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Méta-analyse : la nicotine ne provoquerait pas de maladies cardiovasculaires

Mis à jour le 24/11/2023 à 16h29
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42 études ont été analysées par une équipe de chercheurs. Dans leurs conclusions, ils indiquent qu’il n’y avait aucune association significative entre la consommation de nicotine et la survenue de maladies cardiovasculaires.

Ce qu’il faut retenir

Cette revue systématique a retenu 42 études répondant à des critères de rigueur stricts. Les 4 maladies cardiovasculaires analysées étaient l’AVC non mortel, l’arythmie, l’infarctus du myocarde non mortel, et enfin le décès cardiovasculaire. Les 42 recherches représentaient un total de près de 28 000 participant. Les conclusions de la méta-analyse indiquent qu’il « n’y avait pas d’associations significatives entre l’utilisation de la nicotine et le risque d’événements cardiovasculaires indésirables diagnostiqués cliniquement ». Aller directement à la conclusion

Consommer de la nicotine seule n'aurait pour ainsi dire aucune influence sur le taux de maladies cardiovasculaires.

Consommer de la nicotine seule n’aurait pour ainsi dire aucune influence sur le taux de maladies cardiovasculaires.

42 études, près de 28 000 participants

Aux yeux d’une partie du grand public, et même de certains organismes de santé et autres professionnels de la médecine, la nicotine serait nocive pour l’organisme. Certains la pensent même responsable de cancers. Or, comme expliqué dans notre article destiné à tout savoir sur la nicotine, aux doses administrées dans le cadre du tabagisme ou du vapotage, cette molécule ne représente pas de danger majeur pour la santé. Le mois dernier, 8 chercheurs ont réalisé une revue systématique1 à ce sujet. Leurs conclusions confirment qu’il « n’y a pas d’associations significatives entre l’utilisation de la nicotine et le risque d’événements cardiovasculaires indésirables diagnostiqués cliniquement, en particulier l’arythmie, l’infarctus du myocarde non mortel, l’accident vasculaire cérébral non mortel et le décès cardiovasculaire »

Quelles maladies ont été étudiées ?

La recherche s’est penchée sur les maladies cardiovasculaires (MCV), décrites comme un « ensemble d’affections du système cardiovasculaire ». Celles-ci sont multifactorielles et généralement provoquées par l’accumulation de plaques de graisse et d’autres substances dans les artères, réduisant ainsi, voire bloquant complètement, le flux sanguin vers le cœur et d’autres organes vitaux. Parmi les MCV les plus communes se trouvent par exemple la crise cardiaque, les accidents vasculaires cérébraux (AVC), les maladies coronariennes, l’hypertension artérielle ou encore l’insuffisance cardiaque. 

L’objectif de l’étude

L’objectif de cette étude était « d’identifier toute association potentielle entre l’exposition à la nicotine (par rapport à l’absence d’exposition à la nicotine) et le risque d’événements cardiovasculaires indésirables diagnostiqués cliniquement » dans « un échantillon d’utilisateurs actuels adultes et de non-utilisateurs de produits du tabac au départ ». Les maladies sur lesquelles s’est penchée la recherche étaient l’arythmie, l’infarctus du myocarde non mortel, l’accident vasculaire cérébral non mortel, ainsi que le décès cardiovasculaire. 

Les études retenues pour l’analyse

Les travaux scientifiques ayant été analysés pour cette méta-analyse étaient publiés sur PUBMED/MEDLINE, Embase et Cochrane Database of Systematic Reviews. Toutes les études depuis la création de ces bases de données ont été incluses jusqu’à la date du 10 juin 2021. Un total de 1 996 articles ont été pris en compte. Les chercheurs en ont ensuite exclu 1 954 pour différentes raisons (résultats biaisés, force de la preuve insuffisante, etc.). Les scientifiques ont ainsi inclus 42 travaux à leur recherche. 11 portaient sur l’arythmie, 32 sur l’infarctus du myocarde non mortel, 29 sur les AVC, et enfin 33 sur les décès cardiovasculaires. 

