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Les sophismes des activistes anti-vape

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Sophisme : argument ayant l’apparence de la vérité, mais en réalité faux et non concluant,  généralement avancé avec mauvaise foi afin de tromper ou faire illusion.


Opinion

Mort à la vape ! 

Clive Bates

Plusieurs acteurs mondiaux du monde de la vape se sont réjouis suite aux deux rapports de l’enquête parlementaire australienne récemment achevés. Ces rapports, réalisés par le président du comité parlementaire ainsi qu’Andrew Laming, sonnent particulièrement mal aux oreilles des acteurs de la santé publique du pays. Voici par exemple, les recommandations du président du comité : 

  • Que la nicotine contenue dans les cigarettes électroniques soit exemptée de l’annexe 7 de la norme sur les poisons.
  • L’adoption d’une législation autorisant la vente, l’achat et la détention de cigarettes électroniques avec des restrictions fondées sur celles en place dans l’UE, notamment l’interdiction de la vente de cigarettes électroniques aux personnes de moins de 18 ans, les restrictions en matière de publicité et de emballage étanche et inviolable, limitation de la concentration de nicotine, caractéristiques de sécurité pour réduire les risques d’explosion des piles, étiquetage indiquant les ingrédients contenus dans les liquides des e-cigarettes et mises en garde sanitaires sur les conséquences potentielles pour la santé de l’utilisation de E- cigarettes. En bref, l’adoption de la TPD.
  • La mise en place par le gouvernement australien d’un système de notification pour les produits du vapotage entrant sur le marché ainsi qu’un processus réglementaire pour évaluer et, si nécessaire, limiter la coloration et l’arôme utilisés dans les cigarettes électroniques.

Le second rapport, remis par Andrew Laming, se montre beaucoup plus concis et tient en quelques lignes.

En effet, monsieur Laming se contente de faire part d’une logique qui, pour le coup, peut être considérée comme imparable. 

  • “No-one is trying to live forever; everyone is trying to enjoy the life they have; some people like the drug nicotine or don’t want to quit enough to stop using it; smokers die earlier because of smoke; vaping avoids the smoke problem and does not appear to create new material problems; so it follows that vaping should not be illegal. In fact, it should be encouraged. It really is that simple.”
  • Personne n’essaye de vivre pour toujours. Tout le monde essaye de profiter de la vie qu’il a. Certaines personnes aiment la nicotine ou n’ont pas la volonté nécessaire pour arrêter d’en consommer. Les fumeurs meurent prématurément à cause de la fumée. La vape évite le problème de la fumée et ne semble pas en créer de nouveaux. Donc la vape ne devrait pas être illégale. En fait, elle devrait être encouragée. C’est aussi simple que ça.

Parmi les réactions les plus notables, nous nous intéresserons dans cet article à celle de Clive Bates, qui, pour l’occasion, a publié un excellent article concernant le sophisme dont font preuve la majorité des activistes anti-vape.  Cet article reprend  sept des dix arguments les plus couramment utilisés par les activistes anti-vape, et soulevés par l’ancien directeur de l’association ASH.

Le vapotage ne fait pas partie des problèmes complexes de ce monde

Commençons tout d’abord par un fait. Non, le vapotage n’est pas un problème complexe à traiter. La faim dans le monde, les guerres à travers la planète, le conflit israélo-palestinien, la lutte contre la pauvreté, la désertification des campagnes, le fondamentalisme et j’en passe, ça, ce sont des problèmes complexes à traiter. Le vapotage, offrant une méthode révolutionnaire pour consommer de la nicotine, tout en évitant la combustion et ainsi tous les problèmes de santé liés à cette action, n’est en rien un problème complexe. Le vapotage est 95 % moins nocif que le tabac fumé, un point c’est tout. Rien de complexe là dedans. 

Mais malgré ce rapport du Public Health England, certaines personnes continuent de se battre au quotidien afin d’assassiner la vape, avançant dans la majorité des cas, des sophismes d’un culot sans égal. Voici la liste de sept d’entre eux.

1 – Manipuler la science 

Plusieurs études (dont voici un exemple) ont soi-disant démontré la dangerosité de la cigarette électronique malgré l’absence des principales sources du danger de la cigarette traditionnelle, la combustion et la fumée. Les études mettant en lumière ces dangers imaginaires ont tout simplement été mal réalisées, ne reproduisant, pour la plupart, absolument pas les conditions du vapotage dans le cadre d’une utilisation normale de la cigarette électronique. Voilà ce qui explique les résultats de ces nombreuses études indiquant de fausses mesures du taux de formaldéhyde, ainsi que les affirmations grossièrement exagérées concernant le diacétyle, ou l’apparition de tumeurs chez des souris, entre autres faits aussi alarmants que faux. 

