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Vape girls : les nouvelles ambassadrices de la vape

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Positions suggestives, profils sexy, photos à moitié nues mais toujours avec une vapoteuse à la main… Voici les vape girls. Des filles, souvent jeunes et jolies, qui usent de leur physique avantageux pour faire la promotion des marques et de la culture vape sur les réseaux sociaux. Retour sur ce phénomène.

Stars des réseaux sociaux et business girls

Une image qui a un prix. Et non des moindres : 500 dollars le cliché, 600 dollars la vidéo d’une trentaine de secondes et jusqu’à 2 400 dollars pour une campagne de 15 photos.

Plus d’un million cinq cent mille. C’est le nombre d’abonnés que comptabilise le profil Instagram de la vape girl Pandora Blue. Cheveux aux couleurs de l’arc-en-ciel, corps recouvert de tatouages et formes généreuses mises en avant par des tenues légères, la “personnalité” de Pandora a fait d’elle une véritable star dans le monde de la vape.

Originaire d’Orlando, en Floride, cette influenceuse est, à l’image des mannequins dans le monde la haute couture, un gage d’assouvissement de la réputation d’une marque dans la culture vape. Chacune de ses photos est likée par des milliers de potentiels clients.

Voilà pourquoi de grosses marques américaines d’e-liquide ayant une réelle communauté qui gravite autour d’elles comme Air Factory E-Liquid (40K abonnés), Solace Vapor (25K abonnés) ou Fuggin Vapor (35K abonnés) s’arrachent ces nouvelles femmes-objets dans l’espoir de voir leurs produits associés à une plante sulfureuse du calibre de Pandora.

Une image qui a un prix. Et non des moindres : 500 dollars le cliché, 600 dollars la vidéo d’une trentaine de secondes et jusqu’à 2 400 dollars pour une campagne de 15 photos.

Avec une moyenne de cinq publications par jour, depuis un peu plus de deux ans, une vape girl comme Pandora Blue a créé un véritable empire lui permettant d’appréhender l’avenir en bleu. Ou en vert, c’est selon.

Cette tendance arrive des États-Unis…

Alors que les vape girls ou vape models commencent tout juste à fleurir en Europe, notamment en Allemagne et en Italie, pour Olivier Médina, fondateur de la marque d’e-liquide BordO2, cette utilisation de l’image de la femme légère à des fins commerciales est déjà bien implantée dans l’imaginaire et la culture publicitaire américaine.

En l’espace de deux ans, la communauté des vape girls américaines, dans la majorité des actrices ou mannequins n’ayant pas réussi à faire carrière, a su attirer plusieurs millions de followers, aux États-Unis mais également à travers le monde.

Un succès planétaire sûrement dû au caractère “très limite” des profils de ces influenceuses car “les mecs ne voient aucun problème à ce qu’un gros mec, bien viril, mange un steak sur le dos d’une fille à moitié nue, pour vendre un produit”, explique Olivier Médina. Ce dernier poussant la comparaison à son paroxysme, “aujourd’hui, aux États-Unis, les castings de vape models sont plus proches du porno que de la publicité”.

… et s’installe en Europe

En pleine période du #balancetonporc, faire poser des filles à moitié dénudées pour vendre de l’e-liquide n’apparaît effectivement pas comme la meilleure des idées.

Une méthode bien loin des mœurs européennes, où l’élégance est reine et le sexy à peine toléré. Sur le Vieux Continent, les profils Instagram des vape models semblent donc plus sages, et pour cause.  

En Europe, “la communauté de la vape est une population dont l’âge tourne autour de la quarantaine, loin du cliché du routier avec son poster de filles à poil dans le camion”, rappelle Sophia, l’une des vape girls les plus influentes de France. “On vise donc quelque chose de moins vulgaire. D’ailleurs, à titre personnel, je refuse de poser nue”.

Autre circonstance atténuante : la conjoncture. En pleine période du #balancetonporc, faire poser des filles à moitié dénudées pour vendre de l’e-liquide n’apparaît effectivement pas comme la meilleure des idées.

L’oncle Sam, lui, n’en a que faire. Preuve en est l’énorme différence de followers entre le profil “hot” de vape girls comme Pandora Blue ou Peachyy et leurs concurrentes, américaines ou européennes, aux profils moins aguicheurs.

La demande crée l’offre

D’ordinaire, l’adage voudrait que ça soit l’offre qui créée la demande. Dans le monde des vape girls, c’est pourtant l’inverse qui se produit. “Nous sommes contactés directement sur notre compte Instagram par les influenceurs pour faire la promotion de nos liquides”, confie Samuel, employé chez le fabricant Eliquid France.

