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La vape américaine se cherche un (super) héros

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L’Amérique de la vape ne sait plus où donner de la tête tellement les bonnes nouvelles semblent pleuvoir. Il manque juste, pour obtenir une victoire définitive au pays de Batman, un héros, une figure symbolique à laquelle s’identifier, comme nous avons, nous, en France, le culte de l’homme providentiel.

Vapoteurs, je vous ai compris

Vous connaissez Scott Gottlieb ? Vous allez apprendre à l’aimer. Il est le nouveau commissaire de la FDA, Food and Drug Administration. Le travail de la FDA est simple, en théorie : rendre ou non un aliment ou un médicament commercialisable aux Etats-Unis. Rien de ce qu’un humain peut ingérer, inhaler ou s’injecter légalement n’échappe au contrôle de la FDA. Y compris les produits du tabac, et la vape.

Et, le 28 juillet dernier, la FDA a annoncé qu’elle allait établir « une nouvelle orientation audacieuse sur la réglementation des produits à base de nicotine et du tabac ». Du passé, elle fait presque table rase. Nous vous avions parlé de certaines mesures envisagées ici-même.

La FDA a compris que le plus grand danger provenant de la cigarette, c’est la combustion.

Ceci, grâce à deux orientations majeures. La première, reconnaître que la Nicotine n’est pas une source importante de danger, si elle est inhalée sans fumée. Ceci est la reconnaissance tacite que le plus grand danger provenant de la cigarette, c’est la combustion. La seconde, c’est de classer les méthodes d’absorption de la nicotine sur une échelle de « continuum de risque » où la combustion du tabac est le danger maximal.

Et Scott Gottlieb l’affirme sans ambages : « L’adoption de produits sans fumée moins nocifs pourrait rapidement sauver d’innombrables vies de la mort prématurée et des souffrances pénibles ».

Pour transformer le feu vert de la FDA en un grand message populaire, l’Amérique a besoin d’un héros.

Mais Scott Gottlieb, malgré cette nouvelle impulsion donnée à la lutte anti-tabac, reste, dans l’esprit américain, un fonctionnaire, certes puissant, mais un fonctionnaire tout de même. Pire : le dirigeant du plus grand organisme réglementateur dans la très libérale Amérique. Ce n’est donc pas lui qui pourra transformer le feu vert de la FDA en un grand message populaire. Pour cela, l’Amérique a besoin d’un héros.

Batman et de Gaulle, même combat

Chaque pays a besoin d’un personnage dans lequel s’identifier. Et l’Amérique s’est construite sur des héros, figures qui ont toutes une valeur d’exemplarité pour la nation ou pour certaines catégories de luttes. Davy Crockett, héros résistant à la guerre conter le Mexique, Abraham Lincoln, héros abolitionniste, Sitting Bull, héros des défenseurs des américains natifs.

En France, on opte plutôt pour le culte de l’homme providentiel. Ou de la femme : Jeanne d’Arc qui boute les Anglais hors de France, ou de Gaulle, qui fédère autour de lui la résistance française, puis revient sauver la République lorsqu’elle est menacée.

Charles de Gaulle, incarnation de l’homme providentiel dans l’imaginaire français

Quoique subtile, la différence est néanmoins de taille et reflète à elle seule la principale différence de mentalités entre nos deux civilisations. Un héros américain, c’est celui qui sort du lot à la seule force de son travail, concrétisation de l’American Dream. L’homme providentiel français, c’est celui qu’il nous fallait parce que tout, dans son parcours, a fait de lui l’homme de la situation. Les américains veulent devenir le héros, les français veulent suivre l’homme providentiel.

Deadpool, incarnation du… non, mauvais exemple.

Et vive la vape libre !

Maintenant que les feux sont au vert, l’Amérique cherche pour cet enjeu de santé publique un homme qui soit à la hauteur de ce que fut Everett Koop, pionnier de la lutte contre le SIDA aux touts débuts de l’épidémie.

L’Amérique de la Vape se cherche donc un personnage public pour aller défendre la vape dans les médias, un homme, ou une femme, dont la parole sera écoutée et qui inspirera le respect et l’admiration.

Il faut que Captain América se mette à la vape.

Parce que sa tâche sera ardue : à la fois promouvoir la vape, l’expliquer, mais aussi abattre les années de propagande anti-vape propagées aussi bien par les autorités trop frileuses et les lobbys du tabac toujours actifs. Il trouvera aussi sur son chemin un adversaire, les nouveaux produits proposés en masse par Big Tobacco, comme le tabac chauffé, qui brouillent le message des vapoteurs en jouant sur la confusion. Il devra enfin affronter les fanatiques de la lutte anti-tabac pour qui le sevrage doit se faire uniquement à la dure, avec souffrance.

Pédagogue, combatif, charismatique, courageux, c’est un véritable héros qui devra incarner, dans l’esprit du public américain la défense et l’illustration de la vape comme substitut sain au tabac. En un mot, il faut que Captain América se mette à la vape. Ou que Léo Di Caprio enfile des collants en lycra et une cape.