Le problème étant que ces études, aussi biaisées soient-elles, sont régulièrement reprises dans différents médias tels que BFM entre autres, ou aux États-Unis, rien de moins que le New York Times

Alors non, ces études ne sont en rien de la science, comme nous l’explique très simplement Clive Bates, militant indépendant pour la réduction des risques liés au tabagisme : 

“Ne parlons pas de science. C’est une activité «scientifique» – une sorte de marketing social habillé de subventions, d’expériences, de papiers, de journaux, de communiqués de presse et de journalistes scientifiques pour ressembler à de la science. Tous les ornements de la science réelle, mais pas réellement de la science. C’est la science avec un objectif prédéterminé, principalement pour justifier des politiques coercitives et punitives”.

2 – Revendiquer des produits comme étant plus sains, afin de faire plus de mal

Certains activistes anti-vape, bien qu’ils reconnaissent à contre-coeur que la cigarette électronique est moins nocive que la consommation de  tabac, expliquent que, d’après eux, les fumeurs l’utiliseraient simplement afin de pouvoir fumer plus, et augmenteraient donc ainsi, les risques pour leur santé. 

“Les activistes auraient donc besoin de preuves solides pour appuyer l’affirmation extraordinaire et contre-intuitive selon laquelle les fumeurs utilisent des produits plus sûrs d’une manière qui les expose à un plus grand risque ?”

Le point de départ du vapotage n’est-il pas de justement, préserver sa santé ? Les activistes anti-vape auraient donc besoin de preuves tangibles, autres que les dizaines de milliers de témoignages de vapoteurs convaincus, afin de s’assurer que non, les vapoteurs n’utilisent pas la cigarette électronique, moyen de consommer de la nicotine plus sain que la cigarette traditionnelle, afin d’augmenter les risques pour leur santé ? 

Cette mauvaise foi, parfois risible, mais souvent tragique, s’explique très simplement. Le mal, c’est la devise des associations de lutte anti-tabac et anti-vape. Le mal, c’est le fond de commerce de ces associations qui, avec la cigarette électronique, voient leur principal argument partir en fumée. Alors, afin de le conserver, toutes ces associations sautent de joie et partagent en masse chacune des études, aussi biaisées soient-elles, parlant des soi-disant méfaits de la cigarette électronique. Si ces associations se préoccupaient, comme elles le revendiquent, de la santé publique, elles se précipiteraient sur la cigarette électronique et en feraient la promotion, tant ses bienfaits pour la santé sont grands. 

3 – Jouer sur le manque d’étude dans certains domaines

Bien que les activistes anti-vape balayent tout simplement la majorité des études concernant la cigarette électronique, et particulièrement celles mettant en valeur ses bienfaits pour la santé de leurs utilisateurs, cela ne les empêche pas de mettre en lumière le manque d’enquête concernant certains points clés, et notamment celui qui prouve que la cigarette électronique aide à arrêter la consommation de tabac. 

Bien que peu d’études se soient réellement penchées sur cet état de fait, pas besoin d’être un génie pour comprendre que si l’augmentation du nombre de vapoteurs coïncide avec les baisses de vente du tabac, OUI, il y a des chances pour que ces deux faits soient liés. Sauf que voilà, les études scientifiques servant à démontrer ce point sont compliquées à réaliser, et ce pour une raison très simple :  

L’efficacité de la vape concernant l’arrêt du tabac est très compliquée à calculer. Si certaines personnes réussissent à arrêter de fumer dès leur premier jour de vapotage, pour certains, cela demande beaucoup plus de temps. Certains fumeurs essayent le vapotage puis continuent de fumer en même temps, d’autres vapotent un moment avant de revenir à leurs cigarettes traditionnelles, puis retournent à la vape quelques semaines ou mois plus tard. Chaque individu est différent. Réussir à prouver scientifiquement que la cigarette électronique est efficace afin d’arrêter le tabac est compliqué. En effet, les études scientifiques se basent toujours sur le calcul d’un fait, ou d’un résultat, dans un laps de temps donné. Sauf que voilà, ce laps de temps pouvant différer d’un individu à l’autre, il sera très compliqué d’observer son comportement face à la vape, sachant qu’il pourra changer du tout au tout quelques temps plus tard. 

Alors oui, la possibilité de faire de simples sondages existe. Une question très simple “qui a arrêté de fumer grâce à la vape ?” et des milliers, peut-être des millions de vapoteurs, s’empresseront d’y répondre. Sauf qu’un sondage, aux yeux des activistes anti-vape, ça n’a rien de scientifique, et donc aucune valeur. Même si, comme dit précédemment, ces personnes ne se soucient généralement que des études qui les intéressent, et donc celles supposées démontrer un quelconque effet négatif de la vape sur la santé. 

