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La vape dans le Mois Sans Tabac 2017 : rapport de la SOVAPE

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La SOVAPE vient de publier un rapport sur le vapotage durant le Mois sans Tabac 2017. Tirant un bilan de l’opération, le rapport propose aussi des pistes pour améliorer encore la portée de la vape dans les prochaines années. Si l’étude souligne ses propres lacunes, elle en tire néanmoins un résultat éloquent.

10 fois plus de chances d’arrêter

Le chiffre impressionne : 38 % des sondés ayant répondu à l’étude SOVAPE portant sur un échantillon des inscrits au groupe Facebook Les Vapoteurs #MoisSansTabac ont déclaré avoir arrêté de fumer grâce à la vape et à l’auto-support, c’est à dire une entraide entre particuliers sans intervention d’un professionnel, cinq mois après l’opération. 8 % déclarent avoir réduit significativement leur consommation de tabac, et 1 % seulement continuer à fumer autant qu’auparavant.

Ces chiffres écrasent la méthode dite « sans aide », du sevrage simple : entre 3 et 5 % de réussite. Les autres groupes soutenant des méthodes allant du substitut pharmaceutique à l’hypnose n’ont pas communiqué leurs résultats.

Ces chiffres permettent de tirer, d’emblée, un premier bilan : dans un objectif de lutte contre le tabagisme, la vape est un support efficace.

Les limites de la méthode

L’enquête menée par la SOVAPE a été réalisée sur un échantillon de participants au groupe #MoisSansTabac qui avaient donné au préalable leur accord à l’envoi d’un questionnaire. Une fois celui-ci envoyé, le taux de non-réponse, c’est à dire de personnes qui n’ont finalement pas participé a été de 52 %.

Comme le souligne l’association, il est impossible de savoir, au sein de ces abstentionnistes, quels sont ceux qui ont arrêté, diminuée ou poursuivi leur consommation de tabac. Il aurait été possible d’appliquer à cette frange un résultat pondéré, mais la SOVAPE a choisi la solution la plus pessimiste, à savoir considérer que ces abstentionnistes ont poursuivi leur consommation de tabac.

Il est pourtant probable que, parmi eux, un certain nombre ont arrêté grâce à l’e-cigarette (un terme par ailleurs contesté par le Dr William LOWENSTEIN, qui rend au passage avec malice hommage à Denis Papin, révélateur français au 17eme siècle de la force de la vapeur et à l’Ecossais James Watt, un des premiers réalisateurs de machine à vapeur performante en 1769). Mais le choix de la SOVAPE est de ne pas prendre de risque en avançant des chiffres qui pourraient être contestés par la suite.

Une idée par ailleurs intelligente : les chiffres de SOVAPE peuvent en effet malgré tout être contestés… Mais seulement à la hausse.

Des résultats complets

Les résultats de l’étude révèlent plusieurs faits sur les aspirants au sevrage. Ainsi, une immense majorité d’entre eux, 89 % déclarent avoir pour objectif initial d’arrêter le tabac, et 82 % s’affirment très motivés.

L’âge aussi joue un rôle, puisque plus les participants son âgés plus leur détermination à en finir avec le tabac est forte. La moyenne d’âge des répondants est de 39 ans. On note une baisse du nombre de participants au delà de 54 ans, que la SOVAPE interprète comme une moindre familiarisation de cette génération avec les outils technologique auxquels la vape est assimilée.

Enfin, les femmes son majoritaires. Majoritaires, à la limite de l’hégémonie : 79 % des vapoteurs interrogés sont des vapoteuses. Les auteurs du rapport avancent plusieurs raisons à cette prédominance.

Préconisations

Fort de ces observations, la SOVAPE a élaboré quelques remarques pour les « mois sans tabac » des prochaines années :

  • les professionnels de la vape doivent être promus « acteurs de santé publique », une charte d’engagements pourrait être conçue pour les incorporer au #MoisSansTabac
  • les groupes d’auto-support doivent être promus et soutenus concrètement dans leurs démarches d’accompagnement. Des moyens doivent être alloués pour créer de la documentation, des évènements, collaborer avec des professionnels de santé et des addictions
  • les professionnels de santé (médecins et pharmaciens) doivent être largement informés pour accompagner au mieux leurs patients. Nous attirons l’attention notamment sur la confusion à écarter entre symptômes de sevrage tabagique et l’usage du vapotage.

D’autre part, l’association préconise d’améliorer ou de changer, de manière générale, quatre points concernant l’utilisation du vapotage en tant que moyen de sevrage tabagique :

  • renforcer significativement la place du vapotage dans le #MoisSansTabac
  • réviser la réglementation sur les interdictions de propagande et publicité qui portent atteinte au public en bloquant l’information sur le vapotage et incitent à une désinformation anxiogène
  • abolir les mesures contre-productives qui limitent les conditionnements des produits du vapotage et le taux de nicotine autorisé, très souvent insuffisant
  • lancer un plan de formation pragmatique pour l’accompagnement à l’arrêt tabagique avec le vapotage à destination des acteurs de terrain médicaux et socio-sanitaires, en s’appuyant notamment sur les connaissances des usagers-experts.

Ceci n’est qu’un aperçu du rapport de 54 pages, qui a été établi par Sébastien BÉZIAU, Nathalie DUNAND, Thierry PELÉ et Philippe POIRSON avec la participation de Claude BAMBERGER, Jean-Pierre COUTERON, Patrick FAVREL, Françoise GAUDEL, Jacques LE HOUEZEC et William LOWENSTEIN. Nous ne pouvons que vous inciter à en lire l’intégralité, les chiffres avancés et les arguments donnés sont précieux pour tout vapoteur militant.

Mais le point fort du rapport, sa conclusion, c’est ce qui ne peut pas se chiffrer : les témoignages de participants, qui soulignent l’importance qu’a pour eux la délivrance de l’emprise du tabac et l’aide que la vape lueur a apporté. Parce que tout cela rappelle ce que les décideurs oublient trop souvent : l’humain.

Lire l’intégralité du rapport : SOVAPE-Rapport-VapoteursMoisSansTabac2017

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