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CBD : Faut-il investir ?

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Suite à la décision de la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) jugeant illégale l’interdiction en France de la commercialisation du cannabidiol (CBD) en novembre 2020, un nouveau rapport parlementaire français incite à assouplir la législation sur le CBD, donnant de l’eau au moulin de la filière. Et si le CBD devenait légal en France, la filière vape aurait-elle intérêt à s’y engouffrer ? Pour faire le tour de la question, nous avons rencontré plusieurs acteurs de ce marché.

Dissipation du flou en vue ?

Le moins que l’on puisse dire, concernant la législation sur le CBD en France, c’est qu’elle nage dans un brouillard à couper au couteau. Une situation quasiment ubuesque, et c’est un rapport parlementaire qui l’affirme. Rendu le 10 février, ce document a été établi par la mission d’information parlementaire sur les usages du cannabis, et formule vingt propositions qui vont dans le sens d’une légalisation de la molécule.

La France finira par bouger sur le sujet, c’est inévitable. Déjà, parce qu’elle est isolée parmi les pays occidentaux qui, tous, ont fait évoluer leur législation en la matière. Ensuite, parce qu’après la crise de la Covid, elle aura besoin de tous les moteurs pour relancer son économie, et que le marché est porteur.

Mais il y a fort à parier que la passion du pays pour l’administration prendra le dessus. En d’autres termes : le CBD ne sera certainement pas proposé en vente libre sans contrôle. Ce qui suscite les convoitises, chacun espérant tirer à lui un avantage de cette normalisation, sous forme de monopole ou, a minima, de distribution privilégiée.

Attention à ne pas y perdre son âme

Les distributeurs de cigarettes électroniques, boutiques spécialisées en ligne ou en physique, ne sont parfois pas les dernières à se lancer dans le domaine, et à se préparer, éventuellement, pour la légalisation nette (par opposition à la situation floue actuelle). Le devraient-elles ? Les arguments contre sont nombreux.

D’abord, elles devraient fuir la mêlée. Industrie du tabac et industrie pharmaceutique sont en pleines grandes manœuvres pour s’approprier ce marché lucratif. L’une comme l’autre ont mal vécu l’irruption de la vape dans le paysage, et plus précisément sur leurs plates-bandes, et voir une nouvelle fois ces avortons s’interposer entre eux et un beau paquet de milliards pourrait les inciter à redoubler d’efforts pour éradiquer une fois pour toutes le vapotage.

La spécialisation, ensuite. L’argument majeur d’une boutique de vape par rapport à tout autre commerce, c’est sa spécialisation. “Ici, on fait du sevrage tabagique”, mais pour faire son loto, son tiercé, acheter ses clopes, son journal, un snack et un carnet de tickets de bus, il faudra aller voir le commerce à la carotte.

L’argument tacite des boutiques de vape, « le sevrage est un métier », perdrait de sa crédibilité en entrant en confrontation avec d’autres commerces, les CBD shops, qui, eux, expliquent que « le CBD est un métier ». À raison, tant le sujet est vaste et demande de l’investissement pour être maîtrisé. Ce serait aller frontalement à l’encontre d’un autre type de commerce, alors qu’une alliance objective pourrait s’avérer plus fructueuse, par le biais d’échange de recommandations, voire de dépôt-vente.

La réputation joue un rôle également. Le CBD est, aujourd’hui, et pour quelque temps encore, assimilé au cannabis récréatif au cœur de certaines populations. L’aspect thérapeutique mettre du temps à s’imposer, à cause d’un principe simple : “si vraiment ça soigne, alors pourquoi ne sont-ce pas les pharmacies qui le vendent ?” Oui, ce sont des préjugés qu’il faut faire évoluer, mais est-ce vraiment le rôle des boutiques de vape ? D’autant que, dans l’intervalle, elles pourraient perdre la réputation de sérieux qu’elles ont péniblement réussi à bâtir.

Se concentrer sur son domaine d’expertise

Et enfin, les boutiques de vape n’en ont pas besoin. La France compte 14 fois plus de fumeurs que de vapoteurs, les perspectives de croissance de ce marché sont immenses, et il y a du travail pour des années. L’intérêt des professionnels de la vape, et particulièrement des représentants chargés de les défendre, serait donc, au vu de tout cela, de chercher à pérenniser et développer leur domaine d’expertise plutôt que d’essayer d’en investir un autre tout aussi aléatoire.

Dans la mêlée qui s’annonce autour du CBD légal, la vape aurait peut-être plus d’intérêt à être dans les gradins en spectateur. 

Antonin Cohen, PDG de Harmony

Pendant plus de 50 ans, son usage récréatif a été diabolisé et cela a grandement limité le développement des autres usages du cannabis.