4 – Reconnaître des résultats positifs, mais grâce à une fausse explication

Concernant ce cas, le meilleur exemple possible est probablement l’utilisation du snus en Suède. La Suède enregistre actuellement le taux de tabagisme le plus bas en Europe, et ce grâce au retour en force du snus, ce qui représente une réelle victoire pour la réduction des risques liés au tabac. Le snus fonctionne même tellement bien dans le pays, qu’il vise “une Suède sans fumée pour 2025“. Cependant, plusieurs activistes anti-vape font encore une fois preuve d’un certain sophisme afin d’expliquer ces chiffres. Pour eux, la possibilité qu’un produit en relation avec le tabac ne soit pas aussi dangereux pour la santé que ce qu’ils ont l’habitude de voir, bouscule leur opinion, maintenant bien ancrée depuis plusieurs années. 

Malgré les preuves que le snus est un produit à très faible risque pour la santé et que son utilisation est le cause du très faible taux de tabagisme dans le pays (voir le papier du professeur Robert Molimard, pionnier de la recherche en tabacologie en France – PDF à télécharger), récemment encore, un avocat du Conseil Européen souhaitant l’interdiction du snus sur le continent, a attribué ce fait au très généreux système de congés paternités du pays. D’autres ont quant à eux expliquer que ce taux de tabagisme n’a rien de surprenant et provient directement du relativement faible taux de tabagisme du pays suite à la fin de la seconde guerre mondiale… Des allégations qui parfois sont à la limite du complotisme, vous en conviendrez. 

Pour Clive Bates, ces personnes doivent tout simplement être ignorées et sorties du débat :

“Mon opinion est que quiconque se prononce sur ces questions devrait déclarer son point de vue sur le snus en Suède. S’ils n’acceptent pas ses avantages pour la santé publique, cela signifie que leur points de vue sur toutes les questions connexes doit être ignoré – il s’agit de tester la crédibilité et la sincérité de la personne. S’ils sont dans le déni à ce sujet, alors ils ont un but qui n’a rien à voir avec la santé publique ou le bien-être. C’est une bonne question à poser à quiconque dans le domaine du «contrôle du tabac» – comment expliquez-vous les taux de tabagisme très bas en Suède ? S’ils viennent avec une autre explication que le snus, la conversation devrait s’arrêter là. S’ils ne le savent pas, c’est qu’ils mentent ou font preuve de négligence professionnelle.”

5 – Utiliser les enfants pour combattre la vape

Si la protection des plus jeunes est un argument valide concernant une éventuelle lutte sur plusieurs sujets, les enfants, disons les adolescents, sont aujourd’hui devenus une “arme” à part entière des activistes anti-vape. Qui n’a jamais entendu ces discours clamant que les produits de la vape, leur packaging, les arômes des e-liquides, les designs des étiquettes et j’en passe, sont trop susceptibles d’attirer les enfants. 

Une fois encore, avancer cet argument, c’est faire preuve d’un certain sophisme.

Si la publicité pour les produits de la vape était aussi susceptible de donner envie aux enfants d’essayer de vapoter, comment expliquer que 47.8 %  des adolescents de 17 ans avaient déjà consommés de la marijuana en 2014 (voir rapport de l’enquête ESCAPAD mis en place par l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) – PDF à télécharger) ? Avez-vous vu des publicités ventant les vertus de l’herbe à la télé ? Ou peut-être des panneaux publicitaires dans le métro ? Ou même tout simplement un petit encadré dans un magazine quelconque ? Non. Et pourtant, malgré cette absence totale et complète de publicité pour cette plante, près d’un adolescent sur deux s’est déjà roulé un joint. Ce fait s’explique par un comportement humain et très connu appelé curiosité. Eh bien oui, lorsqu’on est jeune, on est curieux de découvrir tout ce que la vie nous offre, y compris les choses qui nous sont interdites avant notre majorité. 

Une fois encore, le problème provient autant des médias que des activistes anti-vape eux même. Les médias reprenant régulièrement ces fausses informations alarmistes à leur compte, principalement aux USA concernant ce point cependant.

6 – Avancer qu’on ne connait pas les effets sur la santé à long terme  

“Sur la base des preuves actuellement disponibles, l’utilisation de la cigarette électronique de génération actuelle est moins nuisible que la consommation de cigarettes, mais les effets sur la santé de l’utilisation à long terme ne sont pas connus.” – American Cancer Society

Voilà probablement la rengaine la plus connue de tous les vapoteurs. Mais que signifie-t-elle réellement ? Pour Clive Bates, pas grand chose : 

“Pour moi, cela ne sert à rien d’autre que d’induire la peur et la confusion. Tout d’abord, «moins nocif» pourrait signifier quelque chose de 10% moins nocif à 99,9% moins nocif. Si le lecteur perçoit, à tort, que la différence entre le tabagisme et le vapotage est faible, ils seront plus préoccupés par le fait que d’autres risques pourraient renverser ce verdict à l’avenir.”

