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Europe : création d’une commission spéciale pour la lutte contre le cancer

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Publication du dernier rapport du plan cancer en France, création d’une commission spéciale de lutte contre le cancer en Europe. Le combat contre la maladie continue de mobiliser la politique européenne.

Vers une lutte contre le tabagisme en priorité ?

Il y a quelques jours, le Parlement Européen a approuvé la création d’une commission spéciale destinée à la lutte contre le cancer. Adoptée par 651 voix pour, 8 abstentions, et 18 voix contre, celle-ci aura de nombreuses missions afin de lutter contre la maladie, dont celles « d’évaluer les opportunités pour l’UE d’agir concrètement, d’identifier des législations et d’autres mesures pouvant aider à prévenir et combattre la maladie, et d’évaluer la meilleure façon de soutenir la recherche ».

Voir toutes les missions de la commission
  • Identifier les actions permettant de renforcer l’approche aux différentes étapes cruciales de la maladie que sont la prévention, le diagnostic, le traitement, le cadre de vie des survivants du cancer et les soins palliatifs, et ce en contact étroit avec la mission de recherche sur le cancer du futur programme Horizon Europe, l’accent étant mis sur la compétence de l’UE,
  • être à l’écoute des éléments et des données disponibles et y réagir en établissant des stratégies et des priorités en phase avec les besoins des patients,
  • évaluer les cas où l’UE est, conformément au traité FUE, habilitée à prendre des mesures concrètes destinées à lutter contre le cancer, identifier les cas où seules des recommandations peuvent être adressées aux États membres et où seul l’échange de bonnes pratiques est envisageable, et se concentrer sur les initiatives concrètes,
  • évaluer sur le plan scientifique les meilleurs moyens de prévenir le cancer et définir des actions ciblées telles que la stricte application de la législation en vigueur et l’identification de mesures futures dans les domaines de la lutte contre le tabagisme et l’obésité, de mesures destinées à améliorer les choix nutritionnels, de mesures visant à diminuer la consommation d’alcool, à généraliser la vaccination et le traitement des infections, à réduire l’exposition aux produits chimiques (notamment aux effets cumulatifs), à la pollution atmosphérique (comme le prévoit le pacte vert pour l’Europe) et aux agents cancérigènes sur le lieu de travail, et de mesures de radioprotection; évaluer, dans la mesure du possible, les effets quantifiables desdites mesures,
  • analyser et évaluer la détection précoce du cancer sous la forme de programmes de dépistage afin de veiller à ce que les futures révisions de la recommandation soient intégrées rapidement et efficacement,
  • évaluer la meilleure manière de soutenir la recherche en vue de renforcer la prévention, le diagnostic, le traitement et l’innovation, notamment en vue de mener à bien la nouvelle « mission cancer » du programme Horizon Europe; se concentrer sur les domaines dans lesquels les États membres ne peuvent pas réussir seuls, par exemple le cancer pédiatrique ou les cancers rares,
  • étudier notamment les moyens de soutenir des essais cliniques à but non lucratif destinés à améliorer les traitements dans les domaines qui n’intéressent pas l’industrie pharmaceutique au regard de leur rentabilité limitée,
  • évaluer le cadre actuel de la législation pharmaceutique et voir si des modifications s’imposent pour relancer l’innovation et favoriser la mise au point de traitements de pointe pour les patients, notamment pour étudier les possibilités d’améliorer le traitement du cancer pédiatrique et harmoniser dans l’UE l’évaluation scientifique de l’efficacité, de la valeur ajoutée et du rapport coût-bénéfice de chaque médicament anticancéreux, y compris les vaccins contre le virus du papillome humain (VPH) et les applications de santé en ligne,
  • évaluer la possibilité d’initiatives, notamment législatives, pour garantir la définition de normes communes visant à améliorer l’interopérabilité des systèmes de soins de santé, notamment des registres du cancer et des structures de santé en ligne nécessaires pour traiter les différents problèmes liés à des thérapies spécialisées et éviter en particulier tout déplacement inutile des patients,
  • évaluer la mise en œuvre de la directive relative aux soins de santé transfrontaliers et, si nécessaire, proposer des améliorations pour permettre aux patients de consulter les meilleurs spécialistes sans charge inutile,
  • analyser et évaluer le fonctionnement des réseaux européens de référence, y compris leur rôle dans la collecte et le partage des connaissances et des bonnes pratiques dans le domaine de la prévention et du suivi des cancers rares,
  • évaluer une intervention éventuelle de l’UE pour améliorer la transparence du prix des traitements en vue de renforcer le caractère abordable et accessible des médicaments contre le cancer, d’éviter les pénuries de médicaments et de réduire les inégalités entre les États membres et leurs territoires,
  • réfléchir à la possibilité, dans le respect du traité FUE, d’améliorer les droits des patients, notamment leurs droits concernant leurs données à caractère personnel (le droit à l’oubli) et leur droit à l’égalité d’accès aux traitements de préservation de la fertilité et de la fonction de reproduction, aux programmes de surveillance tout au long de la vie et à des soins palliatifs optimaux, ainsi qu’aux moyens d’éviter toute discrimination psychologique ou financière due à une prédisposition génétique aux cancers, et ce pour permettre la poursuite d’une activité professionnelle ou le retour au travail,
  • évaluer la possibilité d’améliorer la qualité de vie des patients et de leurs familles,
  • évaluer les possibilités de soutenir la recherche dans le domaine des soins palliatifs et de favoriser un échange renforcé des bonnes pratiques concernant les traitements et les soins palliatifs,
  • formuler toute recommandation qu’elle jugera nécessaire sur les stratégies de lutte de l’Union contre le cancer, afin d’atteindre un niveau élevé de protection de la santé humaine fondé sur une approche plaçant le patient au centre de toutes les attentions; effectuer des visites et organiser des auditions à cette fin avec les autres institutions de l’UE et les agences concernées, ainsi qu’avec les institutions internationales et nationales, les organisations non gouvernementales et les acteurs du métier, en tenant compte du point de vue des diverses parties prenantes que sont notamment les médecins, les patients et leurs proches; recommander des procédures de mobilisation des fonds spécifiques de l’Union pour atteindre ces objectifs.

