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Notre avis sur Ripple+, la cigarette électronique sans nicotine

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Sans nicotine, la société britannique Ripple+ vend des cigarettes électroniques qu’elle présente comme des « diffuseurs d’aromathérapie » sûrs, naturels et testés en laboratoire. Nos recherches n’ont pas permis de vérifier ces affirmations.

Une alternative au vapotage ?

Nous poursuivons notre série sur les produits qui se présentent comme des alternatives au vapotage. Aujourd’hui, intéressons-nous à Ripple+, une marque britannique fondée en 2019, qui pourrait bien avoir servi d’inspiration à plusieurs autres produits dont nous avons parlé précédemment.

Les trois gammes de produits sans nicotine de Ripple+ sur son site britannique

Ripple+ propose trois produits sans nicotine. L’un d’eux contiendrait « zéro toxine », tandis qu’un autre permettrait de « se concentrer » et de « se calmer ». Capture d’écran du site Ripple+, version britannique

En date du 19 octobre 2026, Ripple+ propose trois produits :

  • Zero Nicotine Puffs est un pod similaire à une cigarette électronique. Contrairement à elle, ses cartouches d’e-liquides ne contiennent pas de nicotine ;
  • Nootropic Pouches s’apparentent à des sachets de nicotine, mais contiennent à la place de la caféine (40 ou 80 mg par sachet selon la référence) et de la L-théanine, un acide aminé naturellement présent dans le thé ;
  • Flavored Air, enfin, ne contient pas d’électronique ni de batterie. Il s’agit simplement d’inhaler à travers ce qui pourrait être comparé à un pod, dont l’air est simplement aromatisé.

Arrêter de fumer, sans le dire

Contrairement aux inhalateurs Breez ou MyPipo, au bracelet Glame, à la paille Sasillia, ou aux cigarettes Oui’garette, Ripple+ ne prétend pas aider à arrêter de fumer. Du moins, il ne le fait pas directement. Sur son site, le fabricant invite simplement à « faire la transition » (make the switch), sans dire explicitement qu’il s’agit de remplacer le tabagisme par ce produit.

Sur le vapotage, il est moins prudent : la méta-description de plusieurs pages produits, dont celles du “Starter Kit” et de la cartouche “Boost”, invite à « laisser tomber les puffs à la nicotine » (ditch the nic bars) au profit de Ripple+.

Capture d’écran du code source de la page produit du “Starter Kit” qui invite à laisser tomber la nicotine et évoque la relaxation.

Sa FAQ affirme aussi que son objectif est « d’encourager les utilisateurs à arrêter, pas à commencer », et sa page d’accueil consacre une section entière aux “Quitting Stories”, des témoignages de sevrage sélectionnés par la marque. Sur le site européen, certains vont plus loin : un client assure avoir arrêté la nicotine après quinze ans de tabagisme, et un autre conseille à ceux qui veulent arrêter de se procurer un Ripple+ sans attendre.

Capture d’écran du code source de la page produit de la cartouche “boost”, qui présente le produit comme destiné à l'”anxiety relief and relaxation”.

Les termes semblent choisis avec soin pour éviter les allégations de santé, avec quelques exceptions. La méta-description de la cartouche aromatisée à la fraise, baptisée “Boost”, promet de « soulager l’anxiété » et de favoriser « la relaxation », alors que l’avertissement figurant en bas de toutes les pages du site, y compris celle-ci, assure que la marque ne fait « expressément aucune allégation de santé ou médicale pour ce produit ».

Avertissement en bas du site Ripple+ indiquant que la marque ne fait aucune allégation de santé

Dans le footer du site de Ripple+, un encadré indique que la marque ne fait « expressément aucune allégation de santé ou médicale ».

Malgré tout, la cible du fabricant reste clairement les consommateurs de nicotine. Il est rappelé, un peu partout sur le site internet, que les produits sont sans nicotine, et le marketing du Flavored Air met en avant, aussi, l’absence de nuage, de chauffe, ou encore de fumée. « Le rituel va au-delà de la nicotine. C’est le contact. L’inhalation. La pause. Ripple⁺ Air réinvente ce moment familier grâce à un air naturellement aromatisé et une invitation à respirer en pleine conscience. », explique la marque.

Sûr, naturel et testé, vraiment ?

Les produits sont aussi présentés comme sûrs pour la consommation, sans que la marque ne publie d’éléments permettant de le vérifier. « Nos formules Ripple⁺ sont élaborées et testées par lots dans des laboratoires accrédités UKAS au Royaume-Uni. Nous utilisons des ingrédients naturels, véganes et biologiques. Uniquement la plus haute qualité. », est par exemple écrit sur le site internet. Les Zero Nicotine Puffs, quant à elles, contiendraient « zéro nicotine, zéro toxine, et 100 % satisfaction ». Nous n’avons trouvé aucun document qui pourrait permettre de valider ces déclarations. Aucun nom de laboratoire n’est donné sur le site, et aucune analyse n’y est communiquée. Les ingrédients sont dits naturels, véganes et biologiques, mais aucune certification n’est mentionnée. Ils seraient également traçables, sans qu’aucune origine ne soit indiquée. 

