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Et une journée sans tabac, moussaillon !

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Hier avait lieu la Journée Mondiale sans Tabac, et il nous semblait nécessaire d’en dresser un bilan. Si, si, vraiment, c’est important, de faire ça. Enfin, il paraît… Bon, si j’ai un conseil à vous donner, barrez-vous, l’article risque d’être aussi passionnant que la journée en elle même, en résumé : le poids de l’ennui, le choc des paupières.

Décidément, c’est pas ton jour

Des journées mondiales, il y en a des utiles et des rigolotes. La journée mondiale du compliment, par exemple, le 1er mars, celle-là, je l’aime bien, parce que c’est le jour où tout le monde me dit que mes articles sont bien, et où je me sent reconnu à ma juste valeur. Le même mois, le 19 mars, on a la journée mondiale de la cuisine italienne, au menu : pizza et tiramisu, c’est ce que j’appelle le bonheur.

Mais ma préférée reste le 19 septembre, journée mondiale du parler pirate. Elle me fait rire 364 jours par an. Tous les jours, en fait, sauf le 19 septembre, où la simple idée qu’un être humain censé être intelligent et civilisé puisse me dire “Yoho, moussaillon, et une bouteille de rhum” peut me transformer en meurtrier.

Quand aux journées utiles, elles sont pléthore, bien entendu : journées écologistes, pour la liberté, contre la guerre… Il y a de quoi, avec un seul calendrier, alimenter des générations de discours de Miss France. Mais elles sont utiles : elles disent à tous les méchants qui polluent, pillent, oppriment et massacrent que, une fois par an, on viendra voir un peu ce qui se passe chez eux. Qu’ils ne pourront jamais être tranquille dans leur coin.

Insuffisant ? Peut-être, mais y-a-t-il moyen de faire autre chose ? Quand on voit le nombre de problèmes soulevés par ces journées mondiales, il serait impossible de dire aux gens “regardez, il y a tel problème, et puis tel autre, sans parler de celui-là…” le même jour, à moins de pouvoir mettre tout le monde ensuite sous antidépresseurs.

Ah, tiens, Big Pharma me dit que c’est une bonne idée. 

Mais une journée mondiale, c’est n’est pas vain. Elle permet, ponctuellement, régulièrement, de rappeler tel ou tel problème. C’est utile.

Et puis, il y a la journée mondiale sans tabac. Elle, elle est un peu à part : elle n’est ni drôle, ni utile.

Aussi utile que le H de Hawaï

Parce que, bon, soyons sérieux, une journée sans tabac, vraiment ?

Déjà, il y a les stratégies de contournement. Mais si, du temps où vous étiez fumeur… Parce que si vous lisez le Vaping Post, c’est que vous êtes vapoteur, donc non-fumeur, n’est-ce pas ?

Ah ah, je plaisante. Je sais qu’il y a parmi vous des gens qui lisent le Vaping Post précisément parce qu’ils sont fumeurs et sont en quête d’un moyen d’arrêter. Et bien, ici, il y a des anciens fumeurs, et voyez, on est heureux, ça se passe bien.

Ça laisse rêveur, hein ? Bon, soyons clair : moi, par exemple, je suis heureux, sauf le 19 septembre. Mais ça n’a rien à voir avec la cigarette. Si, le 19 septembre, j’allumais une cigarette, ce serait sans doute dans le but de m’en servir pour torturer à mort quelqu’un qui m’a parlé de rhum avec un perroquet sur l’épaule. Je t’en foutrais, du moussaillon.

Donc, du temps ou nous étions fumeurs, les stratégies de contournement, on les connaissait toutes. Ce jour là, les théoriciens de la relativité devenaient légion “à quel moment commence et finit une journée, c’est relatif”. Il y avait aussi ceux qui s’allumaient leur cibiche à midi, “pour faire une pause, pour pouvoir tenir”. Il y avait aussi le célèbre “moi, la journée sans tabac, je la fais un autre jour, parce que je suis pas un mouton”. Elle marche encore, celle-là ? Eh bééééh ! 

Qui a eu cette idée folle ?

Déjà, mettons les choses au point : une journée sans tabac, ça n’a pas de sens. Contre la principale cause de mortalité évitable dans le monde, ce n’est pas une seule journée sans tabac qu’il faut faire, c’est une action continue. Imaginez qu’on se mette à dire que le tabac tue seulement une fois par an, le 31 mai ? Ça n’a pas de sens, vraiment.

Imaginons tout de même un fumeur qui observe scrupuleusement la journée sans tabac. Si, si, il y en a un. Je l’ai entendu de source sûre, par le cousin du voisin de l’ami d’un ami. Il va l’observer parce que ce sera ce jour là, pas parce qu’il sera prêt. Il ne va penser qu’à ne pas fumer, et donc, il ne va avoir en tête qu’une seule chose “je ne dois pas fumer cette clope dont j’ai tellement envie”. Il va passer une sale journée.

Un mois sans tabac, c’est différent. Un mois sans tabac, ça a du sens : on l’organise, il y a du soutien, c’est coordonné et durable, on a le temps de trouver une méthode et de l’expérimenter sur le long terme. Et on l’a vu : un mois sans tabac, ça se poursuit, ce n’est pas vain.

Mais juste un jour…Quel sera pour lui, notre clopeur invétéré, le bénéfice de cette journée sans tabac ? Le souvenir mémorable et durable d’une sale journée, qui va ancrer dans son esprit, encore plus fort, la conviction qu’arrêter de fumer ressemblera à une longue successions de semaines en enfer.

Bref, le bilan de cette journée sans tabac peut se résumer en une question : “Mais quel est le bougre d’âne qui a eu une idée aussi stupide ?”

Allez, jetez cette journée par dessus bord, moussaillon. 

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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