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La purge des vidéos de vape sur YouTube : info ou intox ?

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Y a-t-il une purge antivape sur YouTube ? Le bruit court depuis plusieurs semaines que la plate-forme vidéo fait la guerre aux reviewers, alors que, paradoxalement, ce média est sans doute l’un de ceux qui a le plus contribué à faire basculer les fumeurs vers le vapotage. On démêle le vrai du faux.

La vape a peur

La rumeur est partie comme une traînée de poudre il y a quelques semaines : YouTube ferait la guerre à la vape. Plusieurs chaînes de reviewers auraient sauté, et d’autres seraient en sursis. 

Force est de constater qu’à part quelques obscurs chroniqueurs, la plupart américains, il n’y a rien à signaler de flagrant pour le moment. A l’heure où cet article est écrit, l’émission OneShot a bien eu lieu en direct, et Mark Todd vient de mettre une review en ligne.

C’est d’autant plus extraordinaire que la YouTube est un important pourvoyeur de vidéos de vape, et que la plate-forme vidéo a sans doute contribué largement au succès de la e-cigarette. C’est un marché de taille : certes, aucune chaîne, prise individuellement, ne rapporte assez d’argent pour que le reviewer en vive, exception faite de Rip Trippers. Mais, dans le même temps, le nombre très important de spécialistes de la vape fait que c’est une opération rentable pour YouTube en termes de publicité.

En réalité, tout ceci n’est que l’histoire d’un gigantesque malentendu, qui ne nous concerne, au final, que très peu.

Sur un malentendu, bonsoir

Tout commence aux États-Unis. Dans la patrie de l’Oncle Sam, le succès de la Juul inquiète, particulièrement auprès des jeunes. Réelle ou supposée, l’inquiétude a contaminé des millions de parents américains terrifiés à l’idée de voir leurs bambins dodus vaper à la sortie du fast food.

Les associations antitabac et antivape ont donc saisi la FDA (Food and Drug Administration) du dossier, sachant que, outre-Atlantique, le succès de la Juul est colossal : presque 55 % du marché américain, selon The New Yorker.

La FDA, à son tour, a prévenu les médias, dont YouTube, que tout ce qui était assimilable à de la publicité pour Juul ne serait pas toléré.

La plate-forme vidéo a donc traqué et sanctionné toutes les chaînes de vape qui proposaient une review de la Juul, à ce seul motif. Dégâts collatéraux, quelques chaînes qui proposaient des revues sur des produits au CBD ont, elles aussi, été sanctionnées. Ces quelques chaînes avaient la particularité d’assimiler le CBD au cannabis, selon divers forums britanniques et américains.

Pas de craintes à avoir

Pour un reviewer qui se tiendrait à l’écart de Juul et du CBD, donc, il ne devrait pas y avoir de problèmes. La preuve, c’est que les chaînes ciblées ont toutes en commun le fait d’avoir parlé de Juul ou d’avoir abordé de manière un peu trop récréative le sujet du CBD.

Si YouTube avait voulu frapper un grand coup contre la vape, ce ne seraient pas quelques reviewers obscurs qui auraient été impactés, mais la plate-forme de streaming aurait directement frappé les chaînes les plus connues. A l’heure ou j’écris ces lignes, Phil Busardo, Mark Todd, RIP TRippers ou le Vaping Biker sont toujours en ligne et ne semblent pas se porter trop mal.

La plate-forme de Streaming est avant tout, il ne faut pas l’oublier, une entreprise commerciale : elle ne se nuira pas à elle-même pour des questions idéologiques. Les vidéos de vape sont lucratives, parce qu’elles sont nombreuses, consultées, et représentent un potentiel important pour diffuser des publicités ciblées.

Il s’agit donc d’une réponse spécifique à une situation précise. Si demain un mouvement puritain d’envergure menaçait YouTube de boycott, peut-être les choses évolueraient-elles. Mais cela implique une action de masse, que même les plus virulents antivape ont du mal à fédérer, et une alternative crédible sous forme d’un concurrent puissant, ce qui n’est pas prêt d’arriver, semble-t-il.

Bref : ne parlez pas de Juul sur YouTube, et vous ne risquez pas grand-chose.

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