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Hausse du prix du tabac : le grand retour de Big Pharma

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La hausse du prix du tabac et le futur paquet à dix euros semble avoir été anticipé par les fumeurs, à contrario des buralistes. C’est du moins ce que semblent indiquer les chiffres de ventes. Mais pas dans les magasins de vape : la pharmacopée est de retour en force, et les aides au sevrage médicamenteuses connaissent une vraie explosion.

Le grand retour de Big Pharma

C’est la surprise des derniers chiffres publiés par le GERS, Groupement pour élaboration et le Réalisation de Statistiques, un Groupement d’Intérêt Économique des entreprises de l’industrie pharmaceutique formé pour scruter à la loupe ce secteur. Cet organisme publie de nombreux chiffres, toujours scrupuleusement exacts et sourcé.

Les aides au sevrage tabagique des entreprises pharmaceutiques ont fortement progressé en 2017. 

Le GERS s’est penché sur la vente en pharmacie des aides à l’arrêt du tabac de l’industrie pharmaceutique, et a mis en parallèle les chiffres de 2016 avec ceux de 2017, soit avant et après l’annonce et la concrétisation du projet de paquet à dix euros. Force est de constater que l’affaire profite à Big Pharma. Les fumeurs ont anticipé l’augmentation du prix du tabac, à contrario des buralistes, et se sont rendus en masse dans les officines. 

Le GERS utilise souvent le chiffre « équivalent patient traité ». C’est à dire que l’institut prend le volume de médicaments vendus, la posologie par patient et arrive à ce chiffre. Par exemple, pour un traitement dont la posologie par patient est de trois cachets, si la pharmacie vend six cachets, cela fait deux personnes en équivalent patient traité. Cette méthode de calcul est généralement très efficace.

Des augmentations partout (presque)

La vente de patchs nicotinés  a augmenté de 44,7 %.

Le premier poste est celui des timbres transdermiques, plus communément appelés patchs à la nicotine. Elles augmentent de 44,7 % en nombre de patients traités et leur part de marché pour le secteur des sevrages pharmaceutiques progresse fortement, à 39,3 % contre 34,9 % en 2016.

Les gommes à mâcher et substituts oraux progressent de 17,6 %.

Les ventes de substituts oraux (les gommes à mâcher par exemple) progressent aussi, avec + 17,6 % en « équivalents patients traités ». Leur part totale dans les traitements est néanmoins en baisse de 5 points par rapport à 2016, atteignant 54,8 %, ceci s’expliquant par leur progression moindre.

Champix® connaît une hausse spectaculaire de + 113,6 %.

Les ventes de Champix® divisées par 11 depuis le lancement du médicament, repartent à la hausse, avec un score de + 113,6 %, soit un doublement en 2017 de ses parts de marché par rapport à 2016, soit un global de 3,1 %. Cette progression spectaculaire s’explique par son retour sur la liste des produits remboursés, dont il avait été exclu en raison d’effets secondaires soupçonnés.

Le spray buccal de Nicorette représente désormais 2 % du marché, grâce une progression de 6 % de ses ventes entre 2016 et 2017.

Et les perdants sont…

Seul le Zyban® perd des parts de marché. 

Le seul perdant dans cette affaire est le Zyban®, qui subit une baisse de – 1,1 % etre 2016 et 2017. Avec mins de 0,5 % du marché, le médicament est désormais marginal dans la liste des aides au sevrage tabagique de la pharmacie.

Ce n’est pas encore un pactole, mais un net accroissement du marché des aides au sevrage tabagique du secteur pharmaceutique. Sans doute le résultat, et partie, des campagnes de calomnie vis à vis de la vape. Cela compense la grande claque de 2013, où l’industrie pharmaceutique avait vu ses ventes s’effondrer alors que la e-cigarette progressait sur le marché. 

Certains y verront la main de la Ministre de la santé, proche des milieux de la recherche pharmaceutique. Sans tomber dans la théorie du complot, on peut légitimement soupçonner que ces chiffres la satisfassent.

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