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France : rapport de l’OFDT sur l’évolution du vapotage chez les jeunes entre 2014 et 2024

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Dix ans après les premières données sur le vapotage adolescent en France, l’OFDT dresse un bilan contrasté : l’expérimentation de la cigarette électronique progresse au lycée, mais le tabagisme quotidien a été divisé par trois depuis 2018. Une lecture attentive du rapport révèle toutefois plusieurs limites méthodologiques.

Ce qu’il faut retenir

    • L’expérimentation de la cigarette électronique au lycée est passée de 35,1 % à 46 % entre 2015 et 2024, avec de fortes inégalités selon la filière (41,5 % en lycée général, 58,7 % en lycée professionnel) ;
    • Le vapotage quotidien chez les lycéens a plus que doublé entre 2018 et 2024, passant de 2,8 % à 6,8 % ;
    • Dans le même temps, le tabagisme quotidien a été divisé par trois, passant de 17,5 % à 5,5 % ;
    • Entre 2018 et 2022, les lycéens qui ont arrêté de fumer ne sont pas devenus vapoteurs : ils sont devenus non-consommateurs ;
    • En 2024, près de la moitié des lycéens fumeurs quotidiens vapotent également, contre 11 % en 2018 ;
    • Les puffs ont constitué une porte d’entrée vers la cigarette électronique : 87,5 % des collégiens expérimentateurs de vape avaient utilisé une puff.

La vape progresse, le tabac recule

Le 29 avril 2026, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) a publié son rapport sur l’évolution du vapotage chez les collégiens et les lycéens entre 2014 et 2024.

Le rapport commence par souligner une diminution de la part des collégiens qui ont expérimenté la cigarette électronique, passant de 26,8 % en 2014 à 19 % en 2024. L’expérimentation a par contre augmenté chez les lycéens, passant de 35,1 % à 46 % entre 2015 et 2024. Comme pour le tabagisme, des inégalités existent. Par exemple, l’augmentation de la part des lycéens ayant expérimenté le vapotage est trois fois supérieure en filière professionnelle qu’en filière générale.

L’usage quotidien de la cigarette électronique suit le même schéma. 11,1 % des lycéens inscrits dans un lycée professionnel utilisaient tous les jours une cigarette électronique en 2024, contre 5,3 % des élèves scolarisés dans un lycée général ou technologique.

Concernant le tabagisme, les données fournies dans ce rapport de l’OFDT sont floues, puisqu’il ne sépare pas les deux produits. Il se contente de souligner qu’en 2024, « près d’un lycéen sur dix (9,5 %) déclare un usage quotidien de cigarette de tabac et/ou de cigarette électronique » et que 2,6 % sont des vapofumeurs. À titre de comparaison, ils étaient respectivement 8,6 et 1,2 % en 2022. L’Observatoire explique que cette hausse est exclusivement due à l’augmentation de l’utilisation de la cigarette électronique, rappelant qu’entre 2018 et 2022, le tabagisme seul a fortement diminué, passant de 17,5 à 6,2 %, puis 5,5 % en 2024. Soulignons d’ailleurs que ce chiffre diffère légèrement de celui du rapport EnCLASS publié en février 2026, qui indiquait 5,6 %.

L’une des phrases-clés de ce rapport est probablement celle qui suit ces chiffres. L’OFDT indique que « la progression de l’usage quotidien de cigarette électronique entre 2018 et 2024 ne vient donc pas remplacer la consommation quotidienne de tabac – en forte baisse sur la période –, notamment grâce à l’augmentation de dix points de la part des lycéens qui n’étaient ni consommateurs de tabac ni utilisateurs de cigarette électronique entre 2018 et 2022 ». Autrement dit, les jeunes ne sont pas simplement passés du tabagisme au vapotage, ils sont devenus non-consommateurs. Du moins, pour la période 2018-2022. Entre 2022 et 2024, le vapotage est reparti à la hausse, passant de 3,8 à 6,8 %, alors que le tabagisme a continué de diminuer, mais plus lentement.

