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Des nanoparticules de métal ont été trouvées dans des cartouches d’e-cigarettes

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Des nanoparticules de métal ont été trouvées dans les cartomizers d'une marque de cigarette électronique.

Des nanoparticules de métal ont été trouvées dans les cartomizers d’une marque de cigarette électronique.

Dans la série paranoïa, une étude publiée le 20 mars 2013 et réalisée l’année dernière par des chercheurs du département de biologie cellulaire et de neuroscience de l’université de Californie, soulève le danger de très fines particules de métal comprises dans la “bourre” des cartouches de cigarettes électroniques (cartomizer) et qui pourraient se retrouver dans la vapeur inhalée par l’utilisateur. Le risque ? Des troubles et maladies pulmonaires.

La cigarette électronique viendra-t-elle bientôt se positionner dans le rang des produits d’entretiens, du diesel, ou de certains produits cosmétiques bourrés de nanoparticules ? Le magazine greenmedinfo.com émet en tous cas de grosses réserves quant au profil toxicologique de l’ecig pour un usage chronique. De mon côté ce n’est pas ça qui me fera replonger dans le tabac car je sens très bien qu’entre les deux c’est le jour et la nuit niveau santé, mais quitte à vapoter, autant bien le faire et à moindre risques.

Des concentrations de particules égales à celles comprises dans la fumée de cigarettes

Les modèles testés dans l’étude de Williams et al. proviennent d’un leader américain dont la marque n’est pas mentionnée dans le résumé. On peut facilement imaginer qu’il doit s’agir néanmoins d’une marque comme Njoy, V2cigs ou encore Greensmoke.

Le résumé de l’étude étant très technique, je ne vais pas m’amuser à essayer de le commenter, mais la question des modes de fabrication des e-cigarettes par les industriels semble être une nouvelle fois soulevée.

Mise à jour du 10 avril 2013: vous pouvez retrouver une critique de l’étude par le Docteur Farsalinos sur le site E-cigarette Research

Voici une rapide traduction de la conclusion de l’étude :

Le filament, un fil de nickel-chrome, a été couplé à un fil de cuivre plus épais et revêtu d’argent. Le revêtement d’argent faisait parfois défaut. Quatre joints de soudure en étain permettaient d’attacher des fils les uns aux autres et de coupler les fils de cuivre / argent à la chambre à air et à l’embout buccal. Tous les cartomizers avait des preuves d’utilisation avant l’emballage (traces de brûlé sur les fibres et de mouvement électrophorétique de liquide dans les fibres). Les fibres dans deux cartomizers avaient des dépôts verts qui contenaient du cuivre.La centrifugation des fibres a produit de gros granulés contenant de l’étain. Des particules d’étain et les moustaches d’étain ont été identifiés dans le liquide de la cartouche et dans les fibres extérieures. Le fluide du cartomizer contenait des particules d’étain dont les effets cytotoxiques ont été révélés dans des essais utilisant des fibroblastes pulmonaires humains. Certaines particules comprises dans l’aérosol étaient supérieures à 1 um pour l’étain, l’argent, le fer, le nickel, l’aluminium, silicates et des nanoparticules (inférieures à 100 nm) ont été trouvées pour l’étain, le chrome et le nickel.

Les concentrations de neuf des onze éléments testés ont été supérieures ou égaux à des concentrations correspondant à la fumée de cigarette classique. Bon nombre des éléments identifiés dans ces dispositifs sont connus pour provoquer des troubles respiratoire et des maladies.

Voici le tableau qui liste les composés trouvés dans la vapeur avec leurs effets respectifs sur la santé :

Table 1. Elemental abundance in EC aerosol and cigarettes and associated health effects. doi:10.1371/journal.pone.0057987.t001

Table 1. Elemental abundance in EC aerosol and cigarettes and associated health effects.
doi:10.1371/journal.pone.0057987.t001

Vers une amélioration des techniques de production

En tant que produit de consommation la cigarette électronique pose beaucoup de questions auxquelles il est très important de répondre. Il est certain que les méthodes de fabrication doivent être contrôlées et améliorées pour minimiser encore plus les risques pour le fumeur qui souhaite troquer ses cigarettes contre une ecig.

