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Test : Iqos Mesh – Philip Morris International

  • Par , le 17/09/2018 à 12h41
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Le cigarettier Philip Morris International (PMI) a lancé sa première cigarette électronique, l’Iqos Mesh. En test au Royaume-Uni, elle est très prometteuse mais décevante sur certains aspects de son utilisation.

L’Iqos en version vape

Parce que son appellation prête facilement à confusion, précisons tout de suite que l’Iqos Mesh est bien un pur produit vape, sans rien à voir avec l’Iqos tabac chauffé. Du moins pour le produit lui-même, les deux étant bien sûr fabriqués par Philip Morris. Une dénomination d’autant plus ambiguë que « Iqos » a été le nom d’un produit pendant des années, et qu’il devient le nom d’une gamme avec le Mesh. C’est un peu déroutant, mais l’Iqos Mesh est bien un vaporisateur personnel. Le plus gros cigarettier du monde a clairement affiché sa volonté de totalement s’orienter vers les produits à risque réduit il y a quelques temps, inutile de préciser l’enjeu potentiel de ce lancement. Pour l’instant, l’Iqos Mesh n’est commercialisé qu’au Royaume-Uni, qui fait donc office de marché test depuis le mois d’août.

Un produit Big Tobacco
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Il est proposé en coffret à £19,99 (soit 22,15 €) avec un adaptateur et un cordon USB pour le recharger, mais sans cartouche de liquide. Un choix à mon sens pertinent puisqu’il permet à l’acquéreur de choisir son arôme sans s’en voir imposer un d’office. D’autant plus que les recharges sont vendues à un tarif étonnant : £2,99 (soit 3,30 €) les deux cartouches de 2 ml chacune. À l’usage, on est donc sur un coût d’utilisation très proche de celui d’un clearomiseur, mais avec un système de pods scellés jetables. Un positionnement très agressif qui pouvait laisser craindre une qualité au rabais, eh bien pas du tout.

Loin de là, même, puisque la réalisation et les finitions de l’Iqos Mesh sont d’un très bon niveau. Le corps de la batterie est réalisé en aluminium pour associer légèreté et solidité, les ajustements sont précis et les surfaces agréables. Le design est sobre et harmonieux, mais à contre-courant de la tendance actuelle avec une longueur de 17 cm tout de même, ce qui risque de ne pas faire l’unanimité. Son volume est dans la moyenne, mais les formats moins longs et plus larges donnent une impression de compacité que celui-ci n’a pas.

Un petit détail qui montre que l’ergonomie a été soignée, la batterie a une surface plate à l’opposé du bouton pour éviter qu’elle ne roule sur une surface plane. On peut donc la poser sur une table, elle ne bougera pas. Bien vu !

La batterie offre une capacité confortable de 900 mAh et se recharge grâce à la connexion USB en 1h30 environ. Une recharge un peu longue par rapport aux standards actuels, mais qui permet tout de même d’atteindre 40 % de l’autonomie en une demi-heure. Une LED indique par son clignotement le niveau de batterie disponible. La meilleure garantie de ne jamais tomber en panne, comme avec tous les modèles à batterie intégrée, reste d’en avoir deux. Un détail important surtout pendant la période de transition, la panne de batterie ou de liquide représentant un gros risque de replonger.

Revue technique

Les caractéristiques essentielles du Iqos Mesh de Philip Morris International

Type de matériel kit débutant
Dimensions mod 170 mm sur 18,5
Batterie 900 mAh
Charge USB
Capacité du réservoir 2 ml
Résistances mesh
Poids du kit 62 g

Le coffret comprend

Iqos Mesh (x1), batterie (x1), cordon USB (x1), bouteille (x1), mode d’emploi (x1)

Le contrôle de la température facile

L’utilisation de l’Iqos Mesh est on ne peut plus simple. L’unique bouton ne sert qu’à allumer la batterie, le déclenchement se fait automatiquement à l’aspiration. Il est très légèrement proéminent, n’a aucun jeu dans son logement et sa LED indique que la batterie est en marche. Une indication importante puisqu’elle se met en veille automatiquement trois minutes après la dernière utilisation. L’idée est probablement d’économiser la batterie, puisqu’il ne peut pas y avoir de déclenchement intempestif dans une poche par exemple, cela n’en reste pas moins souvent agaçant. Il faut systématiquement penser à rallumer sa cigarette électronique à chaque fois que l’on veut vaper, et on se fait avoir une fois sur deux à aspirer dans le vide sur une batterie qu’on a oublié d’allumer.

