Dans son rapport annuel Charges et Produits, publié le 2 juillet 2026, l’Assurance Maladie propose d’interdire la vente de cigarettes aux personnes nées après 2009 pour créer une « génération sans tabac ». Une mesure inédite en France, qui tranche avec l’édition 2025 du rapport, silencieuse sur le tabagisme.
La vente de tabac vit-elle ses dernières années en France ?

L’édition de 2025 faisait entièrement l’impasse sur le sujet du tabagisme. Le mot « tabac » n’était cité qu’une fois dans un paragraphe expliquant pourquoi les recettes de l’Assurance Maladie avaient été limitées. « Les recettes ont été, elles, moins dynamiques. Le contexte macroéconomique a été moins favorable […] et les impôts […] n’ont augmenté que de 2,2 %, en raison notamment d’une faible progression de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et d’un recul des recettes sur les produits du tabac (- 4,2 %). Ainsi, le déficit 2024 s’élève à 13,8 milliards d’euros. »
L’édition 2026 lui consacre quant à elle un paragraphe, principalement axé sur le sujet de la Bronchopneumopathie Chronique Obstructive (BPCO). L’Assurance Maladie pointe que la pathologie est largement sous-diagnostiquée et propose de sortir du modèle « généraliste isolé » au profit d’un dépistage coordonné via les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) et les Infirmiers en Pratique Avancée (IPA). Elle rappelle également que 80 % des cas de BPCO sont liés au tabac, qu’il y aurait environ 3,5 millions de Français touchés, mais que 70 à 75 % d’entre eux l’ignoreraient. Le délai moyen de dépistage, entre le moment de l’apparition des symptômes et le diagnostic serait d’ailleurs de 17 mois.
Les rapports Charges et Produits de la CNAM sont également l’occasion de formuler des propositions. Dans l’édition du juillet 2026, l’Assurance Maladie recommande de « renforcer le financement des actions de contrôle “clients mystères” sur la vente de tabac » et d’interdire « la vente de cigarettes à toute personne née après 2009 » en parallèle d’une meilleure régulation des ventes frontalières.
Le 4 juin 2026, lors d’une émission télévisée diffusée sur LCP, la députée socialiste, Anna Pic, déclarait : « Peut-être qu’il viendra un jour où on ne vendra plus de produits tabagiques [en France] ». Ce rapport de la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie pourrait démontrer que l’idée d’une interdiction générationnelle de la vente de tabac poursuit son chemin dans l’esprit des hautes instances françaises.
La Confédération des Buralistes a réagi en qualifiant cette demande de « fausse bonne idée, profondément inadaptée aux réalités françaises ». De son côté, le cigarettier Philip Morris (PMI) aurait indiqué qu’une interdiction générationnelle du tabac serait « une interdiction spectaculaire » qui « ne remplacera jamais une politique efficace, fondée sur la prévention, le contrôle réel de l’accès aux produits, l’information des fumeurs adultes et la lutte contre les circuits parallèles. »
Dans le reste de l’actualité