Dans un marché encore un peu “bordélique” (excusez-moi du terme) mais devenant extrêmement dynamique par ses enjeux financiers, il n’est pas rare de voir des orientations techniques découlées directement de retours d’utilisateurs, et cette étude pourrait peut être inverser la balance en ouvrant le pas à une première série de contrôles formalisés. Même si la difficulté technique pour minimiser la diffusion de telles particules ne me semble pas insurmontable, il serait intéressant d’avoir l’avis d’un expert industriel.

La fibre de verre (silica) qui composent les mèches de certaines modèles d’atomiseurs avait déjà fait l’objet de craintes de la part des vapoteurs. Les chercheurs auraient-ils lu les forums ? Notons également que le modèle de cigarette électronique testé ici ne concerne que les ecig de type “mini” qui font souvent l’objet de premier choix pour les vapoteurs débutants.

Mise à jour du 24 mai 2013

Traduction des propos de Brad Rodu (Tobacco Truth)

Comme l’a souligné Michael Siegel de l’Université de Boston, la quantité de métaux délivrés aux utilisateurs d’e-cigarette est inférieur aux expositions quotidiennes permises par l’autorité de pharmacopée américaine (USP) pour les médicaments inhalés.

Williams et ses collègues ont rapporté que 10 bouffées d’aérosol, l’équivalent d’une cigarette, contenaient 0.017 microgrammes (ug, un millionième de gramme) de plomb. Cela signifie qu’un paquet de cigarettes par jour (200 bouffées) contient 0,34 ug de plomb. Selon l’USP, il est permis à un médicament inhalé de fournir jusqu’à 5 ug de plomb par jour pour un homme de 50 kg.

La même chose est valable pour le nickel, le chrome et le cuivre. Pour le nickel, Williams a signalé le niveau d’un “e-paquet” de cigarettes par jour à 0,1 ug, tandis que l’USP permet de 1,5 ug par jour dans les médicaments inhalés. Pour le chrome, Williams a indiqué que les cigarettes électroniques délivrent 0,14 ug, tandis que l’USP permet 25 ug dans les médicaments inhalés. Pour le cuivre, le niveau que Williams a déclarés est de 4,06 ug; l’USP permet 100 ug.

L’étain est un autre métal que Williams a rapporté dans la vapeur d’e-cigarette, à 0,74 ug par 200 bouffées. Les rapports du CDC montrent que la dose journalière moyenne d’étain par inhalation est de 3 ug.

Pour être clair, le problème avec l’étude de Williams n’est qu’il a déclaré l’état de traces de métaux dans la vapeur d’e-cigarette. C’est une information utile. Le problème avec cette étude, comme la plupart des ouvrages de ce genre au cours de ces 20 dernières années, c’est qu’elle a été publié sans contexte. Comme le montre la citation ci-dessus, les e-cigarettes ont été comparées aux cigarettes traditionnelles, sans aucune référence à l’exposition d’autres paramètres d’inhalation et / ou produits.

Une telle diabolisation de l’e-cigarette est inappropriée, et les auteurs et les rédacteurs de revues portent leur part de culpabilité. Un plus grand effort doit être fait pour éviter les biais dans la présentation des données scientifiques, en particulier lorsque la santé publique est en cause.

Références

Metal and Silicate Particles Including Nanoparticles Are Present in Electronic Cigarette Cartomizer Fluid and Aerosol“, Monique Williams, Amanda Villarreal, Krassimir Bozhilov, Sabrina Lin, Prue Talbot – plosone.org, March 20, 2013

Electronic Cigarettes Contain Higher Levels of Toxic Metal Nanopartices Than Tobacco Smoke“, Sayer Ji – Greenmedinfo.com, Tuesday, March 26th 2013

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