  • Les 42 études retenues incluaient un total de 27 794 participants.
  • Une seule recherche n’incluait pas le statut tabagique de ses participants. 
  • La quantité de nicotine administrée initialement variait selon les études, allant de 21 mg à 63 mg. 16 des travaux diminuaient cette quantité au fur et à mesure, qui terminait alors de 7 mg à 21 mg.
  • La nicotine était le plus souvent administrée sous forme de patchs (pour 28 recherches), tandis que six ont utilisé des gommes à mâcher, quatre des comprimés ou pastilles, une un spray nasal, et les trois dernières un produit au choix parmi ceux cités ci-dessus.

Résultats

Arythmie

Dans les 11 études portant spécifiquement sur l’arythmie, les auteurs de la méta-analyse expliquent que la survenue de la maladie était « généralement faible et similaire entre les groupes nicotine et non nicotiniques ».

Infarctus du myocarde non mortel

Les données récoltées parmi les 32 études rapportant des informations sur cette maladie ont montré que les taux d’infarctus du myocarde non mortel associés à la nicotine par rapport aux témoins non nicotiniques « n’étaient pas statistiquement significativement différents ». 

AVC non mortel

L’analyse des 29 travaux qui rapportaient des données sur la survenue d’AVC non mortel a produit des résultats similaires. Les auteurs de la revue systématique notent que « les données regroupées ont montré que les taux d’AVC non mortels n’étaient pas statistiquement significativement différents entre les témoins nicotiniques et non nicotiniques »

Décès cardiovasculaire

Enfin, comme pour les 3 maladies précédentes, la conclusion des chercheurs est que le taux de décès cardiovasculaires parmi les 33 études retenues n’était « pas statistiquement significativement différents entre les groupes témoins nicotiniques et non nicotiniques »

Conclusions

Bien que les chercheurs indiquent que la qualité globale de l’ensemble des preuves réunies lors des 42 études analysées était « modérée », ils relèvent que « les données regroupées ont montré que les taux pour les quatre critères de jugement – arythmie, infarctus du myocarde non mortel, AVC non mortel et décès cardiovasculaire – n’étaient pas significativement différents entre les témoins nicotiniques et non nicotiniques ».

« Les résultats de cette revue systématique et de cette méta-analyse indiquent que, avec une certitude modérée, il n’y a pas d’associations significatives entre l’utilisation de la nicotine et le risque d’événements cardiovasculaires indésirables diagnostiqués cliniquement, en particulier l’arythmie, l’infarctus du myocarde non mortel, l’accident vasculaire cérébral non mortel et le décès cardiovasculaire », concluent les auteurs.

Cette nouvelle étude permet de confirmer ce que plusieurs autres2, 3, 4, 5, 6 précédemment réalisées avaient conclu. Si les dangers du tabagisme sont nombreux et ses méfaits sur le corps bien documentés, ce n’est pas la nicotine qui en est responsable, mais bien les milliers de substances toxiques inhérentes à la combustion du tabac et aux nombreux additifs ajoutés par les cigarettiers.

En remplaçant le tabagisme par la cigarette électronique, un fumeur élimine ainsi la combustion de l’équation, et donc tous les composés nocifs présents dans la fumée de cigarette. Pour rappel, depuis 2015, le vaping est considéré comme étant « au moins 95 % moins nocif » que le tabagisme, par le ministère de la Santé britannique.

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Je fais le test


1Kim, M.M. et al. (2023) A systematic review of RCTS to examine the risk of adverse cardiovascular events with nicotine use, Frontiers. Frontiers. Available at: https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcvm.2023.1111673/full (Accessed: April 22, 2023). https://doi.org/10.3389/fcvm.2023.1111673

2, 3Benowitz, Global Forum on Nicotine, 2017

4Clinical Pharmacology of Nicotine, N L Benowitz, Annual Review of Medicine 1986 37:1, 21-32, https://doi.org/10.1146/annurev.me.37.020186.000321

5 Neal L. Benowitz, Nicotine and coronary heart disease, Trends in Cardiovascular Medicine, Volume 1, Issue 8, 1991, Pages 315-321, ISSN 1050-1738, https://doi.org/10.1016/1050-1738(91)90068-P.

6Neal L. Benowitz, The Role of Nicotine in Smoking-Related Cardiovascular Disease, Preventive Medicine, Volume 26, Issue 4, 1997, Pages 412-417, ISSN 0091-7435, https://doi.org/10.1006/pmed.1997.0175.

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