Mais le point vraiment intéressant avec cette batterie et qu’elle fonctionne contrôle de la température, ce qui présente plusieurs avantages importants. Le premier est la protection du montage en cas de manque de liquide, ce qui permet d’éviter les dry hits. Il est tout à fait fonctionnel, l’Iqos Mesh réduit effectivement la puissance quand le liquide vient à manquer et coupe la vape quand le coton est totalement sec, en évitant ainsi à l’utilisateur distrait l’épouvantable sensation du dry hit en fin de capsule.

L’autre avantage est de maintenir une température de chauffe constante et contrôlée. L’agrément de vape en est sensiblement amélioré par la constance dans la production de vapeur et l’optimisation du rendu des saveurs. Nous en avons expliqué le fonctionnement dans notre dossier sur le contrôle de la température. Il est encore globalement sous utilisé, et l’est principalement par des vapoteurs confirmés sur des box avancées. L’idée de l’implémenter sur un matériel destiné aux nouveaux vapoteurs n’est pas nouvelle, puisqu’on la par exemple vu sur Itaste EZ-TC d’Innokin en 2016, elle n’en est pas moins une excellente initiative de la part de Philip Morris.

Le cigarettier a d’ailleurs un autre argument qui lui est concrètement exclusif en faveur du contrôle de la température, c’est la parfaite maîtrise des émissions de la vapeur. Il est en effet le seul fabricant à disposer d’une structure capable des analyses scientifiques les plus poussées. Appelé le Cube, à Lausanne, c’est un bâtiment d’un coût de 120 millions d’euros abritant un arsenal inégalé de laboratoires dans lequel travaillent plus de 400 scientifiques. Grâce au contrôle de la température dans un système fermé, tous les paramètres de vape sont constants et PMI peut afficher un contrôle total sur la composition de la vapeur produite. Un argument qu’aucun autre fabricant n’a les moyens d’avancer.

Le mesh adapté au MTL

Second élément du kit, les cartouches VEEV suivent la même logique. Leur qualité de réalisation est au-delà de toute critique. Elles sont fabriquées dans un plastique répondant aux normes alimentaires et médicales, n’ont absolument pas la moindre fuite quel que soit la position dans laquelle on les place et sont agréables à utiliser.

Il suffit de les insérer dans la batterie jusqu’à un clic bien perceptible et c’est prêt, et le retrait est tout aussi facile. D’un point de vue fonctionnel, c’est parfait.

À l’intérieur, il est flagrant que leur conception a fait l’objet de beaucoup d’attention. Autant le bricolage affligeant de la résistance de la Blu de Fontem Ventures ne laisse pas le moindre doute sur la priorité donnée à la réduction des coûts de production dans le plus total mépris de la qualité du produit final, autant on ne peut que reconnaître à Philip Morris la volonté de proposer un produit vraiment qualitatif.

Et on remarque surtout la résistance en mesh. Là encore, le principe n’est pas innovant et ce style de résistance est à la mode, mais surtout dans les clearomiseur dédié à une vape à forte puissance. Le mesh de cet Iqos n’a rien à voir puisqu’il forme une trame fine de 16170 microns seulement. Cela permet à la résistance d’avoir une grande surface de 11,7 mm² tout en ne requérant qu’une faible puissance pour chauffer. Elle est bien sûre réalisée en inox pour être compatible avec le contrôle de la température.

Autre argument, toujours dans le cadre du contrôle de la composition de la vapeur, le mesh permet d’avoir moins de variations d’une résistance à l’autre qu’un coil classique.

D’excellents liquides

Troisième et dernier élément du kit, les liquides. Testés sur dripper pour les apprécier dans les meilleures conditions, ils sont bluffants, à la fois vraiment originaux est remarquablement bien conçus. Les recettes sont inédites et vraiment créatives, et les arômes précis, réalistes, naturels et équilibrés même dans les compositions les plus complexes. À vrai dire, j’étais loin de m’attendre un tel niveau, d’autant plus qu’il est homogène sur toute la gamme. Chapeau bas aux aromaticiens qui les ont conçus, ils ont fait un sacré boulot.

