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Est-ce que la cigarette électronique donne le cancer ?

Mis à jour le 1/12/2022 à 13h37
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C’est un fait connu de tous, le tabagisme provoque des cancers. Mais si un fumeur passe à la cigarette électronique, les risques de voir se former la maladie disparaissent-ils ?

Est-ce que la cigarette électronique donne le cancer ?

Il est impossible de répondre à cette question pour l’instant. Des études menées sur plusieurs dizaines d’années seront nécessaires pour le savoir. En revanche, nous savons déjà que les composés responsables des maladies liés au tabagisme sont totalement absents de la vape. Il est ainsi certain que vapoter est très largement moins nocif que fumer pour l’organisme. Depuis 2015, le ministère de la Santé britannique estime que la cigarette électronique est « au moins 95 % moins nocive » que le tabagisme.

 

La cigarette électronique donne-t-elle le cancer ?

La science reste prudente à ce sujet, mais les premiers éléments sont rassurants.

Aucune certitude scientifique pour l’instant

Il est très difficile de répondre à la question de savoir si la vape peut provoquer un cancer, pour la simple et bonne raison qu’il faut attendre les résultats de grandes études épidémiologiques sur des dizaines d’années pour arriver à identifier un facteur de risque provoquant de manière certaine la formation de cancers.

Ainsi, bien que ce type d’études soit en cours en ce qui concerne la cigarette électronique, comme les études Cig-Electra, une étude longitudinale des trajectoires de consommation de cigarettes électroniques et de tabac dans la cohorte CONSTANCES, ou encore l’étude YEMI Marketing, il faudra encore attendre de très nombreuses années avant de réussir à obtenir une réponse concrète à cette question.

Ceci étant, il est tout de même possible d’identifier très clairement les facteurs qui provoquent l’apparition de cancer chez le fumeur. Le principal composé dans la fumée de cigarette qui pose un risque indéniable pour les fumeurs est les goudrons. Or, dans la cigarette électronique, qui ne contient pas de tabac, et qui ne provoque pas de combustion, les goudrons sont absents de la vapeur.

Le monoxyde de carbone contenu dans la fumée des cigarettes, responsable de nombreuses maladies cardiovasculaires, est lui aussi absent de la vapeur des cigarettes électroniques. On a d’ailleurs souvent tendance à croire que seul le cancer du poumon est lié à la consommation de tabac fumé. Mais il existe beaucoup d’autres cancers qui peuvent arriver si l’on fume pendant une longue période de sa vie. Par exemple le cancer de la vessie est une maladie très courante chez les fumeurs, mais aussi d’autres cancers comme ceux de l’œsophage, de l’estomac, du côlon, du foie, du pancréas ou encore du col de l’utérus.

Ainsi, en l’absence de goudrons, la vapeur des cigarettes électroniques peut être considérée de manière certaine comme étant nettement moins dangereuse que la fumée des cigarettes de tabac en ce qui concerne les risques de cancer provoqué par ces goudrons.

Il faut aussi rappeler que l’entourage du fumeur est également exposé à des risques de cancer. Le tabagisme passif est en effet un facteur de risque qui est reconnu par les professionnels de santé comme pouvant être à l’origine d’un développement de cancer du poumon. On estime le risque du fumeur passif à 30 % de contracter un cancer du poumon. Ce risque est d’autant plus important que l’exposition à la fumée du tabac démarre très tôt dans la vie. Être exposé au tabagisme passif durant sa petite enfance augmentera en effet, malheureusement, les chances de développer des maladies liées au tabagisme.

Les ingrédients des e-liquides

Flacon d'e-liquide pour cigarette électronique

Les ingrédients d’un e-liquide sont bien différents de ceux d’une cigarette de tabac.

Il convient à présent de se pencher plus en détail à la vapeur produite par le e-liquide et qui est inhalée par l’utilisateur. La question des ingrédients des e-liquides est très présente dans la population et il est légitime de s’y intéresser. Ses composants de base ne changent pas, mais il existe une multitude de goûts disponibles sur le marché. Parmi les plus répandus, on peut citer les arômes de fruits, de desserts, de boissons, ou encore ceux qui imitent le goût du tabac. Ces derniers sont particulièrement populaires auprès des utilisateurs ayant récemment arrêté de fumer (1), et qui cherchent à reproduire la sensation procurée par la cigarette traditionnelle, tout en réduisant les risques liés à sa consommation.

Les nitrosamines spécifiques du tabac

Des cigarettes de tabac

Les ingrédits nocifs du tabagisme sont absents du vapotage

La majorité des liquides contenant des arômes de tabac sont issus de l’industrie agroalimentaire ou de la parfumerie, et quelques compagnies produisent des extraits de tabac à partir de macération de plantes. Ces derniers peuvent présenter des taux plus élevés de substances potentiellement dangereuses que les autres liquides, c’est par exemple le cas des nitrosamines spécifiques au tabac. Toutefois, il s’agit toujours de mesures nettement plus basses que celles trouvées dans les cigarettes classiques, car contrairement à ces dernières, les liquides sont transformés en vapeur par la cigarette électronique, et ne produisent donc ni combustion ni fumée.

