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La cigarette électronique est au moins 96% moins dangereuse que les cigarettes de tabac

Dans une série d’articles publiés sur la revue scientifique Biomed Central, l’italien Riccardo Polosa vient ajouter son commentaire aux côtés de Jean-Français Etter ou Peter Hajek sur l’évaluation scientifique des risques et des bénéfices de l’e-cigarette. Le professeur de médecine analyse la bibliographie des nombreuses études publiées jusqu’à présent et tire ses propres conclusions.

L’utilisation des cigarettes électroniques et l’inversion des effets négatifs: les preuves probantes pour le système respiratoire

Le professeur Polosa ici au salon Vapexpo en 2014.

Riccardo Polosa est professeur de médecine interne à l’université de Catane en Italie.

Les cigarettes électroniques ont rapidement gagné des parts de marché aux cigarettes traditionnelles grâce à leur efficacité en matière de sevrage ou de réduction de la consommation de tabac, à leur prix compétitif et au sentiment qu’elles sont beaucoup moins nocives que les cigarettes classiques. La confirmation directe selon laquelle une utilisation à long terme de cigarettes électroniques permettrait une réduction des maladies liées au tabac n’est pas encore disponible et il faudra encore attendre quelques décennies avant que le potentiel des e-cigarettes en termes de réduction des risques ne soit solidement établi.

Quoi qu’il en soit, il est déjà possible de constater les premiers changements en termes de fonction et de symptômes respiratoires chez les fumeurs qui passent de la cigarette classique à la cigarette électronique. Des analyses approfondies ne semblent pas soutenir la thèse de conséquences négatives pour le système respiratoire des vapoteurs et les premiers résultats émanant d’études s’étalant sur une période prolongée soutiennent la thèse d’effets bénéfiques liés à une utilisation de la cigarette électronique.

Les preuves démontrant que les cigarettes électroniques peuvent inverser les effets négatifs provoqués par le tabac devraient être prises en considération par les autorités réglementaires qui cherchent à adopter des mesures proportionnelles pour les cigarettes électroniques.

Contexte

Les cigarettes électroniques ont rapidement gagné des parts de marché aux cigarettes traditionnelles et selon certaines prévisions, elles pourraient même dépasser, en termes de consommation, les cigarettes classiques en cours de la prochaine décennie. La popularité croissante des cigarettes électroniques prouve que de nombreux fumeurs adultes souhaitent utiliser une alternative au tabac en vue de réduire leur consommation de cigarettes ou même d’arrêter de fumer.

Des données tirées d’enquêtes en ligne ainsi que des essais cliniques ont montré que les cigarettes électroniques disposaient du potentiel pour aider les personnes à arrêter de fumer ou à réduire leur consommation de cigarettes de tabac. En outre, la popularité des cigarettes électroniques semble être liée au fait qu’elles peuvent être utilisées dans de nombreux espaces où le tabac est interdit, que leur prix est compétitif et qu’elles sont perçues comme une alternative beaucoup moins nocives que la cigarette classique.

En termes de toxicité, la vapeur de cigarettes électroniques est de loin moins problématique que celle des cigarettes classiques, en conditions normales d’utilisation, et il s’est avéré que l’urine des utilisateurs qui n’utilisaient que des e-cigarettes contenait des taux de substances toxiques et cancérogènes bien inférieurs à ceux contenus dans l’urine des fumeurs de tabac. Par conséquent, les fumeurs qui passent à la cigarette électronique sont davantage susceptibles d’obtenir des effets bénéfiques pour leur santé.

Bien qu’une baisse des maladies liées au tabac suite à une utilisation prolongée de cigarettes électroniques puisse être déduite par les résultats positifs associés au snus suédois (un produit conçu pour limiter les effets négatifs du tabac et qui consiste en du tabac oral humide à semi-humide faible en nitrosamines), une confirmation directe n’est pas disponible et il faudra plusieurs décennies pour qu’une réduction des effets sur la santé des fumeurs et de la population puisse être solidement établie grâce à l’utilisation régulière d’e-cigarettes. Quoi qu’il en soit, il est déjà possible de constater les premiers changements en termes de fonction et de symptômes respiratoires chez les fumeurs qui passent de la cigarette classique à la cigarette électronique.

[La listes des études analysées par Riccardo Polosa est disponible sur le site BMC Medicine.]

Conclusions et implications pour l’élaboration de politiques

Par rapport aux cigarettes combustibles, les cigarettes électroniques sont au moins 96% moins nocives et pourraient avoir la capacité de réduire les risques pour les fumeurs et pour la population. D’autres recherches permettront de mieux définir et de réduire autant que possible les risques résiduels liés à l’utilisation des cigarettes électroniques en établissant un contrôle et des normes de qualité appropriés.

Bien que des études longitudinales plus vastes soient nécessaires afin d’avoir la confirmation que les cigarettes électroniques sont moins nocives que les cigarettes classiques et que des bienfaits considérables pour la santé sont envisageables pour les fumeurs qui passent à la cigarette électronique, les preuves démontrant que les cigarettes électroniques peuvent inverser les effets négatifs provoqués par le tabac devraient être prises en considération par les autorités réglementaires qui cherchent à adopter des mesures proportionnelles pour les cigarettes électroniques.


Electronic cigarette use and harm reversal: emerging evidence in the lung – Riccardo Polosa – BMC Medicine 2015, 13:54 doi:10.1186/s12916-015-0298-3

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