Où en est actuellement la législation concernant la vente de CBD en France ? Est-il légal de vendre du CBD sous n’importe quelle forme ?

Antonin Cohen : lorsque j’ai lancé Kanavape en 2014, l’usage du CBD était inconnu en France, et au fil des années, les autorités ont adopté différentes interprétations de la réglementation. En novembre dernier, dans le cadre de l’affaire Kanavape, la Cour européenne de justice a tranché : le CBD ne peut pas être classé comme narcotique. Suite à cette décision, les autorités françaises travaillent sur une nouvelle réglementation.

Il est nécessaire de parler davantage des nouveaux usages du cannabis au-delà du THC, dans un esprit scientifique et dépassionné.

Il est important de créer un cadre sécurisant pour les consommateurs et pour les sociétés françaises. La demande pour les produits à base de CBD est en forte croissance, il faut des règles et normes de qualité pour garantir la conformité des produits vendus en France.

La réglementation doit être adaptée en fonction des catégories de produits : vape, cosmétique, alimentaire, fleurs… La commercialisation d’e-liquides au CBD ou de cosmétiques au CBD ne pose pas de problème, à partir du moment où le produit ne contient pas de THC, qu’il n’y a pas d’allégations thérapeutiques, ou d’assimilation au cannabis récréatif.

L’assimilation au cannabis est-elle négative ou positive ?

A. C. : en tant que professionnel, il est important de suivre les indications des autorités compétentes, qui stipulent que les publicités en faveur de produits contenant du CBD ne doivent pas entretenir de confusion entre le cannabis et le CBD, et faire ainsi la promotion du cannabis, pour éviter la provocation à l’usage de stupéfiant.

Personnellement, je respecte les indications des autorités même si je trouve cette situation paradoxale, car le CBD est une molécule issue du cannabis. Le cannabis est une plante utilisée depuis des milliers d’années, mais pendant plus de 50 ans son usage récréatif a été diabolisé et cela a grandement limité le développement des autres usages du cannabis. Le THC est la seule molécule psychotropique du cannabis, et il est important de mieux encadrer tous les usages des molécules psychotropiques.

Cependant, le cannabis contient des centaines d’autres molécules qui ne présentent pas de risques, et des usages très variés. Il est nécessaire de parler davantage des nouveaux usages du cannabis au-delà du THC, dans un esprit scientifique et dépassionné.

Quelles sont les questions de la clientèle ?

A. C. : le CBD a de nombreux usages, mais il y a encore un manque d’éducation et de produits disponibles pour convenir à tous les besoins des clients. Tout dépend du mode de consommation, et du dosage. Certains clients cherchent du CBD à faible dose pour un usage en vaporisation ou bien être, d’autres pour un usage médical dans une dose plus forte. Il faut être prudent dans le conseil au client, pour éviter toute confusion, et respecter la réglementation.

Les plus grandes marques de cosmétiques commencent à l’utiliser dans leurs produits.

Un pharmacien peut éventuellement conseiller ses clients sur un usage médical. Un magasin de cigarette électronique devra se concentrer sur les bénéfices de la vaporisation par rapport à la combustion. Les fumeurs de cigarettes ou de cannabis consomment des e-liquides au CBD pour éviter la combustion ou la nicotine. Il est important de ne pas promouvoir les e-liquides au CBD pour un usage différent, car ce type de produit doit être utilisé uniquement par les fumeurs et les vapoteurs.

Quelle est votre vision du marché ? Quelles sont ses perspectives ?

A. C. : Malgré une réglementation inadaptée, le marché du CBD en France est en forte croissance, et ce n’est que le début. Les usages sont nombreux et correspondent à des besoins larges d’une majorité de la population. Nous attendons en 2021 une nouvelle réglementation qui permettra un développement sécuré du marché, et une forte augmentation de la demande auprès du grand public.

Le CBD est un ingrédient utile dans de nombreux produits de grande consommation. Par exemple, les plus grandes marques de cosmétiques commencent à l’utiliser dans leurs produits. En tant qu’entrepreneur, c’est le bon moment pour se lancer : la demande est forte, le cadre réglementaire s’éclaircit, et l’offre en marques et magasins ne comble pas encore tous les besoins. C’est un marché qui va connaître des taux de croissance très importants ces prochaines années.

Lionel Jean-Marie, directeur de Greeneo

Nous voulons démocratiser le CBD.

Lionel Jean-Marie est le cocréateur de la marque Greeneo, propriété de CBDIS, qui appartient au groupe Levest. Lancée lors du premier essor du CBD vapoté en 2017, elle commercialise aujourd’hui 24 e-liquides, des huiles et de la cosmétique contenant du CBD.

Depuis que la Cour de Justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé illégale l’interdiction en France de la commercialisation du CBD, Lionel Jean-Marie constate une hausse de la demande de produits contenant du CBD.

