Des sénateurs américains et un député britannique s’inquiètent des “smart vapes” chinoises, accusées de pouvoir collecter des données sensibles voire servir à l’espionnage. Un nouvel angle d’attaque contre les puffs jetables, après l’écologie et l’attractivité jeunesse ?
Des fonctions connectées qui affolent

Le 4 juin 2026, le tabloïd britannique, The Sun, a rapporté qu’un député a soulevé ce sujet au sein du Parlement au Royaume-Uni. Graeme Downie aurait ainsi exhorté les ministres à enquêter sur les craintes que les vapoteuses connectées à internet puissent servir à des puissances étrangères pour collecter des données sensibles, suivre les déplacements de leurs utilisateurs ou encore les exposer à des cyberattaques.
« À mesure que la technologie intelligente et connectée à Internet devient de plus en plus courante dans les produits du quotidien, nous devons rester vigilants face au risque d’espionnage à distance et d’ingérence par des acteurs hostiles, a expliqué Downie, qui est également président de la Coalition on Secure Technology. Les avertissements venant des États-Unis devraient être un signal d’alarme. Nous devons interdire cette technologie fabriquée en Chine des vapes vendues au Royaume-Uni. »
Aux États-Unis comme au Royaume-Uni, les “smart vapes” sont décrites comme des cigarettes électroniques capables de se connecter à d’autres appareils. Certains de ces produits sont vendus dans de nombreux pays d’Europe et prennent le plus souvent une forme similaire : celle de cigarettes électroniques jetables munies d’un écran, qui proposent différentes fonctionnalités, comme la notification des appels et SMS, la possibilité de déclencher la prise d’une photo à distance, etc. En France par exemple, ce secteur est majoritairement occupé par le fabricant JNR.
Jusqu’à présent, les puffs étaient montrées du doigt pour deux raisons : leur coût écologique, inhérent à leur statut jetable, et leurs fonctionnalités subsidiaires au vapotage, régulièrement accusées d’être attractives pour un public jeune. La protection des données personnelles est-elle sur le point de devenir un nouvel argument contre les vapoteuses jetables ?
Pour Pascal Bardot, directeur marketing et e-commerce chez Ecigplanete, en France, le sujet n’est pas là. Considérant le cas des puffs comme « extrêmement sensible », il souligne que ces produits modifient en profondeur le marché du vapotage et qu’aujourd’hui, pour de nombreux revendeurs et grossistes, la « course à la puff » est devenue synonyme de « vie ou de mort » pour les entreprises.
Il s’inquiète également de la situation des fabricants d’e-liquides que les vapoteuses jetables court-circuitent. Lorsqu’un vapoteur, ou un fumeur désireux de transitionner vers la vape, se procurent une puff, il achète un matériel fabriqué en Chine, dont l’e-liquide est également chinois.
« Aujourd’hui, et demain plus encore, les nouveaux entrants dans la vape qui ne sont pas forcément accompagnés pour leur sevrage tabagique risquent de se tourner vers cette solution qui peut paraître simple, mais qui n’est pas forcément adaptée à leur besoin », conclut-il.
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