La principale société savante mondiale sur le tabac et la nicotine recommande officiellement aux médecins américains de proposer la cigarette électronique comme option de sevrage tabagique à part entière, sans exiger l’échec préalable d’un traitement approuvé par la FDA.
- La SRNT, principale société savante internationale sur le tabac et la nicotine, recommande officiellement aux médecins d’intégrer la cigarette électronique dans les discussions sur le sevrage tabagique ;
- Les patients ne devraient pas avoir à échouer avec un traitement approuvé par la FDA avant de pouvoir utiliser une cigarette électronique ;
- Les cigarettes électroniques exposent à moins de substances cancérogènes que la combustion du tabac, mais aucune donnée n’existe encore sur leurs effets à long terme ;
- La mauvaise perception du vapotage dans le grand public s’explique en partie par des idées fausses sur la nicotine et par la confusion persistante autour de la crise EVALI de 2019 ;
- Ces recommandations sont le fruit du travail collectif de 24 chercheurs, publié dans la revue médicale JAMA fin juillet 2026.
La vape doit être recommandée par les professionnels de santé

Qu’est-ce que la Society for Research on Nicotine and Tobacco ?
La SRNT (Society for Research on Nicotine and Tobacco) est la principale société savante internationale dédiée à la recherche sur le tabac et la nicotine. Fondée en 1994 dans la foulée du rapport du Surgeon General américain sur l’addiction à la nicotine, elle réunit plus de 1 000 chercheurs dans une quarantaine de pays. Depuis 2002, elle applique une politique interdisant tout financement par l’industrie du tabac, tant pour ses congrès annuels que pour sa revue scientifique, Nicotine & Tobacco Research.
La première question à laquelle répond le groupe d’experts concerne l’efficacité du vapotage pour arrêter de fumer. Citant notamment la revue systématique Cochrane, les scientifiques soulignent qu’il existe « des données probantes solides montrant que les cigarettes électroniques peuvent aider les adultes à arrêter de fumer des cigarettes, c’est-à-dire à remplacer complètement les cigarettes par des cigarettes électroniques. »
La moindre nocivité du vapotage par rapport au tabagisme est également rappelée. Les chercheurs indiquent qu’il existe « des données substantielles indiquant que l’utilisation des cigarettes électroniques entraîne moins de dommages physiologiques que la poursuite du tabagisme, car les cigarettes électroniques exposent leurs utilisateurs à moins de substances cancérogènes et autres substances toxiques produites par la combustion. » L’absence de données sur les effets à long terme est toutefois soulignée. La SRNT note que malgré une disponibilité des vapoteuses dans le commerce depuis près de 20 ans, il n’existe pas, « à l’échelle de la population, de preuves de dommages importants pour la santé (par exemple, cancer ou maladie pulmonaire) », rappelant que, comme pour le tabagisme, l’apparition de maladies potentielles « nécessiterait des années d’utilisation régulière. »
La mauvaise perception du vapotage par le grand public est également traitée. La société savante note que de plus en plus de personnes pensent à tort que vapoter est aussi nocif, voire plus nocif, que fumer. Ils expliquent cette tendance par trois facteurs :
- Les idées fausses concernant le rôle de la nicotine dans les maladies liées au tabagisme, rappelant que la plupart d’entre elles résultent des sous-produits de la combustion du tabac, et non de la nicotine ;
- Les messages de santé publique destinés à décourager le vapotage chez les jeunes, qui pourrait involontairement, aussi, décourager les adultes fumeurs ;
- Les malentendus qui persistent au sujet de la crise EVALI survenue aux États-Unis en 2019, durant laquelle 68 vapoteurs étaient décédés. A cette époque, la cigarette électronique était montrée du doigt par les autorités, avant que plusieurs enquêtes ne mettent en lumière la véritable cause de ces maladies pulmonaires : l’acétate de vitamine E, un agent épaississant nocif utilisé dans des cartouches d’e-liquides au THC (cannabis).
Les recommandations des experts aux médecins américains
Le groupe de travail de la SRNT formule trois recommandations aux praticiens américains afin d’aborder les cigarettes électroniques comme stratégie potentielle de sevrage chez les patients adultes qui fument :
- Inclure les cigarettes électroniques dans la liste des options destinées à favoriser le sevrage tabagique, aux côtés des médicaments approuvés par la FDA (par exemple TSN, varénicline, bupropion) ;
- Évaluer et corriger les perceptions erronées concernant les risques et la sécurité ;
- Poser des questions essentielles afin d’orienter un processus décisionnel centré sur le patient.
Les experts soulignent également que « les patients ne devraient pas être obligés d’essayer d’abord un médicament approuvé par la FDA, ni d’échouer avec celui-ci, avant d’utiliser une cigarette électronique pour arrêter de fumer, car l’objectif principal est de favoriser l’arrêt de la cigarette. »
Un schéma décisionnel est proposé pour guider les médecins, que nous reproduisons ci-dessous en français.
« L’importance considérable du fardeau lié au tabagisme, associée à l’état actuel des connaissances scientifiques concernant l’efficacité des cigarettes électroniques pour le sevrage tabagique, indique clairement qu’il est désormais temps d’intégrer les cigarettes électroniques aux discussions centrées sur le patient concernant l’arrêt du tabac. », concluent les experts.
Sources et références
1 Leavens ELS, Pebley K, Smith TT, et al. Nicotine E-Cigarettes for Cigarette Smoking Cessation: Recommendations to US-Based Clinicians. JAMA. Published online July 30, 2026. doi:10.1001/jama.2026.13087
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