« La demande est de plus en plus forte. En plus de notre propre marque, nous fabriquons des produits à façon, pour d’autres. La multiplication d’ouvertures de boutiques physiques montre également que les mentalités évoluent. Nous constatons que les nouveaux gérants n’hésitent plus à proposer du CBD sous toutes ses formes, y compris la fleur, pourtant sujet de controverse », constate-t-il.

Les huiles, l’avenir du CBD

Aujourd’hui, la gamme Greeneo revoit son approche tarifaire avec pour objectif de démocratiser la vente de produits contenant du CBD.

« Notre expertise dans le secteur nous a permis de sourcer les meilleures souches au meilleur prix, ce qui va nous permettre prochainement de faire évoluer notre grille tarifaire afin de faire du CBD un produit accessible à tous », affirme le directeur de Greeneo.

« La diversification fait partie intégrante de cette démarche, c’est la raison pour laquelle nous étendrons notre gamme d’huiles et de cosmétiques dans les semaines qui viennent. Aux États-Unis, il semblerait que les e-liquides ne représentent qu’un petit pourcentage des ventes, le reste est en grande majorité occupé par les huiles, les cosmétiques. Ce n’est pas encore le cas en France, mais là aussi nous constatons que les habitudes des consommateurs évoluent.

Les huiles CBD sont de plus en plus utilisées et on peut le comprendre, elles sont accessibles (faciles d’utilisation, pas besoin d’une cigarette électronique pour les consommer) et les nouveaux extraits de chanvre que nous utilisons favorisent un effet d’entourage optimal ».

40 % de chiffre d’affaires

Pour tenter de chiffrer l’explosion des produits au CBD, le cocréateur de Greeneo peut donner un chiffre. En janvier 2021, ses ventes ont augmenté d’environ 40 % par rapport au même mois de l’année passée. S’il fallait trouver des explications à cet engouement, il avance plusieurs pistes :

« Tout d’abord, de nombreuses recherches convergent sur les bienfaits de la molécule. Son efficacité a été démontrée. Cette meilleure connaissance de la plante a permis une évolution des mentalités vis-à-vis du CBD et du chanvre dans sa globalité. Cet état de fait, couplé à l’assouplissement de la législation, a permis l’émergence de nombreux points de vente spécialisés. Les magasins de vape, quant à eux, ont vu les produits à base de CBD prendre de plus en plus de place sur leurs étagères. Enfin, il est probable que le contexte sanitaire des derniers mois ait favorisé l’usage d’une molécule dont les vertus relaxantes et apaisantes sont notoires ».

Selon lui, l’avenir de ce marché dépend du cadre juridique qui est pour le moment encore flou puisque la France n’a pas encore mis à jour sa législation. En revanche, ce qui est sûr, c’est qu’on pourra continuer à vendre des huiles full spectrum, des produits cosmétiques ou des e-liquides, assure-t-il. Concernant, la vente de fleurs elle-même, rien n’est encore acté. Toutefois, tous les espoirs sont permis au regard des dernières décisions de justice rendues.

Florian, directeur marketing de High Society

Le CBD va rentrer progressivement dans les mœurs.

Basée à Marseille, High Society a été créée en 2018. Aujourd’hui, son essor est tellement rapide que Florian (qui n’a pas souhaité que son de famille apparaîsse, ndlr), son directeur marketing, a du mal à donner un chiffre précis concernant l’étendue du réseau.

Nous avons passé la barre des 70 boutiques franchisées en France, précise-t-il. Nous sommes également présents chez les buralistes et nous avons implanté des corners dans les vape shops.

La Covid-19, booster de CBD ?

Dans les bureaux, l’ambiance est dynamique et l’équipe hétérogène. High Society est très impliqué dans les problèmes sociétaux et écologiques. La pandémie de Covid-19 semble être un des éléments de l’accélération du développement du réseau. Aujourd’hui, les gens ont de moins en moins confiance dans les produits chimiques, précise Florian. Face à cette méfiance envers les médicaments, les produits naturels séduisent de plus en plus.

Deux axes de développement : la nature et la relation client

Côté marketing, l’ancien slogan de High Society était Ce que la nature a de mieux à vous offrir, qui est aujourd’hui remplacé par “Let’s grow good things together”, que l’on peut traduire en français par « Cultivons de bonnes choses ensemble ». La pédagogie et le bien-être sont donc les deux axes de développement de ces réseaux de boutiques. Cet axe prend aussi la forme d’un cercle restreint, qui rassemble les clients les plus passionnés. High Society leur propose par exemple de visiter des fermes en Suisse, en Italie ou en Espagne, où est cultivé le chanvre dont est issu son CBD.