Métaux, particules et céramiques

Au-delà des risques éventuels posés par les liquides, les cigarettes électroniques sont fabriquées à partir de métaux, de céramiques et de caoutchoucs, dont des particules peuvent s’ajouter à l’aérosol produit par l’utilisateur (2), et pénétrer ses poumons. Les particules métalliques semblent être généralement limitées à des taux négligeables [7], mais le degré de toxicité des autres composants n’est pas clairement établi, pourrait s’avérer cancérogène, et être également la source de maladies cardiovasculaires ou respiratoires.

Une étude en particulier présente des niveaux de métaux plus élevés dans certaines émissions de cigarettes électroniques que dans la fumée traditionnelle (3). On notera que les modèles testés dans cet article (2013) sont d’une qualité et d’une technologie inférieures en comparaison des cigarettes électroniques disponibles aujourd’hui. Toutefois, les réactions chimiques dues à la chauffe des liquides peuvent engendrer la formation de nouveaux composants potentiellement dangereux, comme c’est le cas avec la fumée des cigarettes classiques (4). Ces risques sont réels, mais répétons qu’ils restent toutefois limités par la présence très faible de substances toxiques, entre 9 et 450 fois plus basses que dans la cigarette conventionnelle selon les modèles (4).

Les dangers de la cigarette électronique

Femme en train de vapoter

Le vapotage se révèle beaucoup moins nocif que le tabagisme.

En comparaison des dangers inhérents à la cigarette traditionnelle, il apparaît clair que la version électronique est nettement moins nocive. Ceci est vrai non seulement, car il s’agit de « vapeur » et non de fumée, mais également, car les substances qu’elle contient sont dans des quantités moindres, voire négligeables (5). Toutefois, si l’on pose la question des dangers de la cigarette électronique, il est impossible aujourd’hui d’affirmer que la cigarette électronique est véritablement sans danger. Pas nécessairement, car elle est toxique, mais à cause d’un manque de données, du fait de sa « jeunesse ».

L’insuffisance des données explique d’ailleurs que certains travaux se contredisent mutuellement. La conclusion d’une étude de 2012 soutient par exemple que la cigarette électronique n’aurait pas d’influence sur la tension artérielle et le cœur humain, alors qu’une recherche de 2013 démontre le contraire (6). Ces contradictions ne découlent pas nécessairement du fait qu’un article est plus récent qu’un autre, mais également de l’offre, toujours grandissante, et de qualité variable, des modèles de cigarettes électroniques et de liquides disponibles sur le marché. Pour bien comprendre les enjeux aujourd’hui, il est donc nécessaire de prendre en compte la diversité des recherches sur le sujet.

Toutefois, en 2015, le ministère de la santé britannique a déclaré que vapoter est « au moins 95 % moins nocif que fumer ». Des propos réitérés depuis chaque année.

En conclusion

Si aucune certitude n’existe quant à la possibilité de développer ou non un cancer via l’usage de cigarette électronique, ce dispositif permet néanmoins de réduire considérablement les risques du tabagisme. Le département de la santé britannique rappelle que le vapotage diminue les risques du tabagisme dans un ordre de 95 %. En France le ministère de la Santé reste plus prudent, et reconnaît officieusement l’utilité du vapotage dans l’arrêt du tabac ou la réduction des risques. Mais pour que cet outil soit officiellement reconnu par les pouvoirs de santé publique, il faudra attendre que de grandes études officielles viennent confirmer cette tendance.

Quoi qu’il en soit, si vous êtes non-fumeur, ne vapotez pas.

Pour aller plus loin


(1) Farsalinos, Gillman, Melvin et al., Nicotine Levels and Presence of Selected Tobacco-Derived Toxins in Tobacco Flavoured Electronic Cigarette Refill Liquids, Int. J. Environ. Res. Public Health, 2015, 12, 3440.

(2) Czogala, Goniewicz, Fidelus et al., Secondhand Exposure to Vapors From Electronic Cigarettes, Nicotine & Tobacco Research, Volume 16, Number 6655, 2014, 656.

(3) Williams, Villareal, Bozhilo et al., Metal and Silicate Particles including Nanoparticles are present in Electronic Cigarette Cartomizer Fluid and Aerosol, PLoS ONE, March 2013, 5.

(4) Goniewicz, Knysak, Gawron, et al., Levels of Selected Carcinogens and Toxicants in Vapor from Electronic Cigarettes, Tobacco Control, March 2014, 3.

(5) Farsalinos et al., 2012, vs. Vansickel and Eissenberg, 2013, cité dans http://www.stop-tabac.ch/fr/un-point-sur-la-recherche

(6) Public Health England, E-cigarettes: an evidence update, authors’ note, 2015.

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