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Une étude anti-vape présentée à l’European Respiratory Society congress

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Un scientifique exerçant dans une université fondée par l’industrie du tabac, présente cette année une étude anti-vape à l’occasion du 30ème anniversaire de l’European Respiratory Society congress.

Des scientifiques s’attaquent une nouvelle fois au vapotage

Depuis hier et jusqu’à demain, se déroule le 30ème anniversaire de l’European Respiratory Society congress, événement se présentant comme une « vitrine d’excellence dans tout le domaine de la médecine respiratoire ». Réalisé virtuellement cette année, dû à la pandémie de COVID-19 qui continue de sévir à travers toute la planète, il est l’occasion pour de nombreux scientifiques de présenter leurs dernières recherches.

Cette année, parmi les participants, se trouvent le professeur associé d’anesthésiologie, de pharmacologie et de biologie du cancer Sven-Eric Jordt, et le docteur et chimiste analytique, Hanno Erythropel, travaillant respectivement à la Duke University School of Medicine et Yale University.

Les deux hommes ont profité de l’occasion du congrès pour présenter leur dernière étude, ou du moins, un communiqué de presse qui en parle, l’étude elle-même n’étant pas trouvable, comme le rappelle Philippe Poirson, dans son article très complet, traitant du même sujet.

Les scientifiques pointent du doigt le fait que les arômes contenus dans les e-liquides pour vaporisateur personnel se « combinent » à leurs solvants, produisant ainsi de « nouvelles substances chimiques » qui peuvent irriter les voies respiratoires, mais également « entraîner des problèmes respiratoires, cardiaques et vasculaires ».

Une nouvelle qui n’a pas manqué de faire le tour des journaux du monde entier, et plus particulièrement en Italie, ce qui a fait réagir l’association italienne de défense du vapotage, ANPVU (Associazione Nazionale per i Vapers Uniti), qui a demandé le retrait immédiat de l’étude et sa non présentation lors du congrès.

Une étude imprécise, financée par un cigarettier

Pour elle, plusieurs problèmes existent au sein de cette étude.

Elle parle par exemple du fait que si le titre de la recherche scientifique parle des e-liquides en général, il s’avère que l’étude parle en réalité de « substances toxiques créées par le mélange de trois arômes en particulier » (vanille, cannelle et fruits rouges).

L’association met également en évidence le fait que les changements de pression et de rythme cardiaque apparaissent chez des « sujets prédisposés » à ces problèmes. Information qu’elle juge « centrale » mais non mise en évidence comme elle devrait. Un avis partagé par le professeur Fabio Beatrice, directeur du service ORL de l’hôpital San Giovanni Bosco de Turin et du centre anti-tabac Nosocomio, qui parle d’une étude ayant été faite de manière à « exposer les sujets prédisposés à des situations extrêmes pour soutenir une thèse ».

De plus, l’un des co-auteurs de l’étude, le Dr Hanno Erytropel, a expliqué suite à cette analyse que « des niveaux élevés de ces nouveaux composés n’ont jamais été étudiés dans le passé ». Une déclaration fausse pour l’association, qui s’appuie sur les dires d’Alexandre Vedrine, directeur de Gaiatrend, qui rappelle que la question des composés chimiques dans les e-liquides « n’est pas nouvelle » et fait partie intégrante de la vision des meilleures entreprises du marché aujourd’hui. Prenant pour preuve le « cadre de normalisation » actuellement présent sur le marché européen, et qui existe déjà en France.

Et comme si ce n’était pas assez, il s’avère que les e-liquides étudiés pour cette étude proviennent du marché des Etats-Unis, un marché bien moins protégé que celui d’Europe, notamment à cause de l’absence de TPD outre-Atlantique.

Outre ce fait, la méthodologie utilisée afin d’étudier les émissions des e-liquides pose elle aussi problème. En effet, seules certaines rares machines sont capables de reproduire le protocole de vaporisation. Des machines présentes dans seulement quinze laboratoires à travers le monde. Et selon Sébastien Roux, ingénieur chimiste du Centre de recherche et d’innovation pour la vaporisation du Crivape, « à ce jour, nous n’avons vu aucun des auteurs et/ou organismes liés à ce groupe [à cette étude] utiliser ces techniques ».

Enfin, si la Duke University n’est pas nouvelle dans le domaine des recherches scientifiques sur le tabagisme et le vapotage, c’est aussi, comme le rappelle Carmine Canino, président de l’ANPVU, parce que l’université a été fondée par une famille ayant fait fortune dans l’import-export de tabac à la fin des années 1800. Une relation avec Big Tobacco qu’elle a toujours poursuivi, puisque Philip Morris International (PMI) lui versait encore 15 millions de dollars en 2004, afin de créer le Duke Center for Nicotine and Smoking Cessation Research.

L’ANPVU rappelle également qu’à l’occasion du congrès de l’année dernière, un amendement a été voté, introduisant une loi qui interdit la publication d’études scientifiques financées par l’industrie du tabac ou de la cigarette électronique.

Autant d’éléments qui amènent l’association italienne a demandé un retrait immédiat de l’étude.

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