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Comment faire un marché avec un cheval qui vape

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Parfois, un client entre dans la boutique et sait ce qu’il veut. Il le sait avec une précision extrême, et ce qu’il veut, vous le savez, ne l’aidera pas à arrêter de fumer. C’est le moment où vous devez vous rappeler que vous n’êtes pas vendeur, vous êtes conseiller, et que le client n’est pas toujours roi.

J’en parlerai à mon cheval

C’est une expression que quasiment plus personne ne connaît : « j’en parlerai à mon cheval ». Généralement utilisée par des vendeurs ou des conseillers, c’est lorsque le client, avant de se décider, déclare qu’il doit en parler à une tierce personne. Ladite personne n’étant, évidemment pas du métier, juste un quidam avec un avis.

Il n’est pas question, ici, bien évidemment, de la personne qui souhaite en parler avec son ou sa conjointe avant de prendre une décision, ce qui est normal. Quoique, en terme de vape, à moins que le budget du ménage soit très serré, un achat qui permet d’améliorer sa vie en arrêtant le tabac ne sera, en principe, pas mal perçu.

Dans les boutiques de vape, les primo-vapoteurs ont souvent parlé avec leur cheval avant d’entrer. Ce qui donne une situation assez fréquemment rencontrée « mon collègue m’a conseillé un machin qui fait plein de vapeur pour arrêter la clope, plus il y a de vapeur et moins il y a de nicotine, mieux c’est » de la part d’un fumeur qui descend régulièrement son paquet de cigarettes tous les jours (ou tous les deux jours, peu importe).

Ce que disent les spécialistes qui se sont penchés sur la question, et par spécialistes, entendez des médecins, des tabacologues, et autres experts qui ont sérieusement étudié la question, c’est que ce qu’il faut, c’est de la nicotine, autant que nécessaire et aussi longtemps que possible.

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Bref, vous avez face à vous un client qui veut un machin à faire de la vapeur, et qui aurait besoin de tout l’inverse. C’est là qu’il faut vous imposer.

Pourquoi dire non

Évidemment, ce serait beaucoup plus simple de dire oui à votre client, de lui vendre ce qu’il veut et voilà, du bon argent frais dans la caisse, il reviendra quand il voudra vraiment arrêter de fumer. Mais non.

Parce que votre client va continuer de vivre une fois sorti de votre boutique, et de voir des gens. Les gens en question, sa famille, ses amis, ses proches, ses collègues de travail, vont constater qu’il vape et que, pourtant, il continue à fumer.

De deux choses l’une : soit ils ne connaissent pas d’autre vapoteur, et vont potentiellement en conclure que la e-cigarette, ça ne marche pas. Soit ils connaissent un ou plusieurs autres vapoteurs, qui, eux, ont arrêté, et vont en conclure que votre boutique est nulle.

Et surtout, vous allez vite vous tailler une réputation auprès de vos collègues. Parce qu’il arrive que des vendeurs en boutique en recommandent d’autres, lors d’un déménagement, d’un déplacement professionnel ou de vacances, par exemple.

L’art de la négociation

L’immense avantage du métier de vendeur de vape, c’est que vous avez le droit d’engueuler vos clients. Vraiment, ne vous gênez pas. La loi française vous interdit de refuser de lui vendre ce qu’il veut, mais rien ne vous interdit de traiter les amis de votre client d’idiot. Alors, cassez leur la baraque, bien comme il faut.

Vous verrez que dans la plupart des cas, l’ami qui lui a conseillé la machine à vapeur se trouve dans une de ces trois situations :

– Il n’a, au départ, absolument pas le même rapport à la dépendance que le client face à vous (il fumait beaucoup moins, uniquement le week-end, etc.) c’est le « on est tous différents », le cas le plus fréquent et le plus facile à casser.

– Il fume toujours. Là, c’est presque encore plus facile. Demandez juste avec un air d’immense lassitude à votre client « donc, si j’ai bien compris, votre ami qui fume toujours prétend expliquer mieux que moi dont c’est le métier comment vous devez arrêter de fumer ? ». C’est l’équivalent de l’ami divorcé sept fois à qui on demande des conseils pour sauver son couple.

– Il a affectivement arrêté, mais absolument pas avec le matériel qu’il utilise actuellement et pas au taux de nicotine où il se trouve. Et il pense que ce qui le maintient loin de sa dépendance d’antan suffit à faire arrêter tout le monde. C’est le cas un peu moins typique de celui qui a guéri du cancer avec une chimiothérapie lourde et plusieurs opérations qui vient vous expliquer que ce sont l’homéopathie et le yoga qu’il prenait en même temps qui lui ont sauvé la vie.
Évidemment, il ne suffit pas de traiter les amis de votre client d’idiot et de lui faire comprendre qu’il est faible et influençable de boire ainsi leurs paroles. Il faut lui proposer une alternative. Et ce qui marche bien, c’est de lui mettre en main un marché qui vous engage.

Un petit truc que votre serviteur utilise de plus en plus, et qui marche très très très bien, c’est expliquer au client qu’il va juste passer de la cigarette à la cigarette plus la vape avec cette solution, ce qui ne va, tant au niveau de sa santé que de son budget, n’avoir aucun impact. Au lieu de quoi, ce que vous lui proposez, c’est de prendre le set-up MTL très chargé en nicotine dont il a besoin pour arrêter de fumer, et de revenir, une semaine plus tard, acheter ce set-up « joujou » qui fait plein de vapeur uniquement avec l’argent économisé en tabac durant sa semaine. Et pas un sou de plus. 

Faite le calcul de combien il dépense, à peu près, et montrez-lui ce que vous avez l’intention de lui vendre dans sept jours, sans que, dans l’absolu, ça ne lui coûte un rond. Vous verrez que, souvent, on arrive sur des budgets conséquents.

Ainsi, il aura deux set-up : un chargé e la dose nécessaire de nicotine, avec un tirage serré, pour se sevrer du tabac. et un autre avec une résistance monstrueusement puissante pour faire plein de vapeur et gâcher des litres de liquide, quasiment sans nicotine, puisque c’est ce qui l’amuse. Ce qui est toujours préférable que de le voir se promener avec une cigarette dans une main et un TFV12 dans l’autre en disant à qui veut l’entendre qu’il sort de chez vous. 

Évidemment, cela ne fonctionne pas sur tous les primo, ce n’est pas toujours nécessaire ou pas toujours applicable. Mais cela permet d’extirper quelques personnes en plus des griffes de l’industrie du tabac. Et c’est cela qui compte.

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