Une nouvelle étude documente une diminution du tabagisme chez les adultes américains en parallèle d’une augmentation du vapotage. Une tendance particulièrement marquée chez les 18-24 ans.
Des chiffres encourageants…

Après analyse des chiffres, les auteurs notent que l’usage exclusif de cigarettes de tabac est passé de 15,7 % à 11,2 %. Une baisse particulièrement marquée a été soulignée chez les 18-24 ans, puisque le taux de fumeur exclusif pour cette tranche d’âge est passé de 14,2 % à 2,9 %, soit une quasi-disparition du tabagisme. A contrario, les Américains de 55 ans et plus ont enregistré une très faible diminution, passant de 12,5 % à 12,2 % au cours des neuf années étudiées.
En parallèle de cette baisse du tabagisme, l’usage de la cigarette électronique a augmenté, passant de 1,2 % à 4,1 % sur l’ensemble de la population. Là encore, la tranche d’âge des 18-24 ans a enregistré la plus forte variation, puisque le vapotage est passé de 2,3 % en 2015 à 10,3 % en 2023 (avec un pic à 11,1 % en 2022).
Évolution du vapotage chez les Américains âgés de 18 ans et plus entre les années 2015 et 2023. Extrait de l’étude
Par ailleurs, l’étude rapporte que la double utilisation (vapotage et tabagisme en même temps) est restée stable (2,8 %) tout au long des années étudiées, ce qui pourrait suggérer que la diminution du tabagisme ne s’accompagne pas d’une hausse du double usage et viendrait donc bien de basculements vers la vape, ou de sorties du tabagisme. Le design transversal de l’étude ne permet toutefois pas de l’affirmer.
… qui ne permettent pas de tirer de conclusions
Comme toute étude scientifique, cette recherche présente plusieurs limites qu’il convient de souligner. D’abord, le tabagisme était défini par la consommation d’au moins 100 cigarettes au cours de la vie, alors que l’utilisation d’une vapoteuse une seule fois suffisait à classer les participants comme vapoteurs. Ce manque de précision est également retrouvé dans la qualification de l’« usage actuel » d’un produit par les Américains, puisqu’une utilisation quotidienne, ou simplement occasionnelle était classée dans la même catégorie.
Ensuite, le design transversal de l’étude ne permet pas de suivi individuel des participants. Les auteurs ne peuvent donc pas affirmer que la hausse du nombre de vapoteurs est directement liée à la diminution du nombre de fumeurs, et représenterait donc une transition de ces derniers vers un produit non combustible.
Enfin, la sous-déclaration du tabagisme dans les enquêtes est également bien documentée, ce qui signifie que le nombre de fumeurs aux États-Unis pourrait être supérieur à ce qu’indiquent les données des sondages nationaux.
Bien que les auteurs soulignent dans leurs conclusions que « les lecteurs ne doivent pas surinterpréter ces résultats », ils notent une « tendance positive à la consommation de tabac aux États-Unis entre 2015 et 2023, caractérisée par une diminution de l’usage des produits du tabac fumés, un schéma particulièrement visible chez les jeunes adultes. »
Dans un communiqué de presse de la Medical University of South Carolina, Kenneth Michael Cummings, professeur et auteur principal de l’étude, a commenté son travail et déclaré : « Alors que le tabagisme continue de reculer, il est important de comprendre ce qui le remplace. Si les jeunes adultes continuent de s’éloigner du tabac combustible, nous devrions observer nettement moins de cancers liés au tabagisme dans plusieurs décennies. »
Sources et références
1 Kenneth Michael Cummings, Avery Roberson, Colin W Randol, Tracy T Smith, David T Levy, Yoonseo Mok, Steve Cook, Rafael Meza, Trends in adult exclusive and dual use of combustible and non-combustible tobacco products in the United States, JNCI Cancer Spectrum, Volume 10, Issue 4, August 2026, pkag062, https://doi.org/10.1093/jncics/pkag062
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