Le tabac chauffé

Recul des ventes, demande des consommateurs, réduction des risques, réajustement de l’image, autant de raisons pour Big Tobacco d’entrer dans le champ des produits dits à risques modifiés ou réduits par la porte du tabac chauffé.

Feuille de tabacSous la pression du marché les géants du tabac investissent massivement depuis quelques années dans la mise au point de nouveaux produits afin de proposer aux fumeurs de nouvelles façons de consommer le tabac. Affichant l’ambition d’un monde « sans fumée », les plus grands cigarettiers évoquent la fin de la combustion et promettent un avenir où le tabac ne sera plus brûlé mais chauffé.

A les écouter, d’ici quelques années, les consommateurs n’inhaleront plus de fumée mais des aérosols produits par différentes techniques de chauffe du tabac. Brandissant leurs propres études les fabricants affirment que ces aérosols sont moins nocifs que la fumée de cigarettes résultant d’une combustion aux environs de 800°C. Celle-ci est tenue responsable de la production des agents délétères de la cigarette, une soixantaine sur plus de sept mille sont des cancérogènes avérés.

Contrairement aux vaporisateurs personnels, avec les dispositifs de tabac chauffé, arômes et nicotine sont libérés par le tabac dans l’aérosol au moment où il est chauffé. Les dispositifs de vapotage traditionnels chauffent des e-liquides nicotinés (ou non), généralement aromatisés et ne contiennent pas de tabac. 

A ce jour plusieurs grands types de techniques ont été testées et développées, ainsi, la notion de tabac chauffé recouvre plusieurs procédés qui font appel à des plages de températures très variées. Elles sont propres à chaque système et à chaque fabricant.  C’est une chose importante à avoir en tête en abordant les études et les analyses des émissions car avec des procédés aussi différents ce qui sera valable pour un dispositif ne le sera probablement pas pour un autre, attention aux amalgames.

Chauffage par contact

Le premier type de procédé consiste à chauffer le tabac par contact. Un stick, qui s’apparente visuellement à une cigarette, vient se planter sur une lame chauffante directement en contact avec le tabac. La température nécessaire pour produire l’aérosol est comprise entre 250 et 350°C. 

C’est la solution mise en oeuvre par Philip Morris International (PMI) pour son produit phare l’iQOS et retenue par British American Tobacco (BAT) pour la GLo.

Chauffage par un flux d’air chaud

Une autre technique, consiste à créer un flux d’air chaud qui passe à travers une capsule de tabac pour en capter la nicotine et l’arôme.

L’hybridation : chauffage par vaporisation d’un liquide

Une troisième technique dite hybride, consiste à vaporiser un liquide. La vapeur produite traverse une capsule contenant des granulés de tabac pour l’aromatiser. Selon les industriels, le tabac est chauffé à trente degrés.

La Ploom Tech développée par Japan Tobacco International utilise ce procédé ainsi que la glo iFuse de BAT. A l’annonce du produit, ce fabricant présentait son dispositif comme “un nouveau produit hybride combinant la technologie de l’ e-cigarette et le tabac” qui serait “sans impact sur le potentiel de réduction  des risques“.

Exception notable, Imperial Brands (ex Imperial Tobacco) n’investit pas dans ces procédés et reste à ce jour concentré sur la Blu, cigarette électronique traditionnelle, via sa filiale Fontem Ventures.

L’iQOS, produit phare de PMI

Avec son système iQOS, Philip Morris International a largement contribué à la notoriété du concept de tabac chauffé et son potentiel de réduction des risques. Avec la publication des toutes premières études indépendantes, débats et polémiques émergent . Il est encore trop tôt pour affirmer de façon certaine et quantifier la réduction des risques associée à l’iQOS face à ceux encourus en fumant.

Tabac chauffé et cigarette électronique : des produits différents

La confusion entre tabac chauffé et cigarette électronique est régulièrement entretenue par l’industrie du tabac. Un Comité scientifique international fondé par Riccardo Polosa met en garde. L’OMS qui surveille les produits du tabac les sépare clairement des dispositifs de vapotage.

Japon : premier bilan sur l’intérêt pour le tabac chauffé et sa prévalence

Trois ans après l’introduction de l’iQOS sur le marché nippon, une première étude dresse le bilan de l’intérêt porté par les Japonais au tabac chauffé et sa prévalence.

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