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Un livre, une vape : interview, Christian Carayon, des torrents de talent

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Christian Carayon est une des voix les plus singulières du polar français. D’ailleurs, s’agit-il véritablement de polar ? L’auteur revient avec “Torrents”, une histoire familiale sur fond de meurtres en série et de seconde guerre mondiale. Il répond aux questions du Vaping Post. 

Interview avec Christian Carayon

Vaping Post (VP) : Christian Carayon bonjour, merci de répondre aux questions du Vaping Post. Tout d’abord, pour les lecteurs qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter ?

Christian Carayon (CC) : J’ai 48 ans et je suis originaire du Tarn. Agrégé d’histoire, j’enseigne depuis plus de vingt ans en lycée. Et j’ai le privilège d’avoir publié quatre romans.

VP : Vous venez de publier « Torrents » au Fleuve Noir, que pouvez-vous nous dévoiler de l’intrigue ?

CC : “Torrents” est l’histoire d’un fils qui cherche à mieux connaître son père et d’un père qui apprend à mieux connaître son fils, le tout avec pour toile de fond l’assassinat sauvage de deux jeunes femmes.

VP : Vos romans sont difficile à classer : polar, pour l’intrigue criminelle qui y est développée, roman noir, parce qu’ils sont souvent sous-tendus par un contexte social ou sociétal, historiques, parce que l’histoire n’est jamais loin, et enfin littéraires, parce qu’il y a une recherche esthétique. Et vous, comment les définiriez-vous ? C’est une façon de faire volontaire, recherchée, ou a contraire intuitive ?

CC : Je ne cherche pas à verser dans un genre ou dans un autre. Je crée une histoire et celle-ci emprunte la route qu’elle souhaite. Cela crée un genre hybride où l’intrigue criminelle sert de déclencheur mais pas forcément de fil directeur.

VP : Quelque chose de prépondérant dans vos livres, les paysages et l’attachement aux racines. Pensez-vous que la personnalité des individus soit modelée par les paysages dans lesquels ils ont grandi ?

CC : Les lieux m’inspirent. Mes romans sont tous nés de la découverte ou des souvenirs d’un ou de plusieurs paysages. Je pense que la terre modèle les hommes.

VP : Il y a toujours un aspect « quête initiatique » dans vos livres, des personnages qui règlent leur comptes à travers une affaire avec un passé qui apparaît petit à petit comme illusoire. Il y a une part d’autobiographie là dedans ?

CC : S’il y a bien des éléments personnels dans mes romans, aucun ne parle de moi. Mais j’arrive à un âge où je cherche à me délester de certaines choses du passé. Mes personnages font de même.

VP : Dans « Un souffle, une ombre », vous donnez une vision dure des milieux universitaires. Quelles sont les parts de réalité et de roman ?

CC : Cette vision se base sur des faits réels dont j’ai été directement témoin ou qui m’ont été rapportés. Je me suis ensuite amusé à broder autour d’eux, les exagérant un tout petit peu.

VP : Contrairement à d’autres auteurs de polar, vous n’avez pas repris le personnage de Martial de la Boissière, qui apparaît dans « Le diable sur les épaules » et « Les naufragés hurleurs » (malheureusement, ce dernier n’est plus édité en format papier) pour en faire une série. Par peur de vous voir enfermé dans un personnage, comme Conan Doyle avec Sherlock Holmes ou Michael Conelly avec Harry Bosch ?

CC : J’ai pensé en avoir fini avec Martial et le contexte historique de ses enquêtes. Je tente de faire de chaque roman dans lequel je me lance une nouvelle aventure d’écrivain. Néanmoins, Martial fait une courte apparition dans “Torrents”…

VP : D’ailleurs, vous rencontrez un succès certain, vos livres sont traduits en de nombreuses langues, ça n’a pas donné envie à un éditeur d’imprimer « Les naufragés hurleurs », uniquement disponible en numérique (ce que de nombreux lecteurs ne supportent pas) ?

CC : “Les naufragés hurleurs” seront à nouveau publiés en version papier à l’automne 2019 dans une version revue et corrigée par mes soins. Patience…

VP : Le Vaping Post est un journal qui traite de vape. Fumez-vous vous-même ? Quelle est votre opinion sur la cigarette électronique ?

CC : Je ne fume plus depuis près de quinze ans. Je n’ai pas vraiment d’opinion sur la cigarette électronique qui n’existait pas dans ma vie de fumeur.

VP : Christian Carayon, merci beaucoup pour vos réponses. Le dernier mot vous revient, qu’aimeriez-vous dire aux lecteurs du Vaping Post ?

CC : Ne vous arrêtez jamais de lire.

Torrents de Christian Carayon, l’avis du Vaping Post

“1984. Des morceaux de corps humains sont découverts dans une rivière qui dévale vers la ville de Fontmile. On finit par identifier deux victimes, deux femmes portées disparues depuis longtemps. La peur et l’incompréhension s’emparent des habitants, jusqu’à l’arrestation de Pierre Neyrat, un chirurgien à la retraite. Ce dernier connaissait une des victimes, l’amie intime de son fils. Il a les compétences pour démembrer ainsi les cadavres et un passé trouble. Mais surtout, il a été dénoncé par sa propre fille. 
Bouleversé par ces événements qui réveillent la douleur de la perte de la femme de sa vie et font imploser sa famille, son fils François décide alors de remonter le cours de l’histoire. Car derrière les silences, ce sont les violences de l’Occupation que Pierre Neyrat a tenté d’oublier. 
Mettant ses pas dans ceux de son père, François va reconstituer ce passé dont il ignorait tout, où se sont noués les fils fragiles de son existence.”

Le résumé du nouveau livre de Christian Carayon ne laisse aucun doute : le livre est bien fidèle aux thèmes chers à l’auteur, secrets de famille, la guerre, les paysages. Ici, néanmoins, c’est au second conflit mondial que l’histoire se raccroche, alors que jusqu’ici, l’écrivain s’était surtout attaché au premier. 

Comme toujours, le livre est sublimement écrit, la psychologie des personnages fouillée et l’intrigue excellemment construite. L’auteur n’est pas de ce spécialistes du roman policier qui développent une intrigue juste pour disséminer des indices et conduire le lecteur à sa conclusion. Ici, le développement de l’histoire est prépondérant et mène le lecteur sur des chemins inattendus. 

De cet aspect, Christian Carayon a un raisonnement un peu similaire à celui de Stephen King : une histoire n’est pas un ensemble d’événements qui mènent à une conclusion, elle vaut pour elle-même. Mais, parfois à la différence de King, Christian Carayon n’en oublie pas de soigner son final, inattendu et émouvant. 

Bref, du grand Carayon, mais en existe il de petits ? Un des incontournables de la rentrée littéraire, sans aucun doute. 

Et avec ça, on vape quoi ? 

Avec un livre de Christian Carayon, c’est assez compliqué. On vape en MTL, ça, c’est sûr : il faut du hit qui prend bien à la gorge. Ensuite, on choisit un nouveau liquide, pas son all-day habituel, mais quelque chose que vous serez sûr d’aimer. L’idée, c’est d’avoir quelque chose de savoureux MAIS qui vous sorte de votre zone de confort. Si vous êtes en manque d’idées, le What’s The Flip de Boston Shaker Vape convient particulièrement. 

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