L’autorité a annoncé le lancement d’un travail d’analyse pour vérifier leur conformité avec la protection des données personnelles.
Souriez, vous êtes filmés

Le modèle MyCheckr Mini, vendu pour environ 300 €, se fait doucement une place chez les buralistes français.
Depuis quelques mois, certains bureaux de tabac de l’Hexagone se sont équipés de caméras destinées à prévenir la vente de produits interdits aux mineurs, à des clients qui n’auraient pas l’âge requis. Fin 2024, on estimait qu’environ 200 buralistes étaient équipés d’un tel système. Il y a quelques jours, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), autorité administrative chargée de veiller à la protection des données personnelles des Français, a indiqué avoir lancé un travail à ce sujet.
Si la commission relève que le recours à ces dispositifs « poursuit un double objectif d’intérêt public : la protection des plus jeunes et la préservation de la santé publique », elle souligne également que leur fonctionnement à l’aide d’un algorithme d’analyse automatisé « n’est pas anodin et peut comporter des risques pour la protection des données personnelles et pour la vie privée des personnes ». Pour cette raison, l’autorité vient de lancer un travail d’analyse en concertation avec tous les acteurs concernés : fabricants des caméras, mais également organisations qui les utilisent, ou qui sont impliquées dans la protection des mineurs, de la santé publique, ou encore des consommateurs.
Cette analyse portera ainsi sur « la conformité de ces dispositifs au regard de la réglementation applicable en matière de protection des données personnelles (RGPD et loi Informatique et Libertés) », et ses conclusions devraient être publiées l’été prochain.
Lors des premières mises en place de ces caméras, Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes, indiquait d’ores et déjà qu’il n’y avait « pas d’enregistrement de données », précisant qu’il ne s’agissait que d’une « lecture des traits du visage à travers l’IA qui dit si vous êtes majeur ou pas ». De son côté, la CNIL émettait quelques réserves, notamment car ces outils pouvaient scanner tous les clients, y compris ceux ne souhaitant pas acheter un produit interdit aux mineurs. « Il y a ainsi une collecte généralisée des données personnelles de tous les clients, alors que la réglementation impose que seules les données strictement nécessaires à l’objectif poursuivi soient collectées », s’inquiétait-elle.
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