Les cartouches VEEV sont disponibles en 6, 11 et 18 mg/ml de nicotine, ce qui devrait en théorie couvrir la plupart des attentes. Au tarif auquel elles sont proposées, il y aurait même de quoi tenter plus d’un vapoteur expérimenté. Mais en pratique, ce n’est pas le cas.

Mais une vape décevante

Ce n’est pas le cas parce que dès la première bouffée, l’expérience de vape est décevante. Tout d’abord à cause d’un hit bien trop faible par rapport au taux de nicotine affiché. La sensation en gorge se situe environ à la moitié de celle que l’on peut attendre de la plupart des pods actuels, et facilement le tiers de celle que l’on obtient avec un clearomiseur MTL classique comme un Nautilus. À titre d’exemple, je vape habituellement en 2 mg/ml à 25 W pour monter à 4 voire 6 mg/ml sur les pods, et le 11 mg/ml de l’Iqos Mesh me semble avoir hit presque équivalent. Les quelques personnes auquel je l’ai fait essayer sont arrivés à une conclusion similaire. C’est empirique, mais flagrant.

L’autre point décevant est la production de vapeur. Le flux d’air est restrictif et très agréable en inhalation indirecte, ce qui est parfait pour se mettre à la vape. On ne s’attend donc pas à une production de vapeur colossale et ça n’est clairement pas le but de  ce matériel. Pour autant, la production de vapeur avec l’Iqos Mesh est vraiment, vraiment faible. Un tout petit nuage d’une vapeur très légère, parfait pour la discrétion mais facilement trop faible pour être satisfaisant dans la mesure où on a l’impression de ne pratiquement rien expirer. Trop de vapeur, ça n’est pas le but, mais il y a un minimum tout de même et on est ici en dessous.

Le point positif est dans le rendu des saveurs, étonnamment bon compte tenu des deux points précédents, même s’il n’égale pas celui que l’on obtient avec ces mêmes liquides dans un clearomiseur.

Le manque de vapeur et de sensation en gorge limite considérablement l’intérêt de ce kit. Dans le cadre d’une transition à la cigarette électronique, il peut convenir à un utilisateur jusque-là habitué aux cigarettes light, certainement pas un fumeur de cigarettes classiques. Et pour l’un comme pour l’autre, les étagères des magasins ne manquent pas de matériels plus efficaces pour la transition.

Au final, l’impression laissée par cette première cigarette électronique de PMI est mitigée. Il est indiscutable que le cigarettier a la volonté et s’est donné les moyens de réaliser un produit qualitatif et cohérent avec sa volonté de s’orienter vers les produits à risque réduit. Mais pour être efficaces, ces produits doivent remplir deux critères : présenter effectivement un risque réduit pour l’utilisateur, mais également remplacer de manière satisfaisante le produit à risque. L’Iqos Mesh remplit parfaitement le premier critère, dans la continuité des moyens scientifiques colossaux que Philip Morris a mis en œuvre.

Pour ce qui est du second critère, l’Iqos Mesh passe à côté, du moins pour la majorité des utilisateurs. Il est également possible qu’il évolue dans l’avenir, la circulation de l’air au niveau de la résistance par exemple mériterait une optimisation importante.  Le potentiel est là, mais pas encore le résultat. À suivre lorsque le produit sera diffusé partout, mais en l’état je ne le recommanderais pas. Non pas qu’il soit mauvais, mais parce qu’il y a plus efficace sur le marché pour réussir sa transition vers la cigarette électronique.

En résumé

On aime

  • La qualité de réalisation
  • La simplicité d’utilisation
  • L’autonomie
  • Le contrôle de la température
  • L’absence de fuites
  • Les liquides vraiment excellents
  • Le prix des recharges

On n’aime pas

  • Le hit vraiment insuffisant
  • La production de vapeur vraiment faible

Conclusion

3,5 /5
 

L’Iqos Mesh de Philip Morris a de grandes qualités qui permettent de ne pas douter de la volonté du cigarettier de proposer un produit sérieux. La réalisation est très propre, l’utilisation du contrôle de la température est efficace et de résistances en mesh pertinentes, et les liquides sont vraiment remarquables. Mais ce kit pêche sur deux critères essentiels, la sensation en gorge et la production minimale de vapeur. Son potentiel est indiscutable, mais il se révèle décevant à la vape.

 

L’Iqos Mesh de Philip Morris International en images

 

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