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Médecins et infirmiers : l’avis du HSCP ignoré sur le terrain

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Quelles conséquences pour l’avis que le Haut Conseil à la Santé Publique français a émis sur la vape ? Dans ce texte, le HSCP incitait les professionnels à ne pas la recommander, fautes de preuve. Sur le terrain, face aux constatations des professionnels, il est superbement ignoré.

L’avis qui fait soupirer les pneumologues

Le Haut Conseil à la Santé Publique avait émis, il y a quelques mois, un avis sur la vape qui revenait sur le précédent que les sages avaient publié sur le sujet. Nous vous en avions amplement parlé, tant il avait secoué le monde du sevrage tabagique.

Le Haut Conseil de la Santé Publique dévalide la vape et invalide les études

Ce n’était pas un avis négatif, mais de prudence : ne pouvant pas affirmer scientifiquement et sans aucun doute que la vape était favorable au sevrage, mieux valait s’abstenir de la recommander.

Quelques mois plus tard, quel effet a eu cet avis sur les professionnels ? « Absolument aucun » nous explique un pneumologue dans le Finistère. Avis rejoint par un confrère situé dans l’Aube « je préconisais la vape à mes patients avant, je continue après ».

Les deux médecins se rejoignent sur la justification de cette décision « l’avis du HSCP est basé sur la prudence, une incertitude que la vape aide à arrêter de fumer. Face à nous, nous avons des personnes atteintes par certaines pathologies de l’appareil respiratoire, qui, elles, sont fatales avec certitude. Ajoutez à cela le tabac comme facteur aggravant, et mettre toutes les chances de son côté devient une évidence. Je ne leur fait pas une ordonnance, je leur dit juste que la vape, de ce que j’en ai vu, ça marche pas mal. Et que le tabac les tue. Dans les deux cas, c’est vrai ».

Sur le discours tenu, il est, là encore, identique : « Je n’envoie pas le patient vers une boutique précise, déontologiquement, je n’ai pas le droit de privilégier l’un par rapport à l’autre. Je leur rappelle aussi que ce n’est pas un médicament, mais un produit de consommation courante. Après, tout dépend, mais si pour le patient l’arrêt du tabac est une question de vie ou de mort urgente, je l’oriente aussi vers un confrère tabacologue, qui lui-même approuve et utilise la vape dans le sevrage ».

Les deux médecins lors des échanges avec leurs confrères, ont pu se faire une idée de l’impact de l’avis du HSCP. « Il est quasi nul. Les médecins favorables à la vape le sont resté, ceux qui y étaient opposés n’ont pas bougé d’un iota, seuls quelques uns, qui n’arrivaient pas à se faire une opinion, ont pu basculer, mais sur l’ensemble des praticiens, ils représentent une portion anecdotique ».

Pas de piqûre de rappel pour les infirmiers

La première à donner son avis, infirmière à domicile dans le Finistère depuis une vingtaine d’années, annonce la couleur avant même de prononcer un mot en tirant une bouffée de son Nautilus 3.

« Quand un patient me demande mon avis sur la vape, je lui montre la mienne en lui disant que ça a marché pour moi » explique-t-elle. « Je ne me mouille pas beaucoup, c’est vrai, mais ce n’est pas mon rôle. Ceci dit, je sais que, dans le secteur, la majorité des médecins recommandent la vape aux fumeurs ».

Elle nous indique un article du site Espaceinfirmier.com, écrit en partenariat avec le site Porphyre, destiné aux préparateurs en pharmacie. Dans celui-ci, l’avis du HSCP est d’abord rappelé, puis subtilement décortiqué et remis en question. Ses opposants y ont largement la parole, et, au final, la conclusion est plutôt pro-vape, sans le dire clairement.

Nous avons interrogé quatre autre de ses collègues, en Ardèche et dans le Nord-pas-de-Calais, qui toutes tombent d’accord : « Nous ne connaissons pas une seule professionnelle qui serait assez inconsciente pour dire à un patient qui vape qu’il serait plus prudent de reprendre la cigarette. Nous soignons beaucoup de gens atteints de maladies dues au tabac, et aucun à cause de la vape ».

Si l’échantillon est trop faible pour être représentatif, force est de constater que l’impact de l’avis du HSCP chez ces professionnels en contact avec les patients est quasi-nul. Il n’est pas extravagant d’imaginer que ces avis reflètent assez bien la situation générale.

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