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L’ecig en 2014, au-delà du sensationnalisme médiatique.

En 2014 les médias s'en sont donné à coeur joie sur le sujet de l'ecig.

En 2014 les médias s’en sont donné à coeur joie sur le sujet de l’ecig.

En 2014, la cigarette électronique a été plébiscitée par des millions de fumeurs, à tel point que “vapoter” a été élu mot de l’année 2014 par “l’Oxford English Dictionary” et fait son entrée dans les dictionnaires Larousse et Robert.

L’année 2014 a aussi été marquée par des annonces sensationnalistes, des titres alarmistes, des positions démagogiques de certains politiciens, des protestations de vapoteurs de plus en plus insistantes, des révélations scientifiques importantes noyées au milieu de parutions frileuses voire malhonnêtes.

Les messages brouillés et alarmistes incitent les non-vapoteurs à la méfiance envers le produit et instillent le doute dans les cercles de santé et de réglementation.

2014, une année de réglementation

Alors que le risque de voir la cigarette électronique réglementée comme un dispositif médical s’éloigne dans la majorité des pays, des projets de réglementations similaires à la réglementation du tabac sont en préparation.

En Europe, la directive tabac, dont l’article 20 traite de la cigarette électronique, a été promulguée en avril. La transposition est en cours dans chacun des pays membres : elle est déjà en oeuvre aux Pays-Bas. Les états ont jusqu’au mois de mai 2016 pour l’appliquer.

Au Royaume Uni, un fabricant a été autorisé à contester juridiquement l’article 20 de la directive. Des actions similaires sont déjà annoncées, en France notamment, dès que la directive sera transposée en droit national. Toutefois, l’industrie doit se préparer à la mise en oeuvre concrète de la directive européenne à partir de cette année : ces procédures judiciaires dont l’issue n’est pas certaine n’aboutiront pas avant 2016.

Aux États-Unis aussi, le processus de consultation publique mené par la FDA (Food and Drug Administration) a déchaîné les passions. La réglementation pourrait n’aboutir que dans deux ans, voire plus. Compte tenu de la quantité des contributions, il est difficile de se faire une idée de ce qui en sortira, mais de nombreux spécialistes parient sur une réglementation similaire à celle des produits du tabac. Pour l’heure, et pour les deux années à venir, les décisions d’encadrement sont locales (états et municipalités) et concernent essentiellement l’usage de l’e-cigarette dans les lieux publics, les modalités de vente ainsi que d’éventuelles taxes.

Au cours de sa dernière conférence COP6 à Moscou, l’OMS peu favorable à l’e-cigarette, a émis des recommandations, qui n’ont aucun caractère obligatoire. Cependant, la désapprobation affichée pourrait permettre à des pays, tel que l’Inde, de légitimer une décision d’interdiction pure et simple de l’e-cigarette.

La fiscalité est un bon indicateur des intentions des états. L’Italie, par exemple, pour taxer l’e-cigarette envisage une catégorie de produit séparée. En autorisant sa publicité, le gouvernement reconnaît implicitement qu’elle n’est pas un produit du tabac.

Par ailleurs, la définition de normes et standards pour l’e-cigarette s’est accélérée en 2014, en particulier en France et au Royaume-Uni mais aussi aux Etats-Unis.

Dans le reste du monde, les questions de réglementation devraient s’éclaircir au Canada et il est très probable qu’au moins un pays (moyen ou grand) interdise purement et simplement l’e-cigarette. Enfin, beaucoup de pays les taxeront.

Les tendances mondiales du marché

Les systèmes avec réservoirs rechargeables sont maintenant un segment très important des ventes, en parallèle les consommateurs se tournent de plus en plus vers les boutiques spécialisées. En 2015, il faut s’attendre à des regroupements d’acteurs du marché, fabricants, distributeurs indépendants et à la création de franchise de boutiques spécialisée par des géants de la distribution.

Les grands cigarettiers ont accru leur présence à travers des acquisitions et la création de nouveaux produits, tels que Voke et iQOS. Pas exactement des e-cigarettes et bénéficiant d’une certaine confusion, ces produits entrent en compétition avec ces dernières. Pour le cabinet de veille ecig Intelligence, en 2015 ou 2016 on parlera vraisemblablement d’un marché “des alternatives à la cigarette”, l’e-cigarette n’en sera qu’une composante.

Quant à la la science, elle ne répondra pas encore cette année aux questions des effets à long terme, la réduction définitive du tabagisme à l’échelle des populations, pour la simple raison que les réponses nécessitent des études longitudinales à long terme que les chercheurs n’ont tout simplement pas eu les années nécessaires pour mener.

Tout porte à croire que le tapage alarmiste médiatique ne va pas s’arrêter en 2015, mais qu’il n’empêchera pas non plus les anciens fumeurs de continuer à vapoter.

 

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  • Titan

    Nathalie, pour ton dernier paragraphe, je crois que le pire est à venir. Le recul n’est que de 6 petites années dans le meilleur des cas pour quelques timides études, et notre ministère de la santé est en train de tout faire dans l’urgence pour tuer ce recul dans l’oeuf et décapiter dans le principe toute notion “d’étude à long terme”. “Encadrer/taxer/interdire et dénaturer le VP va contribuer à minimiser mécaniquement le phénomène en décourageant les vapers potentiels et en diabolisant les “pro-VP installés” au rang des fumeurs de base. Il sera facile ensuite d’affirmer dans 15 ans que cette “mode/épiphénomène” devenue anecdotique en 2016/2017 n’a pas suscité assez d’intérêt pour qu’on s’en occupe scientifiquement et qu’aucun recul ne peut être comptabilisé comme étant significatif …
    Et tout ça me navre à un point!
    Vive le “consensuel mou” et live with cancer for ever …
    🙁

    • guitou34

      Même, si ça fatigue, il faut continuer notre travail d’information. Le plus gros risque pour la e-cig, c’est les fumeurs eux-mêmes. Big tabaco n’existe que parce qu’on leur achète et nos décideurs sont la parce qu’on les a mis au pouvoir.

      • Titan

        Oui Guitou … Oui mais pas que …
        Notre travail d’information est extrêmement décrédibilisé par certains discours médicaux officiels tendancieux émanant de “spécialistes” désirant conserver leurs subventions, leurs bourses d’étude etc… Et aux dernières nouvelles, je ne suis pas médecin ou pneumologue, ce qui m’a été violemment jeté à la figure ce jour-là.
        Et les BigTobacco existent … parce qu’on leur achète leurs produits … parce qu’on en est physiquement et “physiologiquement” dépendants. Des gros dealers légaux … Légalisés par les Etats soudoyés et corrompus (vive la France!) qui en profitent pour se goinfrer de 80% de taxes …
        Et même si les élus de l’Etat provisoires ne sont là QUE parce qu’on les y a mis (en même temps, pas trop le choix, hein …), ces élus ont largement le temps de faire assez de mal pour qu’on ne s’en relève pas. Et le temps qu’on s’en rende compte, y’aura beaucoup de malheur et de misère installée.