L’autre élément à souligner concerne les lycéens fumeurs. En 2024, ils étaient de plus en plus nombreux à vapoter en parallèle. En 2018, 11 % des fumeurs quotidiens (1,9 % de 17,5 % de fumeurs) vapotaient aussi. En 2024, ce chiffre est passé à 47 % (2,6 % de 5,5 % de fumeurs). Le nombre de fumeurs quotidiens a donc drastiquement diminué, mais les lycéens fumeurs qui restent sont de plus en plus vapoteurs également. Ces chiffres indiquent-ils une substitution progressive du tabagisme vers le vapotage chez les lycéens ? Le rapport de l’OFDT ne permet pas de l’affirmer. En revanche, l’augmentation parallèle du nombre de vapoteurs exclusifs, passé de 0,8 à 4 %, pourrait l’indiquer. Soulignons toutefois que ces dernières données désignent simplement les vapoteurs qui ne fumaient pas au moment de l’enquête, ce qui inclut aussi bien d’anciens fumeurs que des personnes n’ayant potentiellement jamais fumé, sans que le rapport permette de les distinguer.

Les puffs, une porte d’entrée vers le vapotage

Dernier point à noter, l’OFDT indique dans sa publication qu’en 2024, 16,6 % des collégiens et 39,4 % des lycéens avaient déjà utilisé une puff, soit respectivement 87,5 % et 85,5 % des expérimentateurs de cigarettes électroniques.  Collégiens et lycéens étaient aussi 11,5 et 16,6 % à avoir expérimenté la puff sans jamais avoir utilisé de vapoteuse rechargeable, soit respectivement 61,2 % et 36,7 % des expérimentateurs de cigarettes électroniques.

« Ces proportions confirment l’attrait des “puffs” auprès des adolescents, qui ont très probablement constitué une porte d’entrée vers la cigarette électronique, en particulier chez les collégiens. », note l’Observatoire.

Des conclusions qui soulèvent des questions

Dans ses conclusions, l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives note que la diffusion de la cigarette électronique se poursuit chez les adolescents, notamment chez les lycéens. Il souligne que « pour autant, cette diffusion plus importante ne remet pas en cause, pour l’instant, la baisse marquée du tabagisme sur l’ensemble des adolescents. »

L’OFDT note en revanche que « l’usage de la cigarette électronique ne semble pas être un substitut aux cigarettes de tabac, mais apparaît, de plus en plus, comme un produit complémentaire, voire exclusif. » Une affirmation qui interroge, puisque les chiffres communiqués dans son rapport ne permettent pas d’étudier ce point.

Au-delà de ces questions méthodologiques, l’Observatoire alerte sur l’augmentation du nombre de vapoteurs : « Derrière cette diffusion de la cigarette électronique se pose la question d’un marketing en ligne de plus en plus présent et centré sur les plus jeunes, comme cela a été observé pour la “puff”. » L’OFDT souligne d’ailleurs que chez les jeunes qui ont expérimenté vapotage et tabagisme, ils sont de plus en plus nombreux à commencer par la cigarette électronique : ils étaient 28,9 % en 2018 et 39,6 % en 2024.

Les chiffres clés du vapotage des jeunes en France

Indicateur 2018 2024
Expérimentation cigarette électronique — lycéens 35,1 % 46,0 %
Vapotage quotidien — lycéens 2,8 % 6,8 %
Tabagisme quotidien — lycéens 17,5 % 5,5 %
Vapofumeurs quotidiens — lycéens 1,9 % 2,6 %
Vapoteurs exclusifs quotidiens — lycéens 0,8 % 4,0 %
Part des expérimentateurs de vape ayant utilisé une puff — collégiens 87,5 %
Part des expérimentateurs de vape ayant utilisé une puff — lycéens 85,5 %

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