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Pour le HCSP, la vape est un grand requin blanc

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Le récent avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur la vape a suscité bon nombre de réactions, surprises souvent, choquées parfois. Mais, au-delà, c’est à un détournement pur et simple du principe de précautions que nous assistons.

Le principe de précaution

Elle était attendue, tant il est la référence dans le domaine de la cigarette électronique dans la santé publique, et il n’a pas déçu. Le Professeur Dautzenberg a déclaré, dans Le Point, que « des risques identifiés pour la santé, il n’y en a quasiment pas ». Vous noterez la prudence, illustrée par le mot « quasiment ».

Et, encore une fois, le Pr Dautzenberg a parfaitement raison. La vape peut avoir des effets indésirables. Certaines personnes sont intolérantes au propylène glycol, par exemple, ce qui leur cause des irritations. Ce même PG qui a tendance à déshydrater, ce qui peut être gênant si l’on ne pense pas à boire régulièrement de l’eau.

Il pourrait y avoir d’autres conséquences à long terme, sauf que le temps passe, et toujours rien. Les études qui révèlent, à grands renforts de médias putaclic, de supposés dangers, sont la plupart du temps, soit ridiculisées pour leurs méthodes, soit retirées.

D’autres effets indésirables sont dus à la nicotine. Nicotine qui est également présente dans les patchs et gommes à mâcher pourtant plébiscités par le HCSP. Et chacune a ses contre-indications spécifiques. Comme les patchs qui provoquent des irritations de la peau. Ou les chewing-gums à la nicotine qui provoquent des aigreurs d’estomac, une inflammation de la langue, des gingivites…

Aucune de ces trois méthodes, cigarette électronique, patchs à la nicotine, gommes à mâcher, n’a à ce jour provoqué de décès ou d’hospitalisation sérieuse lorsqu’ils étaient utilisés conformément.

Le HCSP a basé son avis sur le fait que, selon lui, on manquait de preuves de l’innocuité de la vape. C’est vrai, sur le long terme. Pourtant, une simple recherche sur les principaux journaux scientifiques nous apprend qu’il y a eu plus d’études sur la cigarette électronique que sur les patches et les gommes à mâcher réunies, et de loin.

Ni ces patchs, ni ces gommes n’ont d’ailleurs eu à essuyer l’argument « on ne sait pas ce que ça fait à long terme ». Aujourd’hui, elles ont ce recul, un peu plus que sur le vapotage, mais à l’époque où elles sont apparues, les pharmacies les vendaient par palettes sans se poser de questions.

Le Haut Conseil de la Santé Publique dévalide la vape et invalide les études

La lune, le doigt

Le principe de précautions évoqué sur la vape, c’est un peu comme le proverbe « quand le sage désigne la Lune, l’idiot regarde le doigt ». Sauf que là, le « sage » fait tout pour focaliser l’attention sur son doigt en essayant de faire oublier la Lune.

Pourquoi ça marche ? C’est tout simplement une exploitation des peurs spectaculaires, comme le phénomène des requins.

Il y a quelques années, en 2004, des attaques de requin ont été médiatisées aux Antilles. La polémique a enflé, les journaux en ont parlé, et certains, face au phénomène, certains ont même proposé des campagnes systématiques d’extermination des squales. Il s’est installé une vraie psychose parmi les touristes.

En 2004, l’Internations Shark Attack File (ISAF) a recensé 65 attaques de requin dans le monde, dont sept mortelles. Ce qui est légèrement supérieur à l’année qui a suivi, avec 59 attaques, dont quatre mortelles, cette fois-ci dans l’indifférence générale, la mode était passée.

Ces deux années, le nombre de morts par noyade est resté stable, aux alentours des 236 000 dans le monde (Source OMS), sans que cela ne provoque de panique particulière.

L’actualité tragique va aussi mettre, pendant quelque temps, les accidents de ski sous le feu des projecteurs. Pourtant, cela fait des années qu’ils sont une constante : une quinzaine de morts par an. C’est un effet de focus qui joue, non pas sur les accidents de ski, qui sont une réalité malheureusement inévitable, mais sur l’identité de la victime.

Le « principe de précaution » évoqué par les autorités sur la vape procède du même principe : la vape est nouvelle dans le paysage, assez spectaculaire pour le néophyte, et le public aime se faire peur avec l’idée que, peut-être, éventuellement, il existerait une chance pour que, dans un futur lointain et assez peu défini, elle rende quelqu’un malade. Dans le même temps, le tabac contre lequel la vape sert à lutter tue 70 000 personnes par an en France sans que cela ne semble déranger qui que ce soit.

Finalement, ce que fait le HCSP, c’est crier au requin au bord d’une piscine vide quand les patients se noient en haute mer.

Cet article d’opinion n’engage que le point de vue de son auteur et ne représente pas forcément l’avis de la rédaction.

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