Dans une analyse consacrée au traitement du vapotage par Génération Sans Tabac, la FIVAPE estime que la cigarette électronique y est présentée de manière très majoritairement négative. Le syndicat professionnel dénonce une sélection partielle des travaux scientifiques et appelle à mieux prendre en compte les données relatives à la réduction des risques.
La réduction des risques peine à trouver sa place dans le débat public

Ces résultats, qui démontrent une profonde méconnaissance des Français sur la réduction des risques liés au tabac qu’offre le vapotage, ne seront pourtant pas communiqués par les médias en France. La FIVAPE explique ainsi que « malgré un mois d’efforts soutenus et de relances auprès des médias, aucune rédaction n’a souhaité en parler ! »
Une tribune, rédigée par Jean Moiroud, président de la FIVAPE, a par exemple été refusée sans explication par Le Monde, et de nombreux autres médias. Même Libération, qui avait pourtant accepté les communications autour de la campagne Merci la Vape en fin d’année 2025, a refusé de la publier. « Cette annonce a été refusée en raison des pressions juridiques du CNCT sur le quotidien. », explique le syndicat.
Le traitement du vapotage par Génération Sans Tabac contesté
Au sujet du Comité national contre le tabagisme (CNCT) justement, la FIVAPE s’est livrée à une analyse exhaustive des 2 367 articles publiés entre décembre 2019 et avril 2026 sur le site internet Génération Sans Tabac (GST), édité par l’association française antitabac.
Cette analyse, qui peut être intégralement consultée sur le site du syndicat, montre que GST aurait réalisé 528 articles centrés sur le vapotage au cours de la période étudiée. Sur ces 528 articles, 424 (soit plus de 80 %) avaient un titre explicitement défavorable à la cigarette électronique. Les autres avaient un titre qualifié de neutre. « Sur 528 articles publiés par GST en six ans et centrés sur le vapotage, aucun ne présente la cigarette électronique sous un angle favorable. », souligne la FIVAPE.
Capture d’écran de l’analyse par la FIVAPE
Toujours selon cette analyse, Génération Sans Tabac se livrerait en fait à un cherry picking, une pratique consistant à ne retenir que les études qui vont dans le sens d’une position donnée tout en ignorant celles qui la nuancent ou la contredisent. Pour illustrer ce fait, la Filière française du vapotage prend plusieurs exemples. Les travaux du professeur français, Bertrand Dautzenberg, seraient, par exemple, cités uniquement dans le cas où « les conclusions vont dans le sens de la ligne éditoriale tenue. » Sa méta-analyse de 2023 démontrant une absence d’effet passerelle entre vapotage et tabagisme serait totalement absente du site de GST. « Sur 528 articles consacrés au vapotage en six ans, aucun ne présente cet outil comme efficace, valable ou recommandé, y compris dans les cas où les études citées dans le corps du texte contiennent des résultats qui vont dans ce sens. », abonde le syndicat.
Les nombreux travaux sur le vapotage réalisés par l’institut Cochrane seraient quant à eux presque totalement ignorés. L’analyse montre que seul 0,46 % de tous les articles publiés sur le vapotage citerait des travaux de l’institut, pourtant mondialement reconnu pour son indépendance et la qualité de son travail. « Parmi les articles du corpus qui citent effectivement la Cochrane en contexte vapotage, aucun ne reprend les conclusions favorables au sevrage par la vape et la réduction des risques. », note la FIVAPE.
De la même manière, lorsqu’une étude sur la vape est rétractée par ses auteurs, ou par la revue scientifique dans laquelle elle a été publiée, Génération Sans Tabac ne le signalerait que pour les études dont les conclusions étaient favorables à la cigarette électronique. Nulle mention n’est faite des nombreux retraits des recherches concluant à la dangerosité du vapotage ou à l’effet passerelle.
Pour la FIVAPE, le constat est clair. Malgré les déclarations de GST qui indique poursuivre « une triple exigence : celle de l’indépendance, de la transparence et de la rigueur scientifique. », la réalité est tout autre. Elle indique que cette analyse établit un « écart documenté entre la revendication éditoriale affichée par Génération Sans Tabac, à savoir l’indépendance, la transparence et la rigueur scientifique, et la pratique éditoriale observée sur 2 367 articles publiés en six années et quatre mois. »
« Ce travail ne conteste ni la légitimité des politiques de prévention du vapotage chez les non-fumeurs, en particulier chez les adolescents, ni la position du CNCT en tant que telle. », souligne la FIVAPE, qui appelle simplement à une réflexion sur « l’équilibre des financements publics entre les approches prohibitionnistes et les approches de réduction des risques. »
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