second atomiseur de Volute Modz est le Mazarin, en 2016. Enfin, plus qu’un second atomiseur, il s’agit en fait d’une version très aérienne du Richelieu, avec un kit qui pouvait d’ailleurs s’acheter à part. « C’était en réponse à une demande, des possesseurs de Richelieu qui voulaient vaper à forte puissance. L’atomiseur, optimisé pour les saveurs, avec un tirage assez serré, montrait ses limites dans les puissances très élevées. Le Mazarin permet de pratiquer le cloud chasing, sans perdre toutes les qualités du Richelieu. »

Si transformer un Richelieu en Mazarin (les amateurs d’histoire trouveront certainement cette phrase très bizarre) était relativement aisé, faire passer le Richelieu en bottom feeding l’était beaucoup moins « Il n’était pas du tout conçu pour ça à l’origine. Pour le faire, nous avons dû redessiner toute la base ».

Le Napoléon, le Wagram de Volute Modz

« Le Napoléon, cette folie commerciale et conceptuelle » (rires) : le ton est donné.

« Le Napoléon était prêt en 2017 » pourtant, il est sorti en 2018 « oui, ça nous a pris un an pour le faire fabriquer ».

Robin et Nicolas expliquent « C’est l’atomiseur le plus cher à fabriquer au monde, nous en sommes quasiment certains. A part peut-être les produits de Crovape, qui vont chercher dans les métaux précieux. »

Le Napoléon sur box Mechito de G-Prov (Crédits photo : Gillor)

Le Napoléon est extrêmement difficile à usiner « chaque pièce est très complexe, exception faite de la cuve et des vis. Chaque côte doit être parfaite, sinon, c’est poubelle ». Pour ce faire, après moult déconfitures chez les usineurs français, Nicolas et Robin se sont tournés vers un usineur Chinois, spécialisé dans les pièces aérospatiales en titane. Plus précis, il n’y a pas.

Et pourtant, le Napoléon n’a pas rapporté d’argent « c’est un atomiseur signature, pour montrer ce que nous savons faire. »

Et 1, et 2, et 3, et XIV !

Le nouveau projet de Volute Modz est le XIV. Ce qui est amusant, puisque les deux modeurs ont choisi pour leur atomiseur le plus court le roi au règne le plus long. Il est, encore une fois, né d’un besoin : « nous sommes passionnés d’atomiseurs, mais aussi de liquides. Et c’est parfois compliqué, on reçoit un nouveau jus qu’on a envie d’essayer de suite, en drippant quelques gouttes, et on se rend compte que tous les atomiseurs sont déjà coilés, cuves pleines… Ce qu’il nous fallait, c’était un atomiseur très précis sur les arômes et qu’on pouvait coiler en moins de cinq minutes. Un atomiseur pour goûter les liquides. »

Un prototype du XIV, la barre de serrage sera différente et encore plus perfectionnée sur la version définitive.

Le résultat, c’est ce minuscule XIV, petit par la taille, grand par la complexité : « l’idée, c’était d’avoir une vis de serrage unique. Pour ce faire, il fallait un isolant. La barre en céramique qui serre à la fois la résistance sur le plot positif et sur le négatif, ça n’a pas l’air, comme ça, mais c’est la pièce la plus difficile à usiner de l’atomiseur ».

Le reste est à l’avenant : plateau de 16 mm, mais dans un dripper de 24 mm, grâce à la conception du top cap, et bientôt une version 22 mm « nous voulions un ato qui aille avec tout » expliquent ils.

Il est livré dans une boîte exceptionnelle « jusqu’ici, nous avions privilégié le fonctionnel de l’emballage à son esthétique. Là, nous voulions que le côté high end ressorte avant même qu’on ait ouvert la boîte. Elle est belle, mais elle reste fonctionnelle. Vous verrez. ». Et bien entendu, le XIV est livré avec un pin BF « c’est un atomiseur que l’on peut utiliser pour goûter ses liquides, ou bien en atomiseur saveurs au quotidien. ».

Pour la première fois, le XIV sera distribué, Volute Modz ayant prévu une diffusion à plus grande échelle « nous voulons que le XIV soit un atomiseur économiquement viable, pour nous donner les moyens de travailler sur d’autres projets. »

Ce que vous ne verrez pas chez Volute Modz

Une box : « Nous avons fait des projets pour une box, mais elle ne nous satisfaisait pas. Et c’est un mode de fonctionnement que nous avons choisi dès le début, si le produit ne nous plaît pas, nous ne le faisons pas ».

Un tank : « Pour quoi faire ? Aniki d’Animodz a fait le Doggystyle 2K16, qui est à notre avis ce qui se fait de mieux. On ne voit pas l’intérêt de refaire ce qui existe déjà. Si nous faisons un tank un jour, il faudra qu’il soit différent de ce qui existe et qu’il nous satisfasse. »

Un atomiseur sale : « Ce qu’on ne supporte pas, c’est de recevoir un atomiseur qui sent l’huile de coupe. Nous recevons toutes nos pièces en kit, nous les nettoyons et les assemblons nous-même. On lubrifie les joints avec de la glycérine végétale, et l’atomiseur arrive prêt à être coilé. »

Un mauvais SAV : « L’avantage d’assembler nos pièces nous-même, c’est de pouvoir contrôler la qualité au fur et à mesure. Ce que nous voulions, c’était d’avoir le minimum de Service Après Vente. Donc, dès que nous détectons une pièce qui n’est pas impeccable, elle est jetée. Sur 500 Richelieu et 300 Mazarin vendus à ce jour, nous avons eu trois retours, toujours pour des problèmes mineurs, comme un air flow qui sifflait. »

De la compromission : Robin et Nicolas ne vivent pas de Volute Modz, ils ont chacun un travail à côté. Par choix : ils auraient pu développer des atomiseurs best-sellers, plus simples et à plus forte marge, mais ils ont toujours fait le choix de faire passer leur passion avant l’argent. Dans le monde des modeurs, une telle intégrité ne peut qu’être saluée.

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