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Mois Sans Tabac : les associations pointent les incohérences politiques

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Le Mois Sans Tabac édition 2023 a été officiellement lancé le premier novembre, et l’amorce d’un retour en grâce post-Covid est une bonne nouvelle. Mais des défauts subsistent, comme la mise au placard de la vape et les incohérences politiques.

Moins d’ambitions que de tabac

MoisSansTabac cigarette électronique

La nouvelle édition du #MoisSansTabac vient de démarrer.

Pour la huitième année consécutive, l’opération  #MoisSansTabac (MST) revient en France tout au long du mois de novembre. Avec 134 667 personnes inscrites au moment de la rédaction de cet article, elle a pour but d’aider les fumeurs à se sevrer du tabagisme à l’aide de plusieurs outils : une consultation avec un professionnel de l’arrêt du tabac, un kit d’aide à l’arrêt accompagné d’un programme de 40 jours, une application mobile, et le soutien de la ligne téléphonique Tabac Info Service, que l’on peut joindre grâce au numéro court, 3989. Il y a quelques jours, les fumeurs inscrits à cette nouvelle édition ont commencé à recevoir dans leur boîte à lettres, leur kit d’aide à l’arrêt.

Santé Publique France avait donné, le 27 octobre dernier, un chiffre : 92 000 préinscrits pour le Mois Sans Tabac (MST) édition 2023, ce qui laisse augurer d’une édition très satisfaisante en termes de participation. La Crise du Covid avait, en effet, considérablement nui à l’évènement en 2020 et 2021, avant un rebond en 2022, à 160 000 participants. Le taux élevé de préinscriptions laisse espérer que ce palier sera largement dépassé cette année.

MoisSansTabac 2023

La roue des économies rappelle à quel point fumer est onéreux.

Le kit envoyé aux participants est composé de quatre éléments. Deux affichettes, dont l’une souligne la présence des nombreux outils disponibles pour l’aide au sevrage tabagique, et l’autre qui incite à la consultation d’un professionnel de santé dont il est rappelé que les conseils « augmentent de 70 % les chances d’arrêter de fumer ».

Une « roue des économies » est également jointe, tout comme l’élément principal du kit : le programme, « 40 jours pour arrêter de fumer ».

La vape survolée, et de loin

Le programme se présente sous la forme d’un petit livret en papier d’une trentaine de pages, décomposé en quatre parties. La première, à laquelle nous allons nous intéresser, est appelée « préparation », et incite par exemple à la mise en place d’un journal du fumeur, à remplir à chaque consommation de cigarettes. Elle explique également comment l’application mobile peut aider lors du sevrage tabagique, propose un test destiné à comprendre sa dépendance physique au tabac, et dispense diverses informations sur les différents outils de sevrage tabagique disponibles en France.

Cigarette électronique MoisSansTabac 2023

La cigarette électronique n’a droit qu’à quelques lignes dans le kit d’aide à l’arrêt du tabac.

Malheureusement, les explications au sujet des différentes aides à l’arrêt du tabac sont très succinctes. Celles-ci tiennent sur une seule et unique page, et se contentent de rappeler que l’utilisation d’un substitut nicotinique augmente les chances de sevrage, et que l’utilisation des formes orales, en plus des patchs, « est une bonne manière de lutte contre les envies de fumer ».

Si cette page du fascicule cite bien la cigarette électronique en indiquant que le vapotage « pourrait constituer une aide pour arrêter de fumer ou réduire sa consommation de tabac », elle précise aussi que l’on connaît « encore mal les bénéfices et les risques à moyen ou long termes du vapotage ». De ce fait, « il est recommandé de se faire accompagner par un professionnel de santé pour arrêter de fumer ».

Adhésions hautes et taxes basses

Des associations de lutte contre le tabac soulignent d’autres problèmes. Ainsi, l’Alliance Contre le Tabac (ACT) s’en est prise assez vertement aux députés de la Commission des Affaires Sociales de l’Assemblée Nationale. Elle leur reproche de ne pas avoir soutenu une hausse du prix du tabac.

ACT soutient aussi que les amendements pris nuisent à l’efficacité de la lutte antitabac. Ainsi, la volonté exprimée par certains élus d’indexer les hausses de prix sur l’inflation.

Ce qui, selon les associations, nuit à l’efficacité des mesures de hausse. Ces dernières obtiendraient plus de résultats lorsqu’elles sont régulières dans le temps. Une augmentation du prix du tabac frappe plus si elle est accompagnée de la promesse d’une autre augmentation du même ordre dans un délai relativement bref.

Mais donner aux fumeurs la motivation d’arrêter est vain, si on ne leur donne pas les moyens de parvenir à cet objectif, autre pierre d’achoppement du MST. Preuve que la victoire contre le tabac est une entreprise globale, et qu’elle ne pourra se faire que si l’on considère tous ses aspects, y compris la vape, qui obtient jusqu’ici les meilleurs résultats.

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