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C’est vendredi, et c’est pas un cadeau

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L’heure est grave. Extrêmement grave. Sur les réseaux sociaux, la tension monte d’heure en heure, et l’explosion n’est pas loin. Elle signera sans doute l’effondrement de la vape et la fin de la civilisation consumériste telle que nous la connaissons. Et donnera des aigreurs d’estomac à Jean-Kevin.

Le cadeau de la vape

Inacceptable. C’est le mot. Jean-Kevin est offusqué. Que dis-je ? Il est outré. Franchement, on ne respecte plus rien, surtout pas lui. Mais quel est donc l’objet de son ire ? Jean-Kevin s’est fait spolier, camarade. Il a été dévalisé, il a été humilié, sa vie est probablement foutue, et il le sait avec une acuité qui échappe au commun des mortels.

Parce que, contrairement à eux, Jean-Kevin n’est pas un mouton. C’est un consommateur, un vrai.

Il y a le bon et le mauvais consommateur. Le mauvais consommateur, il voit un truc, il l’achète, en toute conscience de ses droits vis à vis du vendeur. Le bon consommateur, il voit un truc, il l’achète, en toute conscience des devoirs du vendeur vis à vis de lui.

Et Jean-Kevin en est un, de bon consommateur. Particulièrement droit dans ses bottes. Et il ne parvient pas à réaliser qu’on ait osé lui faire ça.

Le cadeau de la vie

Jean-Kevin avait pourtant pris toutes ses précautions. Il a ouvert son paquet, dès réception, et en a soigneusement inventorié le contenu.

Voilà ! Je vous y prend, sacripan ! Vous vous imaginez Jean-Kevin, après avoir déballé sa commande, l’avoir étalée sur la table, bon de commande en main, vérifier que tous les articles s’y trouvent bien ? Vous voyez, c’est ça qui fait de vous un mouton.

Jean-Kevin s’en fout, de ça. Littéralement. Il sait qu’il commande dans une entreprise sérieuse, et qu’il n’y aura aucun souci avec sa commande. Il pressent que cette boîte le connaît, lui, Jean-Kevin, qu’elle sait qu’il ne faut pas plaisanter avec lui.

D’un geste ample et dédaigneux, Jean-Kevin écarte les produits qu’il a payés et se consacre à l’essentiel : inventorier les offrandes que cette humble boutique lui a faites pour le remercier d’avoir daigné les arroser d’un petit peu de sa menue monnaie. Le moins possible, il y a veillé. Et en échange de marchandises, parce que Jean-Kevin est contre la charité. 

Et là, Jean-Kevin s’étouffe littéralement de rage.

Le cadeau de l’intelligence

« Voyez ! » à travers les lettres standardisées du réseau social, on peut sentir les éructations de Jean-Kevin. Ceux qui croisent la route de son post voient leur écran soudain dégouliner de ses postillons rageurs pixellisés « voyez ! » poursuit Jean-Kevin sans désemparer « ce qu’ils ont osé m’offrir pour ma commande ! Un bonbon, un magnet de frigo et un dessous de verre ! ». Seulement ça, alors que Jean-Kevin les a honorés de son exigence semestrielle de trois arômes et d’une bouteille de base neutre.

L’offrande est insuffisante, la déité est contrariée. Jean-Kevin ne compte pas en rester là : il va de ce pas assécher les océans, faire pleuvoir du sang, incendier le ciel, raser les montagnes et faire un post sur Facebook.

Peu importent la livraison offerte, peu importe les ventes flash qui lui ont permis de s’acheter un liquide supplémentaire à vil prix, peu importent les points de fidélité qui lui permettent de s’offrir du matériel à encore plus vil prix. Non, l’offense est grave : grave comme un Carambar, un magnet et un sous-verre.

Le cadeau du savoir

Il n’y en , soyons honnêtes, pas beaucoup des comme Jean-Kevin. Mais il y en a. Il y a de cela quelques jours, un d’entre eux se vantait sur un groupe de vape d’avoir scindé sa commande en quatre pour avoir un plus gros cadeau. J’avoue ne pas avoir saisi sa logique.

Enfin, il est vrai que faire quatre commandes au lieu d’une, pour avoir quatre Carambars au lieu d’un, ça vaut le coup. A 7 euros en moyenne le Colissimo, ça fait 28 euros pour 4 confiseries. Au lieu de 2 euros pour un paquet au supermarché du coin, qui en contient 40, environ (à vue de nez, que la société Carambar n’hésite pas à me corriger. D’ailleurs, j’aimerai vérifier moi-même, si ils peuvent m’envoyer les paquets, je me charge du comptage).

Et on ne parlera pas d’écologie : quatre emballages, quatre volumes qui vont encombrer de l’espace et donc sur le bilan carbone…

Moi c’est plutôt l’inverse, ce sont les cadeaux qui me mettent dans la panade. Par exemple, à force de recevoir des magnets, mon réfrigérateur en est recouvert. Je n’ai plus la place, et ils continuent de m’en envoyer ! J’ai réagi de la manière la plus intelligente que j’ai trouvé, j’ai acheté un congélateur.

C’est quand même marrant, ça. Je suis client régulièrement dans une boutique qui ne m’a jamais fait un seul cadeau. Rien. Pas un Carambar, pas un dessous de verre, pas un magnet. Que dalle. Il n’y a même pas de carte de fidélité. Les frais de port ? Rien ! Je dois me déplacer moi-même, à mes frais, pour m’y rendre. Et pourtant, je continue d’y aller. Parce que, quand même, mon boulanger fait du bon pain.

L’auteur de cet article tient à s’excuser si, par hasard, et aussi improbable que ce soit, un lecteur s’appelait Jean-Kevin. En guise d’excuses, il est invité à choisir lui-même le prénom de la prochaine victime. Sauf Guillaume, évidemment.

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