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La cigarette électronique : un réducteur de risques selon Gérard Mathern, pneumologue

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Pour Gerard Mathern, tabacologue/pneumologue, la cigarette électronique est une méthode de réduction des risques pour le fumeur.

Pour Gerard Mathern, tabacologue/pneumologue, la cigarette électronique est une méthode de réduction des risques pour le fumeur.

C’est en écoutant l’émission diffusée sur Europe1 hier midi que l’expression “réducteur des risques” a été employée par le tabacologue/pneumologue Gérard Mathern pour qualifier la cigarette électronique. Un grand pas pour la médecine française.

Secrétaire Général de la Société Française des Tabacologues, Gérard Mathern qui était l’invité de l’émission de Pierre De Vilno aux côtés de notre cher Brice Lepoutre, président de l’AIDUCE, et du vendeur Rachid Aichouche (Clopinette), a eu je trouve un discours intéressant sur la cigarette électronique.

Sa parole a d’autant plus de poids qu’il fait partie de l’équipe du professeur Dautzenberg dont la ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a demandé une enquête afin de constituer des bases de réflexion pour une future régulation du produit sur le territoire. Je me suis donc amusé à extraire les phrases importantes et à lire entre les lignes pour déceler éventuellement des éléments révélateurs quant au futur statut de l’ecig en France.

Résumé des propos de Gérard Mathern

Voici ce que Gérard Mathern affirme à propos du produit :

  • La cigarette électronique est extrêmement moins nocive que la cigarette conventionnelle, le rapport de réduction peut être de 1 sur 400 ou 1 sur 1000
  • C’est une fausse idée que d’appréhender la nicotine comme un composé nocif dans le tabac fumé ou le vapotage
  • Dans l’immédiateté, dans les semaines et les mois qui suivent le vapotage, il n’y a pas de danger véritable de ces produits (propylène glycol, glycérine végétale, arômes). C’est l’incidence des arômes utilisés dans les e-liquides qui, à long terme, reste floue.
  • Quelqu’un qui va vapoter sans nicotine, c’est quelqu’un qui va faire de l’aromathérapie.
  • En tant que médecins, le fumeur qui se met à vapoter nous fait plaisir.
  • Je ne peux pas faire d’ordonnance de cigarette électronique, car je n’ai pas la preuve de l’innocuité à long terme du produit.
  • Nous encourageons le fumeur qui ne fume plus grâce à la cigarette électronique à continuer de l’utiliser et de prendre en même temps notre traitement.
  • La cigarette électronique ne règle pas du tout le problème du traitement de la dépendance comportementale. Elle permet de l’assumer mais pas de la traiter. Il s’agit d’un palliatif qui ne soigne pas cette dépendance.
  • Aujourd’hui, la cigarette électronique qui n’est pas un médicament (et qui n’est pas prête de l’être) n’est pas un produit du tabac (et j’espère qu’il n’est pas prêt de l’être) mais un produit de consommation courante.
  • A propos de l’exclusivité de la vente de cigarettes électroniques aux bureaux de tabac : Le conseil à la vente est important et on peut considérer que les vendeurs spécialisés font effectivement bien leur métier.
  • Même si une étude de Goniewicz (Pologne) montre qu’il n’y pas de transition chez les jeunes entre cigarette électronique et tabac, je crains que les cigarettiers s’approprient le produit pour en faire une nouvelle porte d’entrée vers le tabagisme.
  • Théoriquement (mais c’est un cas d’école), le vapoteur qui s’arrête de vapoter peut retomber dans un tabagisme aggravé. On peut donc voir un danger dans la personne qui ne fumait pas beaucoup avant de vapoter, et qui pourrait se remettre à fumer plus qu’elle ne le faisait avant.

Mon petit pronostic sur le futur statut de la cigarette électronique en France

Même si nous ne connaissons pas le contenu du rapport que le professeur Dautzenberg va remettre dans quelques jours à la ministre, je pense que le discours de Gérard Mathern ne peut pas être en complète opposition puisqu’il a participé lui même à sa rédaction. Il nous donne peut être un aperçu sur la manière dont le gouvernement pourrait se positionner lorsqu’il va s’agir de définir les bases d’une régulation du produit en France. Bien sûr, il ne s’agit là que de mon pronostic mais j’imagine qu’en attendant l’apparition d’une ecig pharmaceutique (2020 ?) les choses suivantes vont se produire (2016 ?) :

  • L’ecig qui a un profil toxicologique faible, permet effectivement de réduire les risques du tabagisme à grande échelle, elle ne sera donc pas interdite.
  • Il faut par contre éloigner l’industrie du tabac de ce produit car sa similarité représente un danger d’initiation chez les jeunes. L’interdiction de vente aux mineurs (déjà plus ou moins en place) va être officialisée et contrôlée.
  • La distribution ne va pas être exclusivement réservée aux bureaux de tabac. La vente en ligne et sur le terrain (boutiques physiques) va être conservée et mieux encadrée.
  • Les produits et les supports de vente vont devoir comporter des mentions informant le consommateur sur :
    • les risques de dépendance
    • le fait qu’il ne permet pas le sevrage tabagique
    • la mise à disposition du numéro surtaxé de Tabac Info Service
  • Le produit ne sera pas surtaxé comme le tabac et gardera sa TVA à 19,6%

Ce pronostic ne tient pas compte des délibérations qui sont en cours au sein de la commission ENVI et qui s’est d’ailleurs réunie hier exclusivement autour du sujet de la cigarette électronique. Vous trouverez bientôt sur ce site un petit compte rendu.

 

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