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« Je fume pas Monsieur, je vapote ».

En France, comme partout en Europe, la cigarette électronique n’est pas encore réglementée. Il est alors facile de comprendre le questionnement voire parfois l’inquiétude des responsables d’établissements scolaires face aux ados vapoteurs. Que faire, que dire ? Des réponses avec Agnès Delrieu, médecin tabacologue.

La cigarette électronique au lycée

Le vaporisateur personnel dans les établissements scolaires : un vrai sujet de société

Le vaporisateur personnel dans les établissements scolaires : un vrai sujet de société

Même en étant interdite de vente aux mineurs, certains responsables d’établissements scolaires constatent une recrudescence des vapoteurs au sein de leurs établissements. Si certains d’entre aux ne savent pas comment réagir, d’autres vont inclure dans le règlement intérieur l’interdiction de vapoter dans l’enceinte de l’établissement.

Une information relative à la cigarette électronique s’avère certainement nécessaire auprès de ces chefs d’établissement, information qui leur permettrait de comprendre en quoi la cigarette électronique, bien que pouvant contenir de la nicotine, présente grossièrement 400 fois moins de produits toxiques que la cigarette classique. Rappelons aussi qu’aucune étude n’a prouvé qu’un ado qui démarre avec la cigarette électronique bascule vers la cigarette classique.

Quand l’article sur Europe1.fr [1] annonce « Chargée en nicotine, l’e-cigarette peut pourtant conduire les élèves, et notamment les mineurs, à contracter une addiction » c’est selon moi de la désinformation. Ils appuient leurs discours sur le témoignage de 2 jeunes qui effectivement ont commencé par l’ecig et qui ont ensuite ont basculé vers la cigarette classique. Mais aucune étude ne montre si cette bascule est avérée. Il ne s’agit en somme que d’un effet d’annonce.

Sans le témoignage du docteur Delrieu, on pourrait croire que la cigarette électronique est la porte d’entrée vers la cigarette classique. Or non. Elle explique.

Effet pervers chez les jeunes ? « Je ne sais pas » répond le Dr Delrieu

Le témoignage du Docteur Agnès Delrieu, médecin tabacologue, chargée de mission à l’Office Français de Prévention du Tabagisme, vient tempérer les propos un peu « radicaux » des journalistes d’Europe 1. Elle affirme qu’en l’absence d’études sérieuses, elle ne peut pas confirmer le risque qu’encourent les jeunes à vapoter, ni même si l’ecig crée une addiction. Elle rappelle aussi que ce n’est pas parce que les adolescents ont essayé la cigarette électronique qu’ils vont passer à la cigarette classique (et ce même si le nombre de vapoteurs-lycéens a doublé puisque par ailleurs l’enquête ne renseignait pas sur la contenance en nicotine des e-liquides).
Par contre, le gadget et la mode ayant toujours beaucoup d’effet chez les jeunes, on a bon espoir qu’une fois cet effet passé, les jeunes s’en détourneront.
Le Dr Delrieu rappelle que l’information principale à noter avec l’apparition de la cigarette électronique c’est qu’un grand nombre de fumeurs de tabac utilisant l’ecig ont baissé leur taux de nicotine.

Que dire aux parents qui découvrent que leurs enfants vapotent ?

Leur rappeler que le vrai problème c’est la cigarette classique (au oui quand même !). Comprendre pourquoi et comment il l’a achetée dans la mesure où normalement la vente est interdite aux mineurs.
Que les parents s’inquiètent parce que leurs enfants fument est une très bonne chose. C’est aussi à eux que revient le devoir d’aider leurs enfants à ne pas commencer la cigarette classique ou à se sevrer. C’est l’occasion d’en parler avec eux. Si l’ecig électronique peut les aider, pourquoi pas ? Pour certains parents gros fumeurs, la cigarette électronique est la solution qu’ils ont adoptée et qu’ils préfèreront pour leurs enfants.
Attention toutefois à la dépendance comportementale (le geste de fumer par exemple.).

Quant à l’apparition de pub pour des e-liquides, le Dr Delrieu trouve cela choquant dans la mesure où ils utilisent les mêmes ressors que la cigarette classique.
Le marketing des e-liquides va séduire les enfants par des goûts « alcool » par exemple, et c’est là que réside le piège. Si les cigarettiers rachètent les firmes d’e-liquides « qu’est-ce qui les empêche de rajouter, comme pour les cigarettes à base de tabac, 10% d’additifs ? »
Une vraie question.

Le Dr Delrieu conclut : à côté des 73 000 morts par an en France, dus au tabac, la cigarette électronique est un moindre mal. C’est surtout l’occasion de rappeler les dangers du tabac.


Source [1] : http://www.europe1.fr/France/La-mode-de-l-e-cigarette-gagne-les-ados-1777337/

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