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Agnès Buzyn

Agnès Buzyn

Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé (Photo : Ministère des Solidarités et de la Santé)

Agnès Buzyn est la ministre des Solidarités et de la Santé du gouvernement d’Édouard Philippe. Âgée de 55 ans, elle affiche un parcours de médecin et de professeure d’hématologie. L’ancienne présidente de la Haute autorité de santé (HAS) a déçu la communauté de la vape en affichant son scepticisme vis-à-vis de l’e-cig.

C’est donc un médecin qui succède à la très politique Marisol Touraine au poste de ministre des Solidarités et de la Santé. Professeure spécialisée en hématologie, enseignante et chercheuse, Agnès Buzyn occupait depuis mars 2016 la présidence de la HAS et préside l’Institut National du Cancer (INCa) depuis mai 2011.

Une chercheuse respectée engagée dans la lutte contre le tabac

Agnès Buzyn est issue d’une famille de médecins. Elle a effectué la majeure partie de son parcours de clinicienne hématologue et d’universitaire à l’Université Paris V-Hôpital Necker. Ses travaux en tant que chercheuse ont donné lieu à 150 publications dans des revues scientifiques anglophones.

À partir de 2014, elle a participé activement à l’élaboration du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT). Dans ce cadre, elle avait défendu, sans être écoutée, une importante augmentation du prix du tabac.

Que peut en attendre l’industrie de la cigarette électronique française ?

Une chose est sûre, son combat contre les addictions et le cancer est unanimement reconnu. La Fédération Addiction salue d’ailleurs “ses engagements dans la lutte contre les addictions, fondés sur son combat contre le cancer (…). Son intérêt pour la prévention et son approche résolument scientifique aussi.” En revanche, Jean-Pierre Couteron, président de l’association et l’un des fers de lance français de la réduction des risques (RdR), estime que “la RdR n’est pas la culture de la nouvelle ministre, elle a forgé sa compétence au sein du système de soin.”

Il décrit une professionnelle rigoureuse, engagée contre le tabac, qui a rencontré et soigné les victimes de cette addiction à l’hôpital. Une femme qui privilégie la preuve scientifique, “il va falloir expliquer l’intérêt des approches de la réduction des risques, du vapotage. Mais les données peu à peu s’accumulent en notre faveur”, estime-t-il.

Les professionnels sont refroidis

Le 16 juin 2017, Agnès Buzyn a douché les espérances des acteurs de la vape en exprimant dans Le Parisien son scepticisme vis-à-vis de l’e-cig. Elle a invoqué le “peu de preuves scientifiques pour considérer qu’il s’agit d’un outil efficace” dans la lutte contre le tabagisme.

Avant cette déclaration, les associations étaient plutôt dans l’expectative et lui accordaient le bénéfice du doute, malgré la position inquiétante tenue par la HAS vis-à-vis de la cigarette électronique. Pour rappel, en novembre 2015, alors qu’Agnès Buzyn n’en était pas encore présidente, l’organisme indiquait avoir pris connaissance du rapport de Public Health England, mais considérait que ce dernier ne fournissait pas assez d’éléments pour modifier son avis défavorable à l’intégration de la cigarette électronique dans l’arsenal médical pour l’arrêt du tabac.

La Fivape souhaite à Agnès Buzyn la bienvenue à la tête du ministère des Solidarités et de la Santé, mais fait part de sa “plus grande surprise quant à ses récentes déclarations sur la cigarette électronique. Démarrer son mandat sur une prise de position aussi frileuse sur un sujet dont elle connaît pourtant très bien la gravité nous semble dommageable pour la santé publique.” L’organisation professionnelle estime que “la vape est l’outil numéro 1 de l’arrêt du tabac en France. Si l’approche comportementale et la stratégie de réduction du risque par rapport au sevrage brutal peuvent déplaire, les résultats ne peuvent plus être ignorés.” La Fivape espère qu’à ce titre, la ministre “interagira avec courage et partialité au sein du groupe de travail ’Vapotage’ initié l’année dernière par la DGS”.

Du côté de Sovape, Sébastien Béziau, vice-président de l’association, regrette cette prise de position. “Même si une déclaration de trois lignes dans la presse ne vaut pas une politique générale, nous regrettons qu’elle ait envoyé un signal négatif avant de rencontrer les acteurs de la RdR. C’est dommage”, estime-t-il. Sovape sera présente à la prochaine réunion avec la Direction générale de la Santé, qui se tiendra fin juillet.

L’Aiduce reste optimiste

À l’Aiduce, on est plus optimiste. Pour son vice-président Claude Bamberger, la déclaration de la ministre confirme “la rigidité et l’incompétence de ses conseils”, mais il ne pense pas “qu’elle puisse garder une position aussi radicalisée plus que quelques jours, voire quelques mois, tellement c’est démontré comme faux et que ça couvre un grave échec des actions de son ministère.”

S’il est regrettable d’avoir dû attendre que les élections soient passées pour avoir une clarification de position, maintenant que la ministre a dévoilé son jeu, les acteurs de la vape savent à qui ils ont affaire et chacun devra s’adapter pour remporter la bataille de la lutte antitabac et de la réduction des risques.

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