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La complainte de Célidor, pauvre âme errante par un vendredi brumeux

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Vous savez que c’est très mal de juger un homme sur son prénom ? Ceci n’est absolument pas le sujet de l’article du jour, mais un peu, quand même.

Le pianiste parti, il n’y a pas un seul piano au monde qui se rappelle du récital donnéStephen King

Il était une fois

Laissez moi vous raconter une histoire.

C’est l’histoire d’un type lambda, que par commodité nous appellerons Célidor, parce que, d’une, c’est un vrai prénom, et de deux, il nous enseigne que ses parents étaient vaguement cultivés et ne l’aimaient pas spécialement. C’est vrai : Célidor, ça sonne comme un fromage à l’étiquette bucolique, mais qui en vrai est fabriqué dans une usine du centre de la France.

D’ailleurs, vous pouvez vérifier : il n’existe aucun Célidor célèbre.

Durant sa morne existence, Célidor devient fumeur, ce qui arrive même aux gens intelligents, ce qui arrive même aux gens courageux, ce qui arrive même aux gens à la bonté extraordinaire, alors pensez, ce pauvre Célidor n’avait aucune chance.

Et Célidor en a connu, des galères de fumeur.

Célidor s’est retrouvé, un dimanche soir, avec un pantalon et une parka enfilés à la hâte par dessus son pyjama, à errer en voiture dans les rues de sa ville en quête d’un tabac ouvert. Mentalement, il se représente chaque rue, les parsème, de mémoire, de carottes, et calcule un itinéraire qui lui permettra dans un laps de temps le plus court possible de toutes les visiter.

Finalement, il arrivera cinq minutes après la fermeture du seul tabac ouvert après 22 H de la région, et finira par aller négocier avec le portier d’une boîte de nuit le droit d’aller jusqu’au bar de l’établissement acheter un paquet dont le prix amputera considérablement l’héritage que Célidor espérait laisser à sa progéniture.

Célidor est tombé amoureux, un jour. Une jolie histoire, lui et l’élue de son cœur se parlaient doucement et s’effleurant les mains, plongeant leur regard dans le regard de l’autre et y lisant la même passion sereine, pour vous dire, la fille était tellement amoureuse qu’elle parvenait à prononcer son nom sans pouffer.

Et un soir, enfin, le moment vint, Célidor ne se souvient pas qui bougea, légèrement, la tête en premier, mais il se rappelle de ses beaux yeux, qu’il ne cessait d’admirer, se clore au fur et à mesure que leurs visages se rapprochaient, il se rappelle la douceur de ses lèvres, et puis, il se rappelle des premiers mots qu’elle lui dit après leur premier baiser : « euh… Ça t’ennuierai d’aller te laver les dents avant de recommencer ? ».

Célidor, un soir, dans son premier studio de jeune travailleur, était fort aise, il avait une quantité appréciable de cigarettes, dont il avait fait provision avec son premier salaire.

Soudain, alors qu’il s’apprêtait à en allumer une, un minuscule objet jaillit devant ses yeux. La pierre de son seul briquet, en l’occurrence.

Célidor n’en avait pas d’autres, il se remémora dans un gémissement douloureux qu’il avait omis d’acheter des allumettes de ménage, sous le prétexte qu’il n’en avait pas besoin : la petite kitchenette était équipée de plaques chauffantes électriques.

Ne disposant pas de véhicule, et, tout nouveau dans la ville, ne sachant pas où se trouvaient les buralistes ouverts à cette heure tardive, Célidor se lança dans un exercice de science appliquée en essayant d’allumer son tube d’herbe séchée avec une plaque chauffante poussée à fond.

Sa conclusion : oui, c’est possible, mais c’est très long. Au moins obtint-il le privilège de se voir accorder illico un statut de “client V.I.P” chez son fournisseur d’électricité.

Aujourd’hui, Célidor peste et râle. Pourtant, depuis qu’il a écrasé sa dernière cigarette juste avant d’entrer dans une boutique de vape, il y a plusieurs mois de cela, Célidor est heureux. Il sait que les boutiques n’ouvrent pas le dimanche, mais il a toujours, à la maison, une réserve de son produit préféré, et son conseiller lui a appris à avoir toujours un flacon et une résistance dans des endroits stratégiques, sa voiture, son bureau…

Son amoureuse, qui est devenu depuis la mère de ses enfants, ne commente plus jamais son haleine de cendrier froid, et est moins avares de ses baisers. Sauf quand il a mangé de l’aïoli.

Il a un briquet en or sur son bureau et une caisse pleine de Bic dans son garage. Il n’a d’usage ni de l’un, ni des autres.

Et pourtant, Célidor peste et râle, parce que, absorbé par quelconque distraction, il n’a pas fait attention au remplissage de son réservoir et vient de faire un dry hit. Il blêmit, tousse, crache, jure, et finit par maudire sa vape, qu’il la hait en ce moment ! Il la voue aux gémonies et lui souhaite les pires tourments dans l’enfer des produits électroniques.

Oui : Célidor est ingrat, ce n’est pas le moindre de ses défauts. Et il a la mémoire courte, aussi.

La morale de cette histoire : les articles du vendredi sont de retour.

L’auteur s’excuse par avance auprès de tout Célidor qui viendrait à lire cet article.

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