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France : des spécialistes reprochent au HCSP sa position sur la cigarette électronique

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Pour eux, refuser la vape comme aide au sevrage tabagique mais accepter la vaccination contre la COVID-19, est contradictoire.

Le principe de précaution uniquement lorsqu’il arrange ?

Le 4 janvier dernier, le Haut Conseil à la Santé publique (HCSP) publiait son avis sur la cigarette électronique. Actualisant ainsi ses premiers avis qui commençaient à vieillir puisque datant de 2014 et 2016, il les modifiait profondément en indiquant que, désormais, il recommandait aux professionnels de santé de ne pas conseiller à leurs patients d’utiliser un produit de la vape dans le cadre d’une volonté de sevrage tabagique. Ces derniers devant s’en tenir à des traitements médicamenteux ou non, ayant prouvé leur efficacité. Quelques jours plus tard, le professeur Dautzenberg, expert reconnu dans le domaine de l’arrêt du tabac, s’exprimait dans Le Point afin de faire part de son mécontentement. Il rappelait ainsi que des risques identifiés pour la santé [de la cigarette électronique, N.D.L.R.], il n’y en a quasiment pas. Aujourd’hui, c’est au tour de plusieurs autres experts de s’exprimer à ce sujet, dans une tribune publiée par Le Monde. Dans leur déclaration, les cosignataires font le parallèle entre la vaccination contre la COVID-19 et la cigarette électronique.

Voir tous les signataires de la tribune
Marion Adler, tabacologue, responsable du service d’addictologie de l’hôpital Antoine-Béclère, Clamart, AP-HP, et membre du conseil d’administration de la Société francophone de tabacologie ; Philippe Arvers, addictologue et tabacologue, Observatoire territorial des conduites à risque de l’adolescent, université Grenoble-Alpes, membre du conseil d’administration de la Société francophone de tabacologie ; Michaël Bisch, responsable du département d’addictologie, Centre de psychothérapie de Nancy, secrétaire général du Réseau des établissements de santé pour la prévention des addictions (Respadd) ; Anne Borgne, addictologue, ancienne présidente du Respadd ; Jacques Cadranel, chef du service de pneumologie et oncologie thoracique, hôpital Tenon, AP-HP ; Olivier Cottencin, chef du service d’addictologie, CHU de Lille, président du Collège universitaire national des enseignants d’addictologie (Cunea) ; Jean-Pierre Couteron, psychologue, porte-parole de la Fédération addiction ; Jean-Michel Delile, président de la Fédération addiction ; Laurent Karila, département de psychiatrie et d’addictologie, hôpital universitaire Paul-Brousse, AP-HP ; Béatrice Le Maître, tabacologue, CHU de Caen ; William Lowenstein, addictologue, Président de SOS addictions ; Charles Marquette, professeur de pneumologie, université Côte d’Azur, CHU de Nice ; Phuc Nguyen, addictologue, chef du service d’addictologie du Centre hospitalier de Roanne, et membre du conseil de la Société francophone de tabacologie ; Philippe Presles, tabacologue, membre du comité scientifique de SOS addictions.

Pourquoi la cigarette électronique est 95 % moins dangereuse que le tabac ?

Parmi les vaccins disponibles, les plus efficaces et les mieux tolérés sont issus d’une technologie récente, basée sur l’ARN messager. Une petite partie de la population, et quelques scientifiques assez marginaux, s’oppose à l’utilisation de ces vaccins en raison du manque de recul sur les conséquences au long cours de cette nouvelle technologie, expliquent les auteurs. Ils poursuivent en rappelant que s’il est vrai que nous ne connaissons pas les effets à long terme de la vaccination, la majorité des scientifiques s’accorde à dire que les risques et conséquences au long cours des vaccins seront infiniment moindres que les risques et conséquences de laisser les personnes non vaccinées.

Ainsi, dans le cas présent, l’argument du principe absolu de précaution est considéré par le plus grand nombre comme extrême et délétère (…) et les tenants de cet argument sont tenus pour irresponsables par cette même majorité.

Mais, comme le rappellent les experts, un autre fléau fait rage en France et dans le monde, et ce depuis toujours : le tabagisme. 

Depuis plusieurs années, un nouvel outil de sevrage tabagique a fait son apparition, en l’objet de la cigarette électronique. S’il est vrai que nous ne connaissons pas encore parfaitement son effet à long terme sur la santé, il est désormais certain qu’elle favorise l’arrêt du tabac et évite ses principaux risques, notamment ceux liés aux goudrons, ainsi qu’au monoxyde de carbone et aux autres produits de la combustion.

Comment expliquer alors, malgré ces certitudes et la parution de nombreuses recherches scientifiques allant en ce sens, que le HCSP, sous couvert de ce même principe absolu de précaution pointé du doigt concernant la vaccination, recommande aux médecins de France de ne pas proposer le vapotage à leurs patients ? 

Et les signataires de la tribune avertissent. Si certains détracteurs de la vape pourraient arguer que d’autres solutions existent pour arrêter de fumer, la réalité est que lors de l’utilisation de ces traitements, les taux de rechute sont de l’ordre de 70 à 80 %.

Doit-on alors laisser ces personnes continuer à fumer du tabac, ou bien doit-on raisonnablement leur suggérer d’essayer la cigarette électronique ? s’interrogent les experts. 

Les médecins, mais aussi tous les soignants impliqués dans la prise en charge de l’addiction au tabac (infirmiers, pharmaciens, kinésithérapeutes…), devraient recommander l’utilisation de cette nouvelle approche de réduction des risques auprès des patients, en particulier ceux qui ne veulent pas ou plus utiliser les TNS. La pandémie au SARS-CoV-2 a montré les limites de l’application intransigeante du principe de précaution absolue lorsqu’il faut faire face à un fléau majeur de santé publique, concluent-ils. 

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