« Comme nous sommes présents depuis 2018, nous connaissons très bien le marché, et les personnes qui travaillent chez High Society sont toutes passionnées par le CBD », explique le directeur marketing ». Et nous essayons de retranscrire cette passion à travers les produits que nous proposons en magasin.

Pour le moment, le réseau ne communique pas énormément et préfère développer la relation client et proposer des produits de qualité et du conseil, ce qui lui permet de se différencier.

Qui pousse la porte des boutiques High Society ? Le panel clientèle est assez large. De tout âge, elle va du simple curieux, qui pousse la porte juste pour voir ce que propose une boutique de CBD, aux convaincus, en passant par ceux qui veulent tester les produits pour se faire leur propre avis.

Cynthia Chanteau, gérante de Chemp à Bordeaux

Dans ma boutique, rien ne montre que vous pouvez éventuellement le fumer.

Dans une rue passante d’un quartier chic de Bordeaux, Cynthia Chanteau, ancienne déléguée pharmaceutique, a ouvert sa boutique Chemp en octobre 2020. Elle a découvert le CBD l’année dernière. Le CBD est une super molécule, mais qui n’est pas mise à sa juste valeur, en tout cas sur les boutiques de Bordeaux, explique-t-elle. Elles font plus boutiques de fumeurs de cannabis. Un état de fait qu’elle déplore, puisque selon elle, cette molécule anti-inflammatoire, antistress, qui agit sur le système endocannabinoïde, peut soulager de nombreuses pathologies.

Face à ce constat, elle s’est demandé pourquoi les boutiques de CBD faisaient tant référence au cannabis fumé, avec des décorations qui ne l’attirent pas. Elle s’est alors dit qu’il y avait quelque chose à faire dans ce secteur.

Elle a donc ouvert sa boutique dans un quartier de CSP+, avec de nombreuses petites boutiques dont les clients sont exigeants et payent un prix juste pour un produit de qualité. Elle a fait attention à sa signalétique en évitant de mettre des feuilles de cannabis à l’extérieur. La décoration est très soignée.

« Dans ma boutique, rien ne montre que vous pouvez éventuellement le fumer. Les personnes qui viennent qui ne connaissent pas la fleur pensent que c’est une boutique de déco ». Elle a pris le parti de développer une boutique avec un service de qualité axé sur la santé bien-être avec des produits de culture française biologique, à l’exception des fleurs qui, elles, sont suisses et bio.

Franchiser le concept

Quelle est sa clientèle ? Beaucoup viennent pour des problèmes de stress, de sommeil. De nombreuses femmes viennent aussi parce qu’elles sont atteintes d’endométriose. Pour les anciens, c’est plutôt de l’arthrose, des douleurs musculaires. Ce sont des gens qui veulent se soigner naturellement, autrement qu’avec des anxiolytiques.

Côté business, cette boutique n’est pas la finalité de Cynthia Chanteau. Elle espère ouvrir une deuxième boutique l’année prochaine, puis franchiser le concept. J’ai déjà eu des demandes pour la Guadeloupe, la Dordogne, etc. On pourrait donc bientôt voir fleurir des boutiques Chemp partout en France.

Jean-Pierre Couteron, président de la Fédération Addiction

Nous devons faire place pour d’autres usages !

Quel regard portez-vous sur l’explosion de la vente de produits comprenant du CBD ?

L’humain a depuis toujours cherché, d’abord dans la nature, puis avec l’aide des sciences, dans ses évolutions, des substances pour se sentir “bien”, “mieux” ou même “plus performant”. Accepter ce besoin est un sain principe. Inutile de regretter qu’il ne confie pas au seul “exercice de soi” cette fonction, comme le font certains puristes, car l’excès lui-même est source de risques et problèmes : l’excès de sport, de travail ! Il est donc logique de sortir de cette vision manichéenne du “cannabis” pour en traiter les différents cannabinoïdes selon la pragmatique logique “bénéfice/risque”, et les placer ensuite sur des marchés adaptés à cette évaluation.

Pensez-vous que la légalisation de la vente de produits au CBD est un premier pas vers l’utilisation du cannabis thérapeutique en France ? Puis, comme cela s’est passé dans d’autres États, vers la vente encadrée de cannabis récréatif ?

Selon moi, le cannabis à usage médical est un sujet à lui tout seul : quels sont les cannabinoïdes concernés, et pour quels effets, et donc ici avec quels effets secondaires ? Le CBD vient se placer sur le terrain du confort, du bien-être, il serait en “concurrence” avec l’alcool et autres produits d’usage à la fois banalisé, et pourtant ayant des effets et des risques autres que l’eau de source ou l’air de la montagne. Il devrait donc aider à se reposer, comme le vapotage, l’accès à une politique de régulation des usages, non limitée au binôme médical/pénal qui obsède nos élites : nous devons faire place pour d’autres usages !

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