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Michèle, la vape, sont deux mots qui ne vont pas ensemble

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Il y a des personnalités avec lesquelles on n’est jamais déçu, lorsqu’on souhaite faire preuve d’ironie. Michèle Rivasi est de celle-là. Eurodéputée, membre influent d’EELV, elle vient encore de commettre une série de déclarations fracassantes sur la vape.

Le pire et l’inverse 

Michèle Rivasi

L’Eurodéputée Michèle Rivasi a parlé, assez longuement, de la vape dans le magazine Euractiv, média spécialisé dans la politique européenne. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ses déclarations sont dans la droite ligne du dogmatisme et de la faiblesse argumentaire auxquels Mme Rivasi nous avait habitués.

Invitée à réagir sur la place de la vape dans le plan européen de lutte conter le cancer, l’eurodéputée explique que, si la cigarette électronique est effectivement considérée comme un substitut au tabac, alors « nous devons considérer les cigarettes électroniques comme un dispositif médical, au même titre que les gommes ou les patchs qui sont des produits pharmaceutiques ».

Autrement dit, la vape devrait être un monopole pharmaceutique. Ce qui est particulièrement ironique de la part de celle qui s’est attaquée aux connivences entre le politique et « Big Pharma » dans l’appel « Mains propres sur la santé » en janvier 2015. Mais elle n’en est pas à une contradiction près.

Plus loin, elle affirme que « Les arômes et recharges sont un aspect clef » et qu’elle « milite en faveur d’une réglementation contraignante ».

Pourquoi ? À cause de la vague de maladies et de décès de 2019 aux USA, qui « est le résultat d’un trafic de cartouches illicites ». D’après Michèle Rivasi, donc, puisqu’il y a eu un gros problème avec le trafic de produits illégaux, il est urgent de s’en prendre aux produits légaux. Il y a là sans doute une pensée subtile d’une extrême complexité qui n’est, hélas, pas à la portée de nous, simples mortels. Un effort de vulgarisation eût été nécessaire.

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Michèle Rivasi ne voit donc « aucune raison pour que la cigarette électronique bénéficie de réduction ou d’exonération fiscale ».

Et elle conclut, dans une magnifique ultime contradiction, qu’elle souhaite « une analyse poussée des additifs et de leur effet cocktail » et « une interdiction des arômes ». Ça ne va pas être simple, étant donné que les additifs sont aromatiques, de les analyser s’ils sont interdits…

Michèle Rivasi, eurodéputée depuis 2009, précise également que « la vente aux mineurs doit être interdite ». C’est une mesure intéressante, qui peut en effet se débattre, pour parler dans le vide, néanmoins, puisque la vente aux mineurs est déjà interdite par la précédente TPD, pour laquelle Michèle Rivasi avait voté.

Michèle Rivasi, députée antitout

Les prises de position de Michèle Rivasi ne sont pas surprenantes, l’eurodéputée ayant à mainte reprise démontré son engagement contre la cigarette électronique. Il n’y a pas que la vape (et big Pharma selon les circonstances, comme on l’a vu) qui n’ont pas l’heur de plaire à l’eurodéputée.

Ainsi, parmi ses bêtes noires, on trouvera les vaccins, qui selon elle « posent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent », en contradiction avec des décennies de vaccination et d’études scientifiques. Elle s’offrira même le luxe d’inviter au Parlement européen Andrew Wakefield, ancien médecin radié de l’ordre et père du mouvement antivax (auquel nous avions consacré un article).

Des antivaccins aux antivape, la méthode Wakefield se porte bien

Michèle Rivasi est également une fervente supportrice de l’homéopathie, qu’elle souhaite voir enseignée dans les facultés de médecine. Elle oublie au passage que les facultés de médecine enseignent des savoirs démontrés par la méthode scientifique, ce qui est loin d’être le cas de l’homéopathie (et c’est un euphémisme). 

Tout cela démontre que le raisonnement de Mme Rivasi n’est pas perméable à la preuve scientifique. Ce qui est dommage, puisque, dans l’histoire de l’humanité, c’est la seule qui a donné des résultats satisfaisants.

Politiquement, si la tendance conduite par Michèle Rivasi est minoritaire au Parlement, ses positions sur la vape font échos à celles d’autres groupes, et il y a fort à parier que ces tendances sauront oublier leurs différences au moment de voter la TPD. Ce qui ne manquera pas d’inquiéter pour le futur…

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

Sources

L’interview de Michèle Rivasi dans Euractiv

Michèle Rivasi, militante antivax (France Info)

Sur l’efficacité ou non de l’homéopathie (méta-analyse australienne)

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