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Une tombe de fumeur pour enterrer le tabac

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Cette année, comme tous les ans, le Mois Sans Tabac commencera le premier novembre, jour de la Toussaint. Nous vous l’avions fait remarquer, d’ailleurs, dans Vaping Post. Et nous ne sommes pas les seuls à avoir noté cette coïncidence, puisque Funeral Concept, un fabricant de monuments funéraire, propose en cette occasion une maquette de monument pour fumeur, avec un message fort.

 

Un paquet de cigarette mortel

C’est un monument assez étrange, qu’on ne s’attend pas à croiser dans un cimetière : une tombe blanche, unie, dont la stèle frappe de suite : un paquet de cigarettes ouvert, une tige à demi sortie, prête à être allumée.

Une provocation ? La commande spéciale d’un fumeur acrimonieux ? Rien de tout cela : ce monument n’existe pas pour le moment, exception faite des tables à dessin de Funeral Concept, une entreprise vendéenne spécialisé dans la fabrication de monuments funéraires réalisés dans des matériaux différents du granit communément employé par les fabricants, comme l’acier ou le bois.

Cette proposition de Funeral Concept peut surprendre pour une société dont la communication et le catalogue sont basés sur l’apaisement. Nous avons interrogé Emilien Rondard, directeur commercial, pour en savoir plus.

Une tombe de fumeur ?

Emilien, au moment ou la France lance « le mois sans tabac », Funeral Concept sort un monument fumeur. C’est pas un peu de la provocation ? « On peut voir ça comme une forme de provocation, effectivement. Mais l’idée, c’était de faire comprendre que nous ne sommes pas que marchands de monuments, et que nous avons des choses à dire. »

Quoi donc, en cette occurrence ? « Et bien, tu as noté que le mois sans tabac commence, coïncidence, le jour de la Toussaint. Un des grands thèmes classiques, c’est ‘’le funéraire fait de l’argent sur le dos des morts’’, et les raccourcis habituels. Pour nous, c’est l’occasion de rappeler que, dans certains cas, si les morts se retrouvent sous nos monuments avant leur heure, c’est la conséquence de leurs propres choix. »

C’est leur faute si ils sont morts ? « Non, je ne dirai pas ça comme ça. Fumeur moi-même, qui essaie d’arrêter, je sais que le tabac est un piège dans lequel il est facile de tomber. Mais, pour nous, c’est un moyen de rappeler que notre métier, c’est de prendre soin de ceux qui restent, en s’occupant de leur deuil. Avant de nous reprocher de prendre soin du défunt après sa mort, est-ce qu’on a pris soin de lui de son vivant ? »

Mais, pour une société spécialisée dans le funéraire, comme vous, combattre les causes de mortalité anticipée, c’est mauvais pour les affaires, non ? « C’est une légende urbaine. Toutes ces activités, au regard de notre chiffre d’affaire, pour rester pragmatique, sont marginales. Si on ne s’occupait que de personnes âgées qui partent dans leur lit, entourées de l’affection de leur proche, nous gagnerions notre vie. Le message, c’est de dire aux gens « que vous mouriez à cinquante ans d’un cancer du fumeur ou à cent ans de vieillesse, pour nous, ça ne change rien. C’est pour vos proche, que ça change tout. »

Et ce monument, alors, il est pour qui ? « C’est juste une maquette, un support pour un message. Évidemment, il ne sera pas commercialisé. Mais si de le croiser incitait un fumeur à écraser sa dernière cigarette et à se libérer du tabac, ce serait beau, non ? « Une tombe m’a sauvé la vie », on adorerait ça. »