Fiche produit Ripple+ affirmant que le pod contient zéro toxine

Le pod Ripple+ contiendrait « zéro toxine » selon sa fiche produit.

La marque a pourtant fait de la composition des cigarettes électroniques illégales un argument de communication. Elle a lancé en mars 2025, avec l’agence Publicis London, une campagne intitulée “Breathable Bullet” : une balle microscopique fabriquée avec 56,8 microgrammes de plomb, la quantité retrouvée dans une seule cigarette électronique illégale, opposée à la « pureté » des produits Ripple+. Sur la page consacrée à cette campagne, la marque assure que ses produits sont « testés en laboratoire et totalement exempts de plomb et de produits chimiques nocifs », là encore sans publier d’analyse. Elle y avance aussi plusieurs chiffres sans en citer la source : un tiers des cigarettes électroniques vendues ne respecteraient pas les règles de sécurité, et de la nicotine aurait été retrouvée dans 21 % des produits faussement étiquetés « sans nicotine ». Un argument qui vaudrait aussi pour ses propres produits, dont la marque ne publie, à notre connaissance, aucune analyse.

Page de la campagne Breathable Bullet de Ripple+ sur le plomb des cigarettes électroniques illégales

« Breathable Bullet est un film qui révèle les 56,8 microgrammes de plomb cachés dans une cigarette électronique illégale. Regardez le film pour découvrir les risques, et pourquoi Ripple⁺ est sans plomb, sans nicotine et sans produits chimiques nocifs. », indique le fabricant dans sa campagne.

Leur composition reste d’ailleurs peu documentée. Le fabricant ne publie la liste complète des ingrédients que pour une seule référence, citée en exemple dans sa FAQ. La cartouche “Power” contiendrait ainsi de la glycérine végétale, du propylène glycol, des extraits naturels de menthe verte et de concombre, et des arômes naturels. Aucune proportion n’est donnée.

Pour la cartouche “Boost”, la fiche produit se contente d’évoquer la fraise, l’açaï, qui serait « stimulant » et « augmenterait la vitalité », et l’hibiscus. La fiche ne permet pas de savoir s’il s’agit d’extraits présents dans le liquide ou de notes aromatiques. Le fabricant ne précise pas non plus le ratio de PG/VG ni le volume de liquide par cartouche. Il ne publie pas non plus, à notre connaissance, d’analyse des émissions, alors que le liquide est chauffé pour produire un nuage, comme dans n’importe quelle cigarette électronique.

Des références difficiles à vérifier

Ripple+ met aussi en avant de nombreux médias sur son site internet. Son bandeau « As seen in » (« vu dans ») cite par exemple Vogue. Nous n’avons trouvé aucune trace de la marque sur le site du magazine, ce qui n’exclut pas une parution via un autre canal.

La page d’accueil affiche aussi trois citations, présentées au-dessus des logos de GQ, Vogue et Tatler. L’une d’elles reprend mot pour mot la présentation de Ripple+ publiée parmi les fiches exposants du Pharmacy Show britannique. Nous n’avons pas pu déterminer si cette citation provient bien d’un article de l’un de ces magazines. Nous n’avons pas vérifié les autres médias mis en avant.

un bandeau défilant affiche les logos de nombreux médias

Nous n’avons pas plus pu vérifier d’autres chiffres avancés par la marque. Par exemple, sa page d’accueil revendique plus de 1,5 million de personnes ayant « fait la transition » et plus de 21 000 avis cinq étoiles, sans en préciser l’origine. La page européenne consacrée à la campagne Breathable Bullet évoque, elle, plus d’un million de clients.

Notre avis sur Ripple+

Ripple+ n’a rien d’une arnaque : la société existe bel et bien et ses produits sont vendus en boutique, notamment au Royaume-Uni. Mais derrière un marketing soigné, la marque ne publie pas d’éléments permettant de vérifier ce qu’elle avance : ni sur la composition de ses cartouches, ni sur leur innocuité, ni sur les effets prêtés à ses arômes. Et puisque la réglementation française n’impose presque rien aux produits du vapotage sans nicotine, le consommateur n’a guère d’autre choix que de croire la marque sur parole. Avant d’inhaler au quotidien un liquide chauffé dont on ne connaît ni la composition exacte ni les émissions, mieux vaut donc rester prudent.

Composition d’un e-liquide

Pour autant, l’essentiel reste d’arrêter de fumer. Si un produit, aussi déroutant soit-il, aide quelqu’un à y parvenir, la finalité reste positive. Les fumeurs qui cherchent un accompagnement pour se sevrer du tabagisme ont toutefois intérêt à se tourner d’abord vers des outils dont l’efficacité a été étudiée, comme les substituts nicotiniques ou la cigarette électronique, et à demander conseil à un professionnel de santé.