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Nouvelle étude alarmiste : les arômes des e-liquides seraient toxiques pour les poumons

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Une étude américaine indique que certains arômes seraient dommageables pour les poumons.

Une étude américaine indique que certains arômes seraient dommageables pour les poumons.

Publiée dans le journal scientifique PLOS One [1] deux jours après l’étude sur les souris, la recherche de Lerner & al. (Université du Rochester Medical Center, New York, États-Unis) risque d’animer une fois de plus les débats scientifiques.

“Les arômes utilisés dans les e-liquides pour cigarettes électroniques endommagent les poumons” peut-on déjà lire dans le Mirror. Mais cette fois-ci une légère différence dans l’approche du sujet est notable. Le média britannique, qui reprend en fait le communiqué de presse Eurekalert, prend le soin de rappeler que l’e-cigarette reste tout de même moins nocive que la fumée du tabac, mais l’effort de contextualisation s’arrête ici. NBC News qui pourtant semble avoir pris les mêmes précautions, fait carrément le lien entre e-cigarette et cancer du poumon. Et il se pourrait bien que d’autres médias en fassent de même.

A lire : Tout savoir sur les arômes dans les e-liquides

Certains arômes peuvent donc causer des dommages aux poumons du consommateur nous apprend-t-on, avec notamment l’arôme de cannelle qui serait identifié comme le plus sévère pour les cellules épithéliales. Alors que la nouvelle n’est encore une fois pas très neuve puisque les tous premiers travaux de Farsalinos avaient déjà mis en lumière l’incidence, extrêmement relative à l’époque, de certains arômes sur la durée de vie cellulaire, la nouvelle tombe à pic pour venir renforcer les précédents titres alarmistes déjà accumulés dans la presse ces dernières semaines.

Ce n’est pas inoffensif, il faut donc réglementer.

“Notre recherche confirme que les e-cigarettes peuvent poser des risques importants pour la santé et doivent par conséquent être étudiées de manière plus approfondie” souligne Irfan Rahman, professeur à l’université de Rochester où s’est déroulée l’étude, qui appelle par ces travaux à une réglementation plus stricte du produit aux États-Unis.

“Il semble que chaque jour un nouveau produit de la vape soit lancé sans en connaître les effets nocifs sur la santé” complète Rahman. Comme expliqué précédemment l’équipe de recherche a examiné l’impact de la vapeur sur des cellules de poumons humains et de souris et dans les deux cas, les tissus pulmonaires seraient devenus inflammés avec des différences notables en fonction du type de matériel, propriétés du e-liquide et modes d’usage. Il n’est en revanche pas indiqué quelles pourraient être les conséquences concrètes pour le consommateur. Des raccourcis que les médias savent de toute manière très bien emprunter.

L’exploitation sensationnaliste du sujet suit alors un cours presque classique. La vapeur des e-cigarettes contient des nano-particules de métaux lourds et d’autres substances cancérigènes qui aggravent le tissu pulmonaire précise le Mirror en prenant soin de rappeler l’étude torchon de Portland pour appuyer ses propos.

La cannelle en ligne de mire, ainsi que les arômes fruités et sucrés

L’ârome de cannelle serait l’un des pires de la liste selon les chercheurs qui expliquent également que les saveurs sucrées ou fruitées seraient généralement plus nocives que les saveurs tabac. Des commentaires concerneraient également les drippers. Parmi les marques de e-liquides étudiés se trouvent des liquides Blu (Lorillard), Vaporotics, Roc Juice ou encore Vape Dudes. Le type de matériel concernerait un modèle à cartouche scellée (type cigalike de la marque Blu) ainsi qu’un Kanger Protank de première génération équipé d’une batterie à tension variable (type Vision Spinner).

Cette inquiétude soulevée par l’université de Rochester devrait venir conforter les groupes anti-vape américains dans leurs campagnes ou plus localement les projets de Costa Constantinides, conseiller à la ville de New York, qui proposait déjà en octobre 2014 de bannir les arômes dans les e-liquides.

L’étude, financée par le National Institute of Drug Abuse ainsi qu’une bourse de formation du National Heart Lung and Blood Institute, va sans aucun doute venir s’accumuler dans la liste des études négatives sur le sujet et nourrir les projets de réglementation voulant faire de l’e-cigarette un produit du tabac, taxes à l’appui.

Comme d’habitude les réactions de la communauté scientifique ne vont pas tarder à émerger. Nous vous tiendrons par conséquent informés des critiques que nous jugerons les plus pertinentes.


[1] Vapors Produced by Electronic Cigarettes and E-Juices with Flavorings Induce Toxicity, Oxidative Stress, and Inflammatory Response in Lung Epithelial Cells and in Mouse Lung – Chad A. Lerner & al. – DOI: 10.1371/journal.pone.0116732