La commission sera composée de 33 membres qui seront nominés lors d’une prochaine session. La durée de son mandat sera de 12 mois, que le Parlement pourra décider, ou non, de prolonger avant son expiration.

Le tabagisme étant directement responsable de plus de 8 cancers du poumon sur 10, de 70 % des cancers des des voies aérodigestives supérieures, de la moitié des cancers de la vessie, mais aussi de presque un tiers des cancers du pancréas, il y a fort à parier que cette nouvelle commission aura à coeur de traiter le sujet. Un sujet qui pourrait aussi, potentiellement, déborder sur celui de la cigarette électronique, l’UE ayant parfois bien du mal à distinguer les deux produits…

Le 6e et dernier rapport du plan cancer (2014-2019) rendu public dans l’hexagone

En France, le 6e rapport au Président de la République, réalisé par l’Institut national du cancer (INCa), a récemment été rendu public.

Le plan cancer avait été lancé en 2014, sous la présidence de François Hollande, avec 17 objectifs et, comme priorité majeure, la « réduction des inégalités et des pertes de chance face aux cancers ».

Voir les objectifs du plan cancer
  • Objectif 1 : Favoriser des diagnostics plus précoces
  • Objectif 2 : Garantir la qualité et la sécurité des prises en charge
  • Objectif 3 : Accompagner les évolutions technologiques et thérapeutiques
  • Objectif 4 : Faire évoluer les formations et les métiers de la cancérologie
  • Objectif 5 : Accélérer l’émergence de l’innovation au bénéfice des patients
  • Objectif 6 : Conforter l’avance de la France dans la médecine personnalisée au bénéfice des patients
  • Objectif 7 : Assurer des prises en charge globales et personnalisées
  • Objectif 8 : Réduire les risques de séquelles et de second cancer
  • Objectif 9 : Diminuer l’impact du cancer sur la vie personnelle
  • Objectif 10 : Lancer le Programme national de réduction du tabagisme
  • Objectif 11 : Donner à chacun les moyens de réduire son risque de cancer
  • Objectif 12 : Prévenir les cancers liés au travail ou à l’environnement
  • Objectif 13 : Se donner les moyens d’une recherche innovante
  • Objectif 14 : Faire vivre la démocratie sanitaire
  • Objectif 15 : Appuyer les politiques publiques sur des données robustes et partagées
  • Objectif 16 : Optimiser les organisations pour une plus grande efficience
  • Objectif 17 : Adapter les modes de financement aux défis de la cancérologie

Ce 6e et dernier rapport est, pour ses auteurs, l’occasion de souligner que « la persévérance de l’ensemble des acteurs, locaux et nationaux, a permis de réaliser près de 90 % des jalons du plan ».

Concernant l’objectif n°10 et le programme national de réduction du tabagisme (PNRT), le rapport rappelle qu’au cours des deux années précédentes, près d’1,6 millions de fumeurs ont abandonné le tabagisme. Une baisse de 12 % décrite comme d’une ampleur inédite, qui traduirait « l’impact d’une politique publique globale et cohérente » (augmentation régulière des prix du tabac, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques, communication régulière sur les risques, opération “Mois sans Tabac”).

Une fois encore, il convient de s’étonner de l’absence de citation de la cigarette électronique en tant qu’outil de sevrage tabagique ayant participé à cette baisse historique du tabagisme en France. L’unique fois où elle est citée durant ce rapport étant afin de rapporter l’expérience actuellement en cours en Bourgogne-Franche-Comté, consistant à la proposer à des patients atteints de troubles psychiatriques.

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