À tel point que les marques comme Eliquid France ou BordO2 trient les candidatures de manière chirurgicale. “Nous ne sélectionnons pas nos influenceurs uniquement par rapport à leur sexe, mais plutôt en fonction de la qualité de leurs photos et de la taille de leur communauté”.

Ainsi, les marques épluchent les comptes pour voir si les photos des influenceurs correspondent à leurs attentes et si le nombre de followers peut avoir un impact sur la diffusion de leur produit. Une fois l’accord verbal passé, les vape girls ou vape models sont entièrement libres du type de photos ou vidéos qu’ils décident de mettre sur leur compte.

Une fois la campagne réalisée, les marques sont à leur tour libres d’utiliser les photos ou non. “C’est un monde rempli de personnalités mégalos, soupire Olivier Médina de BordO2, souvent, on reçoit des photos centrées sur les filles, mais le produit est flou ou à peine visible ou à l’envers”.

Le troc comme monnaie d’échange

En France, et plus largement en Europe, les marques d’e-liquide et de matériel de vape n’optent que très rarement pour le paiement des vape models. En règle générale, les marques envoient une ou plusieurs gammes de liquides aux influenceurs pour que ces derniers en fassent la promotion auprès de leur communauté sur les réseaux sociaux.

Un échange de bon procédé, car la majorité des vape models sont avant tout des vapoteurs. Donc en échange de leur image, ils profitent de produits gratuits. “Une économie non négligeable”, reconnaît la vape girl française Sophia. “D’ailleurs, je n’ai aucune idée du prix qu’il faut demander pour ce genre de prestations. Je le fais vraiment pour m’amuser !” Mais pas de place pour l’amateurisme malgré tout !

Atteinte d’une maladie qui l’empêche de travailler, à 43 ans Sophia est devenue une vape girl à plein temps et compte plus de 18 000 followers. Avec l’aplomb d’une professionnelle, Sophia sélectionne scrupuleusement les produits qu’elle veut représenter. “Je tiens à ne faire la promotion que de bons produits. Pour m’en assurer, je travaille souvent avec les mêmes marques et collabore occasionnellement avec d’autres”.

Même combat pour Christina, une vape girl allemande de 37 ans qui, avec une communauté de 8 000 followers, consacre tout son temps de femme au foyer à promouvoir les produits dérivés des marques de vape de France, d’Autriche, de Suisse et de Chine.

Les hommes ne sont pas en reste

Les termes de vape girls, ou vape models, portent à croire qu’il s’agit d’un milieu strictement réservé à la gent féminine. Et pourtant… les hommes aussi tentent de croquer dans ce gros gâteau.

Bien évidemment, ces derniers ne jouent pas sur le même tableau que leurs consœurs. Pas de poses suggestives, pas de petites tenues, et donc pas de millions de followers.

Les vape models masculins misent plus sur le côté gros bras, grosse barbe et gros nuages de fumée. Des baroudeurs fans de vape, en somme. Une tendance qui commence à se développer, comme le montre le compte du français Michaelrmd, qui comptabilise près de 35 000 abonnés à ce jour.

Un faible impact commercial

“Les abonnés suivent les profils des vape girls pour les filles en elles-mêmes, pas pour nos produits …”

Aujourd’hui, dans le domaine de la vape, les réseaux sociaux sont le meilleur moyen de faire connaître ses produits. “Par rapport à la législation de la publicité dans le monde de la vape ainsi que par rapport au prix de la publicité sur les magazines spécialisés, la communauté est la plus à même de faire la promotion des liquides et surtout de nous faire des retours sur la qualité de ceux-ci”, estime Samuel d’E-liquid France.

Mais l’emploi des vape girls impacte-t-il réellement la vente de produits ? “En aucun cas, affirme Olivier Médina de BordO2. Ce professionnel, qui a déjà réalisé une vingtaine de campagnes avec des vape models, assure que “les abonnés suivent les profils des vape girls pour les filles en elles-mêmes, pas pour nos produits”.

Résultat : aucune augmentation significative de vente d’e-liquide. De plus, l’essentiel des abonnés sont déjà des consommateurs de vape, il est donc très difficile de toucher un nouveau public par ce biais-là.

Mais quel intérêt alors ? Olivier Médina répond sans détour : “Je le fais simplement pour donner une bonne image de mon produit. Lorsque celui-ci est dans la main de jolies filles, c’est toujours mieux que dans la main d’une personne au physique plus ingrat.”


Pandora Blue :www.instagram.com/pandora.blue/
Peachyy : www.instagram.com/___justpeachyy/
Sophia : www.instagram.com/sophia_leblog__/
Christina : www.instagram.com/german_vape_girl711/
Michaelrmd : www.instagram.com/michaelrmd/

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