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Revêtement d’atomiseurs : techniques, durabilité, toxicité, un modeur explique

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On peut voir ici et là des atomiseurs parés d’un revêtement coloré. Parfois de la simple peinture, peu durable dans le temps, parfois un placage. Mais comment est-ce fait ? Est-ce toxique ? Nous avons posé la question aux modeurs d’Atmizone.

La sécurité d’abord

Le Zénith utilise un revêtement peint, mais aucune des pièces colorées n’est en contact avec le liquide.

Les atomiseurs ne sont pas tous des pièces monolithiques offrant le choix entre plusieurs nuances de gris poli ou brossé. Depuis longtemps, la couleur s’est invitée dans la vape.

Mais pour conférer à notre matériel de jolies couleurs, différentes techniques existent : la peinture, éphémère, le dépôt sous vide (dont la DLC), ou la galvanisation. Et si l’esthétique est la préoccupation majeure de cette démarche, elle n’est pas sans soulever un certain nombre d’interrogations. Est-ce que cela présente une toxicité ? Est-ce que ça joue sur la conductivité ?

Le cas s’est présenté récemment : Atmizone a sorti une version avec revêtement de son Dotshell, qui présente la particularité d’avoir des éléments traités en contact avec le liquide et avec le circuit électrique. Tasos Psychogyiopoulos, qui conduit avec Jimmy Theodorou les destinées d’Atmizone, a accepté de nous expliquer comment ils étaient venus à bout de ces problématiques.

Les problèmes

« Comme tu l’as expliqué, travailler sur la finition et les couleurs, en particulier des atomiseurs, peut être très délicat à cause de la conductivité et du contact avec le liquide. Par conséquent, l’esthétique n’est pas le seul paramètre qui définit le choix de la méthode de finition » souligne Tasos.

Dotmods, habitué aux atomiseurs et mods colorés, utilise également la galvanisation.

« En ce qui concerne la conductivité, la plupart des choix de finition créent une couche non conductrice. Deux choix s’offrent donc à nous : masquer les parties conductrices durant la galvanisation, ou bien choisir un matériau conducteur comme revêtement. Le chrome, l’argent et l’or restent conducteurs après galvanisation, par exemple, même colorées dans le cas du chrome et de l’argent, (mais pas l’or) ».

Mais ce n’est qu’un détail technique, finalement, parce qu’un autre sujet vient sur la table, et il est directement en lien avec la sécurité : la toxicité de ces éléments.

« En fait, il y a plusieurs sujets en un » explique Tasos. « Les liquides peuvent êtres agressifs, on en connaît tous qui sont des tank crackers, et ils peuvent aussi attaquer le revêtement, ce qui le décolore au fil du temps. Mais le problème, c’est que la décoloration vient de la dilution de matière dans les liquides, et ce qu’il faut se demander, c’est : cette matière, qui n’est pas destinée à être inhalée, que devient-elle ? ».

Effectivement, l’or et l’argent, c’est joli, mais personne n’a sérieusement envie d’en avoir dans les poumons.

Les solutions

Jimmy et Tasos se sont donc penché sur le sujet, avec deux questions : quels sont les matériaux les plus sûrs, et quelles sont les solutions les plus durables pour les appliquer ?

« Les méthodes de dépôt sous vide (PVD, DLC) et la galvanoplastie se sont avérées les plus durables et les moins susceptibles de causer des problèmes » souligne Tasos « mais la galvanoplastie offre des avantages supplémentaires en terme de conductivité. C’est avec cette solution que le chrome, l’argent et l’or restent les meilleurs conducteurs. Pour d’autres métaux, en revanche, nous devons faire appel au masquage des parties conductrices ».

Un rack de galvanoplastie. Les pièces y sont disposées, puis plongées dans une cuve de galvanisation.

La galvanoplastie consiste à faire passer un courant électrique à travers une solution appelée électrolyte. Pour ce faire, on trempe deux bornes appelées électrodes dans l’électrolyte et on les connecte à un circuit avec une batterie ou une autre source d’alimentation. Les électrodes et l’électrolyte sont fabriqués à partir d’éléments ou de composés soigneusement choisis. Lorsque l’électricité circule dans le circuit qu’ils forment, l’électrolyte se divise et certains des atomes de métal qu’il contient se déposent en une fine couche sur l’une des électrodes – elle est alors galvanisée.

Une fois la méthode optimale sélectionnée, il a fallu choisir les matériaux. « Dans le cas de notre application sur le DotShell, le noyau SS316F typique des pièces du DotShell est recouvert d’une fine couche de titane et de chrome pour les finitions Midnight Black et Iron Grey, tandis que le titane, le chrome et l’or 18k sont utilisés pour la finition Gold. » explique Tasos « et nous avons sélectionnés des matériaux sans additifs toxiques, qui sont ajoutés pour faciliter le processus mais posent des problèmes en matière de sécurité dans le cas particulier de la vape ».

Résultat : le revêtement est plus durable, le taux d’émission extrêmement faible, en dessous du taux d’émission du fil résistif lors de la chauffe. Tasos prévient cependant : « l’utilisation de liquides agressifs, d’une chauffe excessive, ou de nettoyants également agressifs accélèrent le processus. Même si ça reste durable, leur utilisation, dans ce cas précis et plus généralement dans la vape, devrait être évitée le plus souvent possible ».

« La galvanoplastie n’est pas la solution parfaite, il n’en existe pas. Mais c’est celle qui nous a apporté les meilleurs résultats et la plus grande durabilité » conclut Tasos.

Au final, on obtient un atomiseur d’une jolie couleur, revêtu d’un placage dont l’épaisseur va de 0,5 microns à 20 microns. Une feuille d’aluminium, par exemple, fait 10 microns d’épaisseur. Une fine couche qui rendra votre atomiseur plus joli. Parce que la vape, c’est aussi savoir se faire plaisir.

Test : DotShell – Atmizone

 

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