Sept organisations se présentant comme des « associations de consommateurs » interpellent la Commission européenne au sujet de la révision de la TPD. Six d’entre elles sont directement liées à un réseau de lobbying financé par l’industrie du tabac.
Nouvelle pression sur Bruxelles pour assouplir la future TPD

Se disant « profondément préoccupées » par le rapport d’évaluation de la TPD, et « l’orientation qu’il donne à sa prochaine révision », elles appellent la Commission européenne à « reconsidérer » son approche actuelle. Selon les associations, le rapport « minimis[e] l’accumulation croissante de preuves scientifiques montrant que [les] produits sans combustion sont nettement moins nocifs que les cigarettes et peuvent aider les fumeurs adultes à arrêter lorsqu’ils sont accessibles, abordables et correctement encadrés. »
Les auteurs du courrier demandent ainsi à « placer les consommateurs au centre », notamment en impliquant les fumeurs, les anciens fumeurs, mais également leurs organisations représentatives. À « appliquer un cadre proportionné au risque », en reconnaissant les différences qui existent entre les produits combustibles et non combustibles, mais également à « protéger les outils efficaces de réduction des risques pour les adultes », notamment en leur permettant de conserver l’accès à une large variété de produits, d’arômes, et de taux nicotiniques, tout en appliquant « strictement » la législation en matière d’interdiction de vente aux mineurs.
Ils appellent également à s’inspirer des pays membres de l’Union européenne qui enregistrent de bons résultats dans leur lutte contre le tabagisme, mais aussi à veiller à ce que les futures évaluations et travaux d’expertise « soient gouvernés de manière transparente, exempts de conflits d’intérêts et ouverts à l’examen de toutes les parties prenantes, y compris les organisations de consommateurs. »
Dans leurs conclusions, les associations invitent la Commission européenne à faire de la prochaine révision de la TPD, une occasion de « bâtir un cadre véritablement fondé sur les preuves et proportionné au risque, qui accélère la baisse du tabagisme, respecte le choix des consommateurs et reconnaît le rôle essentiel des produits alternatifs à la nicotine dans l’amélioration de la santé publique. »
Des associations liées à Big Tobacco
Six des sept organisations signataires sont directement liées au Consumer Choice Center (CCC), un groupe de lobbying basé à Washington qui a reçu des financements de Japan Tobacco International, Philip Morris International et British American Tobacco.
Selon des enquêtes menées par le quotidien français, Le Monde, et la base de données académique de l’Université de Bath, Tobacco Tactics, le CCC a créé plusieurs organisations satellites présentées comme des associations de consommateurs indépendantes, mais qui portent en réalité des messages alignés avec les intérêts de l’industrie du tabac.
Cette stratégie, parfois appelée astroturfing, consiste à simuler un mouvement citoyen de base pour influencer les politiques publiques. La World Vapers’ Alliance, également signataire, a été décrite dans une enquête du Daily Beast comme une organisation dans laquelle British American Tobacco « a joué un rôle central dans l’orchestration, la direction et le financement ».
Télécharger le courrier envoyé par les associations
Les signataires de ce courrier
Consumer Choice Center (CCC, international, reçoit des financements de l’industrie du tabac), CROHM (Croatie, partenaire du CCC), Considerate Pouchers (international, créé par le CCC), Generacija brez dima (Slovénie, collabore avec le CCC), Generaze Bez Koure (République tchèque), World Vapers’ Alliance (WVA, international, créé par le CCC), Greek Vapers Alliance (Grèce, membre de WVA).
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