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Foundation for a Smoke-Free World change de nom, et revoit ses financements

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Sous son nouveau label, l’ancienne organisation de PMI n’acceptera plus de financements de la part de l’industrie du tabac, et souhaite continuer sa lutte contre les cigarettes.

PMI en tête de la lutte contre le tabagisme

FSFW est mort, vive FSFW ?

En 2017, le cigarettier Philip Morris International (PMI) créait la Foundation for a Smoke-Free World (FSFW). Entièrement financée par le géant du tabac, l’entité se présentait comme une fondation privée indépendante, à but non lucratif, dont la mission était de « mettre fin au tabagisme en une génération ». Pour ce faire, celle-ci souhaitait notamment financer la recherche, promouvoir l’innovation et soutenir diverses initiatives pour « accélérer les progrès dans la réduction des méfaits et des décès dus au tabagisme »

Lors de sa création, la FSFW est dirigée par Derek Yach, activiste historique de la lutte antitabac qui, pendant près de dix ans, a travaillé pour l’OMS au sein de l’Initiative pour un monde sans fumée. À partir de 2017, il rejoint donc le camp des cigarettiers en acceptant de diriger la fondation qui, malgré son indépendance affichée, reste créée et financée par Philip Morris. Pour un homme qui a été l’un des architectes de la Convention-cadre pour la lutte antitabac (CCLAT) de l’OMS, dont l’article 5.3 assure une « protection des politiques de santé publique en matière de lutte antitabac face aux intérêts commerciaux et autres de l’industrie du tabac », la pirouette est pour le moins osée. Et l’homme paiera cher le prix de ce changement de bord. Après avoir été promu président de la FSFW, plusieurs de ses anciens collègues le dénigrent publiquement, et plus de 400 organisations de santé publique annoncent leur refus de recevoir des financements de la fondation.

Une organisation loin d’être transparente

En 2021, une enquête réalisée par le journal français Le Monde, révèle que les agissements de la Foundation for a Smoke-Free World sont pour le moins opaques. Les comptes-rendus des réunions du conseil d’administration ne sont plus publiés à partir de 2019, et l’argent qu’elle distribue manque totalement de transparence puisque ni les montants, ni les bénéficiaires, ni les conditions d’attributions ne sont rendus publics. Derek Yach, de son côté, qui a toujours clamé l’indépendance de la fondation qu’il dirige par rapport à son mécène, serait lui-même payé par PMI lorsqu’il se rend en Suisse en 2017, au siège du cigarettier, afin de fixer la feuille de route de la nouvelle fondation. Selon la déclaration fiscale de cette dernière, datant de 2019, l’homme aurait touché, cette année-là, près d’un million de dollars de rémunération pour son poste de président de la FSFW. 

Et les liens entre PMI et la Foundation for a Smoke-Free World, malgré son indépendance affichée, ne s’arrêteraient pas là. Le quotidien français souligne aussi que le cigarettier et la fondation posséderaient les mêmes cabinets de relations publiques, d’avocats, ou encore de consultants. En 2021, Lourdes Liz, ancienne directrice des médias numériques et sociaux pour la fondation, attaque cette dernière en justice pour licenciement abusif. Dans sa plainte, elle déclare que la FSFW « détourne son statut d’organisme à but non lucratif exonéré d’impôts pour agir comme une organisation écran pour l’industrie du tabac et promouvoir un message en faveur du vapotage chez les jeunes et les adolescents, nocif pour la santé publique »

Bref, la Foundation for a Smoke-Free World serait loin, très loin, d’être indépendante de l’entreprise qui la finance, malgré tout ce qu’elle tente pour le faire croire. De son côté, Derek Yach choisit de quitter l’organisation au mois d’octobre 2021. 

Véritable changement de cap ou simple pirouette ?

Le nouveau logo de l’ex-fondation de Philip Morris

Il y a quelques jours, lors de l’annonce du financement d’une recherche destinée à « étudier les troubles liés au tabagisme et la dépendance à la nicotine chez les personnes à faible revenu », la Foundation for a Smoke-Free World a annoncé qu’elle changeait de nom. Désormais, celle-ci s’appellera Global Action to End Smoking (GAES), et ne demandera ni n’acceptera plus de financements de la part d’aucune industrie qui fabrique des produits du tabac ou des produits non médicinaux à base de nicotine

Se présentant comme une « organisation indépendante américaine à but non lucratif » qui accorde des subventions et « accélère les efforts scientifiques dans le monde entier pour mettre fin à l’épidémie de tabagisme », elle continue d’afficher le même objectif que sous son ancien label : « mettre fin à l’usage du tabac combustible, qui reste la principale cause de décès évitable dans le monde »

Reste à voir si la GAES respectera bien ses engagements et fera, cette fois-ci, preuve de la transparence nécessaire à la réussite de sa mission.

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