Alors oui, c’est vrai, il n’y a pas d’études mettant en lumière l’impact de la cigarette électronique sur la santé sur une période de 50 ans (en revanche, une récente étude a été publiée concernant les effets du vapotage sur une durée de 3 ans et demi). Mais pourquoi ? Premièrement, parce que la cigarette électronique est un produit relativement récent et qui est loin d’exister depuis 50 années. Deuxièmement, parce qu’une étude du genre sera extrêmement difficile à réaliser. En effet, quelles sont les chances qu’au niveau éthique, une étude puisse faire vapoter des personnes n’ayant jamais fumé ou vapoté de leur vie, afin de simplement étudier les effets du vapotage sur leur santé ? Il faudrait donc réaliser cette étude sur des personnes vapotant déjà, par leur propre volonté, sauf que voilà, les vapoteurs étant pour l’immense majorité d’anciens fumeurs, il sera impossible de démontrer que les éventuels effets sur la santé seront bien dus au vapotage, et non au passif du fumeur de tabac que le vapoteur fut un temps dans sa vie. 

Cependant, Clive Bates explique, une fois encore, très bien les choses : 

“Pas de données à long terme ne signifie pas «pas de données du tout» ou que nous ne savons rien – en fait, il y a beaucoup de données sur la toxicologie de la vapeur et les expositions subies par les vapoteurs. Tout cela va dans le même sens : une exposition massivement moindre aux agents dangereux, et donc des risques beaucoup plus faibles – le différend légitime étant de savoir si les risques sont inférieurs de 90% ou 99,9%. Alors oui, il y a des incertitudes, mais le fait de déclarer la cigarette électronique comme présentant moins de risques que la cigarette classique est hors de tout doute raisonnable. Certains soi-disant experts affirment que l’identification d’expositions beaucoup plus faibles ne prouve pas un risque moindre. Mais comme le reste du sophisme issu du contrôle du tabac, cela implique qu’ils ont une théorie bizarre et invraisemblable du corps humain qu’ils seraient incapables d’expliquer si on leur demandait.”

Il ajoute : 

“Nous ne connaissons tout simplement pas les effets à long terme” est un fait sur tout ce qui est nouveau, mais un refrain particulièrement fréquent parmi les activistes anti-vape. Mais, étrangement, nous entendons rarement la version plus réaliste de l’histoire qui ressemblerait plutôt à ça : « nous ne savons pas si le vapotage rendra le tabagisme obsolète et sauvera plusieurs centaines de millions de vies, et nous ne savons pas non plus si nos idées réglementaires prohibitionnistes vont empêcher les fumeurs de passer au vapotage et ainsi continuer de voir le tabac faire des millions de morts à l’avenir”.

7 – Abuser du principe de précaution  

Concernant ce point, une fois encore, c’est vers l’Australie qu’il faut se tourner. Rappelons-le, l’Australie fait partie des pays les plus durs en matière de vapotage. Sur l’île, la nicotine y est tout simplement illégale malgré les nombreuses études qui prouvent que non, ce n’est pas la nicotine qui est dangereuse pour la santé

En Australie, les recommandations d’un comité parlementaire (qui ont été écoutées) ont tout simplement proposé l’interdiction des e-liquides nicotinés. Pourquoi ? Tout simplement par principe de précaution. Ces recommandations mettent en avant les dangers du tabagisme que le comité parlementaire aurait “souhaité connaître il y a bien des années concernant la consommation de tabac”. En partant de ce principe de précaution, il leur paraît tout naturel de tout simplement bannir les e-liquides nicotinés du pays, juste au cas-où, et jusqu’à ce qu’ils soient surs de leurs effets sur la santé à long terme. Sauf que voilà, si tous les pays du monde utilisaient à tort et à travers, ce principe de précaution, il n’y aurait jamais d’étude à long terme. Pour Clive Bates, il est dangereux d’abuser de ce principe de précaution : 

“Le principe de précaution n’est pas un laissez-passer pour les prohibitionnistes d’interdire tout ce qu’ils souhaitent en raison des incertitudes résiduelles – l’approche de précaution exige de la discipline et une vision holistique du risque.”

Bref, les activistes anti-vape auront de beaux jours devant eux tant que la mauvaise foi ne sera pas considérée comme illégale. Autant dire que ça ne sera sûrement pas demain la veille. A nous, vapoteurs, de démentir les fausses informations que nous croisons au quotidien, afin de rétablir la vérité. 

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