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Paroles d’experts : politique et réglementation en matière de santé publique – Qu’attend-on ?

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La semaine dernière se tenait le troisième sommet sur la réduction des risques tabagiques, à Athènes, en Grèce. Un rendez-vous qui réunissait de nombreux experts dans ce domaine. Nous vous proposons de retrouver dans cet article, quelques-unes des phrases clés qui ont été prononcées lors de cette rencontre.

La réduction des risques toujours en difficulté

L’un des thèmes abordés cette année était « la politique et la réglementation en matière de santé publique et les perspectives d’avenir ». La session était présidée par le docteur Panos Vardas, directeur du département de cardiologie du Heraklion University Hospital.


Karl Olov Fagerström, auteur de plus de 160 publications scientifiques et inventeur du test de dépendance à la cigarette, mondialement utilisé et connu sous le nom de « test de Fagerström », était le premier intervenant.

Il débute son discours en rappelant que le tabac et la nicotine sont un « domaine idéal » pour la réduction des risques, citant par exemple la Suède, la Norvège, le Japon ou encore le Royaume-Uni, autant de pays ayant embrassé cette stratégie de santé publique, et dans lesquels le taux de prévalence tabagique n’a jamais été aussi faible qu’aujourd’hui.

Selon lui, le vapotage reste l’aide la plus utilisée pour arrêter de fumer, notamment car il s’agit d’une approche « plus facile » et « plus progressive » caractérisée par une « grande similitude » avec le tabagisme. Une similitude dont les fumeurs auraient besoin lorsqu’ils décident d’essayer de se sevrer du tabac.

« La bataille finale pour la réduction des risques ne porte pas tant sur la sécurité des produits de réduction des risques, mais sur la question de savoir si la nicotine peut être éradiquée ou sera acceptée », note-t-il pour conclure son discours.


Michael G Toumbis, pneumologue, s’est également exprimé à ce sujet.

Pour lui, bien que la convention-cadre de l’OMS fournisse une « stratégie globale » pour lutter contre l’épidémie de tabagisme, elle n’adopte pas de stratégie de réduction des risques, hormis dans le cadre des substituts nicotiniques traditionnels tels que les patchs ou les gommes à mâcher.

Le rythme actuel des progrès dans la lutte antitabac n’est ainsi pas assez rapide, déplore-t-il, et il est impératif de trouver des moyens supplémentaires pour accélérer le déclin du tabagisme.

L’une des pistes qu’il soulève est « l’approche de réduction des dommages ». Pour lui, les stratégies de lutte contre le tabagisme devraient adopter le concept de réduction des risques lors de l’élaboration de réglementations, de politiques et d’interventions coordonnées visant à faire évoluer rapidement les fumeurs vers des produits à base de nicotine moins nocifs.

« La réduction des dommages est une approche de la lutte antitabac fondée sur des données probantes, qui, avec d’autres interventions de lutte antitabac éprouvées, peut simultanément empêcher les jeunes de commencer à fumer et aider les fumeurs actuels à arrêter, ce qui permet de sauver de nombreuses vies plus rapidement que ce qui serait possible autrement », explique-t-il pour conclure.


Le troisième et dernier intervenant auquel nous nous sommes intéressés lors de cette séance était Clive Bates, ancien haut fonctionnaire du cabinet du Premier ministre Tony Blair, et aujourd’hui à la tête de l’entreprise Counterfactual, société de conseil et de défense des intérêts axés sur une approche pragmatique du développement durable, de la politique énergétique et de la santé publique.

« La communication des risques pour la santé publique est essentielle pour les politiques et les programmes de lutte antitabac, car la perception de la population ciblée peut largement influer sur leurs résultats et leur efficacité », explique-t-il en prémisse de son discours, avant de rappeler que dans de nombreux pays, les fumeurs n’ont pas connaissance de la réduction des risques offerte par les produits du vapotage, par rapport au tabac fumé.

Pour lui, la communication des risques pour la santé publique devrait être basée sur le point de vue du consommateur, et non sur celui de l’entreprise, tout comme les avertissements sanitaires devraient être basés « sur l’ampleur du risque ».

Malheureusement, déplore-t-il, « au nom de l’incertitude », les produits à risques réduits sont « trop réglementés ».

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